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Posts Tagged ‘agriculture’

Radio: Écran Total à Radio Zinzine, 2018

18 novembre 2019 Laisser un commentaire

Le collectif Écran Total tente d’organiser la résistance à la gestion et à l’informatisation de nos vies. Tous les ans, fin octobre, il organise une rencontre nationale de quelques jours dans un lieu à chaque fois différent. Toutes les personnes qui participent où sont intéressées par la démarche d’Écran Total y sont conviées. Une réunion publique permet également de présenter le collectif aux personnes habitant la région.

Les 6e rencontres du se sont tenues en octobre 2018 dans les Hautes-Alpes, à Savournon, petit village pas loin de Serres (voir aussi l’émission Écran Total à Petit Terus). Des membres de ce collectif sont ensuite passés dans les studios de Radio Zinzine. Dans la première moitié de cette émission, ils présentent l’histoire du collectif, ses activités et ses analyses. Dans la seconde moitié, Matthieu raconte et commente l’action que ce collectif a menée avec des Gilets jaunes au Forum de la robotique agricole de Toulouse le 18 décembre 2018.

Si vous habitez la région PACA et désirez être informé des activités ou rejoindre le collectif Écran Total, écrivez à Tranbert de Radio Zinzine, 04 300 Limans !

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Racine de moins un
Une émission
de critique des sciences, des technologies
et de la société industrielle.
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Émission Racine de Moins Un n°56,
diffusée sur Radio Zinzine en octobre 2019.

 

Jean-Pierre Berlan, De l’agronomie mercenaire à l’agronomie libératrice, 2011

30 octobre 2019 Laisser un commentaire

Résumé

Depuis la révolution industrielle, le sélectionneur s’efforce de remplacer les variétés paysannes par des copies d’une plante sélectionnée, que le terme « clone » désigne de façon adéquate. Les lignées des XIXe et XXe siècles sont des clones homozygotes ; les hybrides du XXe siècle sont des clones hétérozygotes ; les OGM sont des clones pesticides brevetés. Cette dévotion à la sélection-clonage applique au vivant les principes industriels de l’uniformité et de la standardisation. Du certificat d’obtention au brevet en passant par les hybrides que l’agriculteur ne peut re-semer, cette dévotion témoigne de l’objectif du sélectionneur, à savoir séparer la production de la reproduction. Comme il y a toujours un gain à remplacer une variété de « n’importe quoi » par des copies du « meilleur n’importe quoi » extrait de la variété, aucune justification n’est nécessaire. Ainsi, les débats interminables sur l’hétérosis qui, selon les généticiens, justifie le recours aux hybrides, sont une mystification destinée à naturaliser ce but mortifère.

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Jean-Pierre Berlan, From a Mercenary to an Emancipated Agronomy, 2011

30 octobre 2019 Laisser un commentaire

Abstract

Since the Industrial Revolution, plant breeders have strived to replace farm varieties with “copies” of selected plants that can be fittingly called “clones.” “Pure lines” of wheat, barley, and other autogamous species are homozygous clones, twentieth-century maize “hybrids” (and other allogamous species) are heterozygous clones, while GMOs are patented pesticide clones. This devotion to cloning is founded: a) on logic since there is always a gain to be made from replacing any particular variety with all its diversity with copies of the “best” selected plant extracted from the variety; b) on the industrial principles of uniformity, standardization, and normalization; and c) on the drive for property rights. Pure lines, being homogenous and stable, are legally protected by a “breeder’s certificate.” “Hybrids” carry a built in biological breeder’s protection device since farmers have to buy back their seeds every year and GMOs are legally protected by patents. Since cloning rests on an irrefutable logical principle, it requires no justification. The endless debates about heterosis which, according to geneticists, makes it necessary to “hybridize” maize are, then, a smokescreen to conceal the first success of the historical drive to make reproduction a privilege.

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Jean-Pierre Berlan, Une offensive contre la paysannerie, 2015

18 septembre 2019 Laisser un commentaire

L’agriculture industrielle est un sous-ensemble du système agro-industriel qui va du machinisme agricole à la (grande) distribution. Elle repose sur trois grandes innovations d’origine militaire : les tanks-tracteurs, les explosifs-engrais et les gaz de combat-pesticides. L’industrialisation de l’agriculture, c’est la diffusion des moyens, des méthodes, des mentalités de guerre dans les champs.

Les tracteurs. Les chars d’assaut ont mis fin à l’enlisement dans les tranchées de la grande guerre. Les tracteurs apportent la force motrice souple et mobile qui met fin à l’enlisement pré-industriel de l’agriculture. Faute de source mobile d’énergie, mécaniser le travail des champs était impossible. Le travail humain et, dans les pays les plus « avancés », les chevaux (et plus généralement les animaux de trait) sont donc restés jusqu’à la première guerre mondiale et l’avènement du tracteur (et du pétrole) la seule source mobile de force motrice. (Il y avait bien eu des tracteurs à vapeur, mais ces mastodontes de plusieurs tonnes étaient utilisés comme une source d’énergie fixe pour le battage comme on le voit dans le film de Terrence Malick, Les Moissons du Ciel [Days of Heaven], 1978). Lire la suite…

Jean-Pierre Berlan, Brevet du vivant: progrès ou crime?, 2001

6 septembre 2019 Laisser un commentaire

« Les monstres existent. Mais ils sont trop peu nombreux pour être vraiment dangereux. Plus dangereux sont les fonctionnaires prêts à croire et à agir sans poser de questions. »

Primo Levi

Le 17 juillet 1997, lors de la première discussion de la directive européenne 98/44 de « brevetabilité des inventions biotechnologiques », les parlementaires furent accueillis à Strasbourg par une manifestation de handicapés, vêtus par le cartel des industriels des « sciences de la vie » de maillots jaunes portant l’inscription Patents for life, « des brevets pour la vie ». La protection de nos inventions est nécessaire, expliquaient ces philanthropes, pour débarrasser l’humanité des fléaux de la faim et de la maladie [1]. La Commission et les gouvernements faisaient leurs ces assertions sans examiner si le brevet avait ou pouvait avoir un effet incitateur sur l’innovation.

Pourtant, aucune étude économique empirique n’a réussi à démontrer l’effet incitateur du brevet sur l’innovation, effet postulé par le bon sens à quoi se réduit ici la théorie économique. Et lorsqu’un effet a pu être mis en évidence, il était inverse. Ce paradoxe s’éclaire si l’on replace le brevet actuel dans son contexte historique, celui de l’économie concurrentielle du XIXe siècle et du libéralisme qui en est la traduction théorique et politique. Peut-être a-t-il pu jouer alors un rôle incitateur par sa disposition clé, l’exigence de rendre publique l’invention en échange du monopole (anathème pour tout libéral) temporaire conféré à l’inventeur. En sortant de la protection par le secret, le brevet stimule la concurrence entre inventeurs, laquelle subvertit la protection que confère le brevet et contribue au progrès technique. Ce brevet-concurrence est, on le voit, une construction subtile dans le droit fil de la conception libérale qui fait de la concurrence le principe régulateur d’une société d’individus égoïstes. L’inventeur est ainsi conduit « par une main invisible à promouvoir une fin qui n’est aucunement dans ses intentions » [2]. Lire la suite…

Jean-Pierre Berlan, La planète des clones, 2019

27 août 2019 Laisser un commentaire

Ci-dessous quelques extraits de l’introduction du dernier livre de Jean-Pierre Berlan, ancien ingénieur agronome et économiste à l’INRA.

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Les êtres vivants se reproduisent et se multiplient gratuitement.

Le principe de la Vie s’oppose donc à la poursuite du Profit.

La Vie existe par la singularité de chaque organisme, tandis que l’industrie s’impose par l’uniformité des marchandises.

Pour le capitalisme industriel, la Vie est donc doublement sacrilège.

Depuis la Révolution industrielle, réparer ce double sacrilège est une tâche essentielle des sciences agronomiques et de sa discipline phare, la sélection – devenue « amélioration génétique ». Cet ouvrage vise à montrer qu’en dépit des désastres qui s’accumulent en matière d’agriculture, d’alimentation et de santé, cette tâche s’impose si impérieusement aux scientifiques qu’elle leur enlève tout esprit critique. Lire la suite…

Collectif Hors-Normes, Victoire de Gabriel Dufils, 2019

Huit ans après le début d’un acharnement administratif contre Gabriel Dufils, paysan dans l’Eure avec sa compagne Tomomi, son combat intransigeant s’est conclu par une victoire. Huit ans de combat qui ont fini de démontrer la réelle ambition du système de traçabilité administrative, qui ne sert qu’à éliminer les fermes qui résistent à l’industrialisation.

Depuis le 24 juin 2011 et un contrôle illégal de la DDCSPP [1] sur sa ferme, les vaches de Gabriel Dufils ont été interdites de tout mouvement et privées de leurs papiers d’identité. Huit ans sans avoir d’autre droit que celui de soigner un troupeau qui s’est agrandi, passant de 4 à 18 bêtes, sur 4 hectares devenus bien étroits pour les accueillir et les nourrir.

Cette histoire démontre, comme celle de Jérôme Laronze – éleveur de Saône-et-Loire, assassiné par les gendarmes en mai 2017 à la suite d’un acharnement administratif similaire –, combien le système de gestion par les normes mis en place par l’administration agricole ne vise pas à garantir une quelconque sécurité sanitaire mais bien à industrialiser l’agriculture. Lire la suite…

Faut Pas Pucer, Au Forum toulousain de la Robotique Agricole, 2018

18 décembre 2018 1 commentaire

Ce mardi 11 décembre 2018, le Forum International de Robotique Agricole à Toulouse-Labège a été interrompu pendant une heure par une trentaine d’opposants.

Nous avons occupé la scène du grand amphithéâtre du centre des congrès Diagora, en déployant plusieurs banderoles : « Des paysans, des animaux, pas des robots » ; « Des chantiers collectifs, pas des robots sélectifs » ; « Débranchez-les tous ». Le tract ci-dessous a été distribué aux centaines de personnes qui assistaient aux conférences depuis le matin. Quelques participants à cette perturbation étaient vêtus d’un gilet jaune. Lire la suite…

Écran Total, Aux assises de Technologos, une promotion à peine voilée de l’agriculture connectée, 2018

14 octobre 2018 Laisser un commentaire

Qu’est-ce qui a pris Technologos d’inviter le journaliste Vincent Tardieu aux assises de Technologos?

Rappelons tout d’abord que Technologos est une association «technocritique», pour reprendre le titre d’un livre de François Jarrige, axée sur la discussion et la diffusion d’idées. Combattre certains lieux communs, («la technique est neutre, ce n’est qu’un outil, la technologie va sauver le monde»), comme l’indique leur dernière lettre d’information, promouvoir la pensée d’auteurs comme Ellul ou Charbonneau. En me rendant à ces sixièmes assises, consacrées à l’agriculture, je ne m’attendais pas à des discours enflammés et des appels à l’action directe. Mais bon, en matière d’action et de ton à adopter, personne n’a encore trouvé la formule magique. À Écran Total *, on la cherche activement, mais en attendant, on ne crache pas sur des initiatives de discussion honnêtes et un peu approfondies, autrement dit en décalage avec ce qui se fait un peu partout, dans les colloques universitaires par exemple, où on déploie une belle énergie à noyer le poisson, à grands coups de power point et de pseudo-neutralité scientifique. Lire la suite…

Bertrand Louart, Les causeries de l’été, 2010

26 septembre 2018 Laisser un commentaire

I

Dans divers coins de campagne s’organisent l’été des chantiers-rencontres-discussions-fiestas sur des lieux autogérés collectivement. Voici le compte-rendu ‑ forcément partiel et partial ‑ de quelques-unes de ces causeries, par notre envoyé spécial.

Première rencontre dans le Tarn en août, à la fête de Martre, où, la première journée, a lieu une discussion sur le livre et l’édition 1.

Florent, libraire itinérant sur les marchés, commence avec un exposé sur la « chaîne du livre ». Actuellement, il se publie en France 50 000 ouvrages par an. La « durée de vie » d’un livre ‑ le temps pendant lequel il se vend ‑ est en moyenne de trois mois. Ensuite, les gros éditeurs n’hésitent pas à envoyer au pilon le reste du tirage invendu. La pression de la concurrence est telle que ces dernières années on assiste dans le monde de l’édition à des concentrations de plus en plus importantes et à une approche marketing du livre, qui tend à devenir une marchandise périssable et jetable comme une autre. Lire la suite…