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Posts Tagged ‘André Breton’

André Breton, Démasquez les physiciens, videz les laboratoires!, 1958

6 septembre 2013 Laisser un commentaire

Rien, plus rien aujourd’hui ne distingue la Science d’une menace de mort permanente et généralisée : la querelle est close, de savoir si elle devait assurer le bonheur ou le malheur des hommes, tant il est évident qu’elle a cessé d’être un moyen pour devenir une fin. La physique moderne a pourtant promis, elle a tenu, et elle promet encore des résultats tangibles, sous formes de monceaux de cadavres. Jusqu’alors, en présence des conflits entre nations, voire du possible anéantissement d’une civilisation, nous réagissons selon nos critères moraux et politiques habituels. Mais voici l’espèce humaine vouée à la destruction complète, que ce soit par l’emploi cynique des bombes nucléaires, fussent-elles “propres” (!), ou par les ravages dus aux déchets qui, en attendant, polluent de manière imprévisible le conditionnement atmosphérique et biologique de l’espèce, puisqu’une surenchère délirante dans les explosions “expérimentales” continue sous le couvert des “fins pacifiques”. La pensée révolutionnaire voit les conditions élémentaires de son activité réduite à une marge telle qu’elle doit se retremper à ses sources de révolte, et, en deçà d’un monde qui ne sait plus nourrir que son propre cancer, retrouver les chances inconnues de la fureur. Lire la suite…

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André Breton, Pour un «dégagement» des intellectuels, 1949

23 juin 2013 Laisser un commentaire

Camarades,

Si les organisateurs de cette journée ont voulu faire place, parmi les délégués de puissantes formations auxquels le temps de parole est déjà mesuré, à un écrivain, cet écrivain, qui ne peut prétendre représenter rien autre que lui-même, s’efforcera toutefois d’établir que la cause qui est ici défendue s’identifie de manière très générale à celle pour laquelle luttent de toute éternité l’écrivain et l’artiste.

Cet écrivain ne se propose rien tant que de secouer la léthargie de milieux intellectuels très étendus, de les placer devant leur responsabilité particulière, de leur enjoindre, au nom de ce qui les qualifie dans leur rôle propre, de se départir de cette tolérance stupéfiée chez les uns, méprisante chez les autres mais trop souvent opportuniste et poltronne, pour enrayer une bonne fois les méfaits de la pire intolérance, agissant au service du mensonge et de la haine. Lire la suite…