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Posts Tagged ‘AFIS’

Radio: Silvain Laurens, Militer pour la science, 2019

26 septembre 2020 Laisser un commentaire

Certains savants considèrent que la science s’arrête aux portes des laboratoires. D’autres promeuvent auprès des citoyens l’« esprit scientifique », estimant que la science est le pilier d’un espace public reposant sur la vérité. C’est à ces derniers que s’intéresse le sociologue Sylvain Laurens avec son livre Militer pour la science, les mouvements rationalistes en France (1930-2005) (éd. de l’EHESS, 2019), qui cherche à rendre compte des conditions sociales et intellectuelles de l’engagement public des savants en faveur de la science et du rationalisme, notamment avec la création de l’Union rationaliste (UR) en 1930, de l’Association Française pour l’information scientifique (AFIS) en 1968 et de la zététique dans les années 1980. Lire la suite…

Thierry Ribault, Nucléaire au CNRS: attention, académiciens de garde!, 2013

23 janvier 2014 Laisser un commentaire

Au CNRS, on est « idéologue » quand on critique le nucléaire,
mais rationnel quand on le promeut…

Le président du CNRS, Alain Fuchs, a confié en mars dernier une « mission sciences citoyennes » à Marc Lipinski, directeur de recherche au CNRS, conseiller régional EE-LV. Convaincu que « la recherche peut à la fois rester libre et répondre à la demande sociale », M. Lipinski proposera au CNRS :

« des dispositifs pour favoriser le dialogue et le rapprochement entre la recherche et les citoyens, essentiellement représentés et organisés dans des associations. »

L’annonce de cette mission ayant fait l’objet d’attaques virulentes, notamment de la part de plusieurs membres de l’Académie des sciences, il me revient, en tant que chercheur au CNRS, d’éclairer publiquement la mauvaise foi de ses détracteurs, dont l’objectif n’est autre que d’exercer sur cet organisme des pressions politiques, notamment dans le domaine du nucléaire. Lire la suite…

Guillaume Lecointre, guide critique, 2005

17 novembre 2012 Laisser un commentaire

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Le 29 octobre 2005, sur la chaîne de télévision Arte, était diffusé un documentaire de Thomas Johnson intitulé Homo sapiens, une nouvelle histoire de l’homme, qui exposait la théorie de la paléoanthropologue Anne Dambricourt-Malassé. A la suite de pressions occultes impulsées par Guillaume Lecointre du Muséum d’Histoire Naturelle, la chaîne Arte organisa à la dernière minute un “débat” à la suite de ce documentaire entre divers scientifiques tous radicalement opposés aux thèses exposés dans ce film.

Sans avoir besoin d’approuver la théorie de cette scientifique sur l’origine de l’homme, et moins encore les accointances bien réelles qu’elle a entretenue avec les partisans de l’Intelligent Design [ID] ou d’autres confusionnistes (comme ce très œcuménique Jean Staune de l’Université Interdisciplinaire de Paris [UIP]), l’attitude de Lecointre dans cette affaire dénote non seulement d’un certain scientisme, mais de plus d’une vision pour le moins autoritariste de la manière de mener un “débat public”. Lire la suite…

Basarab Nicolescu, Scientisme, l’autre affaire Sokal, 2006

30 octobre 2011 Laisser un commentaire

L’affaire Sokal a démarré par un canular. Un physicien mathématicien de l’Université de New York, inconnu en dehors d’une poignée de physiciens, envoie en 1994 à la revue Social Text, poste avancé du postmodernisme, un article dont le titre surprenant était Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique [1]. Le texte était truffé de citations correctes des physiciens comme Bohr et Heisenberg ou des philosophes, sociologues, historiens des sciences ou psychanalystes comme Kuhn, Feyerabend, Latour, Lacan, Deleuze, Guattari, Derrida, Lyotard, Serres ou Virilio. Même Lupasco est cité dans la bibliographie : le tiers inclus est donné comme exemple de « logique féministe »… Commentant ces citations, et ceci par des affirmations quelque peu délirantes, Sokal donne l’impression d’une adhésion totale au postmodernisme et, tout particulièrement au courant relativiste associé aux Cultural Studies. Les éditeurs de la revue sont ravis de l’adhésion rêvée d’un physicien à leur cause et publient immédiatement le texte de Sokal, sans aucune vérification. Lire la suite…

Où est le problème?

Dans un souci de pluralisme, nous publions cette lettre émanant d’un pronucléaire…

 

Paroles de lecteurs

Depuis la destruction (sans conséquences humaines graves) des réacteurs de Fukushima par un tsu-nami catastrophique, le débat nucléaire se développe dans le « Courrier des lecteurs ». Je relève cinq lettres depuis le 7 mai, dont deux sont pronucléaires et trois sont antinucléaires. Peut-on affirmer pour autant que 40% de vos lecteurs sont « pro », 60% sont «anti»? Certes non ! On sait bien que les «anti» sont des militants, utilisant toutes les ressources pour faire connaître leur point de vue.

Les «pro» sont souvent des ingénieurs, techniciens, cadres, médecins, travaillant ou non dans cette industrie, mais que leur formation prédispose à comprendre ce dont il s’agit. Ces personnes répugnent à s’engager dans des actions militantes, sont discrètes et isolées, et ne sont pas habituées ni incitées à faire entendre leur voix.

En fait, le déchaînement organisé contre le nucléaire, fondé sur des risques supposés inacceptables pour l’environnement ou la sécurité, remonte au début des années 1970. Les trois lettres visées ci-dessus reprennent des arguments cent fois ressassés, dont l’exagération déraisonnable a été montrée de façon convaincante par des gens compétents. Exemples d’arguments faux, les vertus des éoliennes et autres énergies «renouvelables», le coût, l’irrégularité, les nuisances diverses de ces techniques supposées «propres» les condamnent à n’être, au mieux, qu’un appoint ; les ressources en uranium et thorium: elles sont infinies dès lors que les surgénérateurs, qui marchent très bien même si leur nécessité économique n’est pas actuelle, entreront en service; les dangers des déchets, qui sont en fait parfaitement maîtrisés ; les risques d’accidents de réacteurs, qui sont réels mais dont Fukushima a montré que leurs conséquences sanitaires sont très faibles; la possibilité de se passer du nucléaire: une illusion devant l’épuisement de certaines ressources en combustibles, les risques pour le climat, la croissance de la population mondiale et de ses besoins, même si l’on admet que cette croissance est arrivée à son terme dans les pays développés; le coût du démantèlement des installations en bout de course, lieu d’évaluations fantaisistes que rien n’étaye; les difficultés de démarrage de la filière EPR, en voie de résolution, et explicables pour toute technique nouvelle.

Jean Günther – Lyon

Le Monde, rubrique « Courrier du jour », le 24 mai 2011.

Ce Jean Günther n’est pas un autre Günther (Anders), et finalement, contrairement à ce que pourrait laisser croire le caractère grossièrement trompeur des affirmations avancées, ce n’est pas une caricature des arguments pro nucléaires. En effet, M. Jean Günther existe bel et bien: c’est un ancien ingénieur à la retraite, membre de l’Association des Ecologistes pour le Nucléaire (AEPN) et qui donne de temps à autre des articles pour l’Association Française d’Intoxication Scientiste (AFIS). Mort de rire!

Les orphelins du progrès

26 mars 2010 Laisser un commentaire

Nous reproduisons ici un article paru dans Le Monde Magazine qui, malgré quelques insuffisances et son parti-pris non critique en faveur du GIEC, a le mérite de montrer que ce qui menace la société actuelle est bien moins un obscurantisme religieux qu’un scientisme aussi borné que fanatique.

Dans sa petite bibliothèque des horreurs, Jean-Paul Krivine a rangé homéopathes, militants anti-OGM, agriculteurs biodynamiques, sourciers et chiropracteurs au même rayon que les anti-évolutionnistes à crucifix et les amateurs d’ovni. A la tête de l’AFIS, l’Association française pour l’information scientifique, cet « ingénieur en intelligence artificielle » est un rationaliste qui bataille contre le plus grand risque qui puisse, selon lui, nous frapper : la remise en question de sa sainte trinité, « progrès, humanisme et universalité ».

L’homme est nerveux. Il se demande ce que je lui veux. J’ai bien précisé au téléphone que la revue dont il est le rédacteur en chef, Science et pseudo-sciences, m’avait il y a deux ans étrillé pour un reportage en Suède à la rencontre de ces « électro-sensibles » qui fuient dans les forêts les ondes des portables et de la WiFi. Crime de lèse-science : la revue expliqua comment je manipulais le lecteur, l’amenant à penser qu’une technologie inoffensive pouvait être un risque pour la santé. Disons-le simplement : je n’ai pas d’avis sur la dangerosité des ondes. Et je n’ai pas pris rendez-vous avec Jean-Paul Krivine pour régler des comptes mais pour tenter de comprendre d’où vient ce sentiment de citadelle assiégée qui l’anime. Lire la suite…