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Posts Tagged ‘2016’

Mathieu Gaulène, Le nucléaire en Asie, 2016

Auteur de nombreux articles sur Fukushima et ses suites, la politique énergétique du Japon ou l’opposition au nucléaire, le journaliste Mathieu Gaulène vient de publier un livre intitulé Le nucléaire en Asie. Fukushima, et après ? aux éditions Picquier. L’auteur dresse un bilan très documenté sur le nucléaire en Asie, cinq ans après la catastrophe. L’occasion pour le blog de Fukushima de lui poser quelques questions.

Question : Où étiez-vous en mars 2011 et qu’avez-vous ressenti lors du début de la catastrophe nucléaire ?

Mathieu Gaulène : En mars 2011, j’étais encore à Paris et je me préparais à aller vivre au Japon. Cet évènement m’a beaucoup choqué et dès les premières heures j’ai pensé au risque d’un accident nucléaire. J’avais en fait réalisé un mémoire sur le mouvement antinucléaire japonais en 2009, et durant mes recherches à Tokyo et Rokkasho-mura, où une usine de retraitement a été construite par la France, j’avais pu constater l’incurie de l’industrie nucléaire nippone, son arrogance alors même que de nombreux signaux d’alertes étaient déjà au rouge. Lire la suite…

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Jean Robert, Les visages de la modération radicale, 2016

Illich et la guerre contre la subsistance,
hier et aujourd’hui

Durant l’automne de 2013, l’essayiste public que je prétends être a dû faire face à deux tâches hétérogènes entre lesquelles j’ai eu l’intuition de convergences à explorer, mais aussi la certitude immédiate d’incompatibilités. Ce furent, d’une part, la rédaction d’un essai et la traduction française de textes d’un collègue mexicain sur la « petite école » zapatiste qui eut lieu en août et, d’autre part l’élaboration de l’article que le lecteur a sous les yeux. Lire la suite…

Olivier Rey, Déniaiser la science, 2016

26 mars 2019 Laisser un commentaire

La révolution scientifique moderne ne s’est pas accomplie en un jour, ni même en un siècle. Mais rétrospectivement, le tournant des XVIe et XVIIe siècles se révèle avoir été une période décisive, dont Galilée fut l’un des héros. Dans un registre très différent, Francis Bacon joua lui aussi un rôle majeur dans l’avènement de la nouvelle science. Son œuvre principale, le Novum Organum Scientiarum, sous-titré Indicia de interpretatione naturae (Indications sur l’interprétation de la nature) entendait fournir, en opposition à l’ancien Organon aristotélicien, un cadre neuf à la connaissance et à ses développements. Il s’agissait, avec le Novum Organum, de débarrasser la philosophie naturelle des défauts de méthode qui jusque-là avaient vicié sa pratique, et de lui indiquer la nouvelle démarche – reposant sur la collecte et le classement des faits, l’induction et l’expérimentation – qu’elle devait adopter : les progrès des sciences et des techniques qui en résulteraient seraient sans commune mesure avec tout ce qui avait précédé. Illustrant cette conviction, la page de titre montrait un navire en train de franchir les colonnes d’Hercule – c’est-à-dire quittant la mer fermée à laquelle le Nec plus ultra antique confinait sa navigation, pour voguer vers le grand large. Le Plus ultra, qu’un siècle plus tôt Charles Quint avait pris pour devise de son empire, était désormais le mot d’ordre de la science. Lire la suite…

Radio: Émilie Hache, Reclaim écoféminisme ! 2016

C’est l’angle mort de l’écologie à la française : l’écoféminisme. À la fois mouvement militant dans les États-Unis des années 1980 et courant intellectuel, littéraire, politique, ce n’est pas une idéologie. Ce n’est pas une doctrine. Ce n’est pas non plus un projet politique unifié. Mais plutôt un mouvement de réappropriation de soi, de son corps et de son milieu de vie, comme l’explique la philosophe Émilie Hache dans la belle introduction de Reclaim, première anthologie en français de textes écoféministes, publiée dans la collection « Sorcières » des éditions Cambourakis.

Pour les écoféministes, la domination des femmes et celle de la nature sont étroitement liées. Les textes montrent comment des femmes ordinaires se sont soulevées contre ce qui venait détruire leur environnement et leur avenir à travers les exemples du mouvement Chipko en Inde, du Women’s Pentagon Action aux États-Unis, des communautés lesbiennes séparatistes en Oregon ou encore du paganisme de Starhawk.

Le choix du titre n’est pas anodin, Reclaim, signifiant le fait de se réapproprier, illustre parfaitement l’âme du mouvement. Les écoféministes se réapproprient la nature, leur nature de femmes, parfois même l’image de la sorcière, afin de renverser le pouvoir. Lire la suite…

Radio: Le Steampunk comme uchronie technologique, 2016

21 janvier 2019 Laisser un commentaire

Lorsque les auteurs de steampunk imaginent des mondes alternatifs où la vapeur et le charbon se sont imposés comme énergies dominantes, ils mettent en place une esthétique mais aussi une technologie alternative. C’est l’occasion aussi de revenir sur l’histoire de l’industrialisation et d’évoquer d’autres trajectoires technologiques possibles. Avec François Jarrige, Sylvie Allouche, Alain Damasio et Olivier Gechter aux Utopiales à Nantes en octobre 2016.

Ensuite, une brève présentation de l’ouvrage Rétrofutur, une contre histoire des innovations énergétiques, éd. Buchet-Chastel, 2018 (voir aussi le site Paléo-énergétique).

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Racine de moins un
Une émission
de critique des sciences, des technologies
et de la société industrielle.
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Émission Racine de Moins Un n°50, diffusée sur Radio Zinzine en janvier 2019.

Célia Izoard, Des robots dans la ville, 2016

28 novembre 2018 Laisser un commentaire

Fin septembre, les organisateurs de la Toulouse robot race (en français courant, course de robots de Toulouse), annonçaient une déferlante de machines menaçantes dans les rues de la ville. Les ingénieurs et passionnés d’informatique allaient faire rouler leurs engins autonomes à tombeau ouvert. Fascinés par les robots boiteux, les médias étaient là pour relayer l’événement.

Reportage de notre envoyée spéciale Célia Izoard – journaliste et traductrice. Lire la suite…

Totaler Bildschirm, Widerstand gegen die Verwaltung und Informatisierung unserer Leben, 2016

30 octobre 2018 Laisser un commentaire

Seit 2011 widersetzen sich in Frankreich Schaf- und Ziegenzüchter*innen der europäischen Richtlinie, die ihnen vorschreibt, elektronische Chips an den Ohren ihrer Tiere anzubringen. Sie weigern sich, ihre Herde per Computer managen zu müssen und sich den Erfordernissen der industriellen Produktion, wie etwa der Rückverfolgbarkeit, anzupassen. Sie organisieren sich mit Kolleg*innen, Nachbar*innen und befreundeten Personen, um den Kontrollen der Behörden kollektiv zu begegnen und die finanziellen Sanktionen, die ihnen auferlegt werden, gemeinsam zu bewältigen. Lire la suite…

Jean-Baptiste Fressoz, La main invisible a-t-elle le pouce vert ?, 2016

10 juin 2018 Laisser un commentaire

Les faux-semblants de « l’écologie industrielle » au XIXe siècle

Le capitalisme entend dorénavant se nourrir de lui-même. Les élites économiques et politiques rêvent d’une « écologie industrielle », d’une « économie circulaire », d’un capitalisme coprophage se sustentant des résidus de sa seconde nature. Selon la Commission européenne :

« L’Europe n’a d’autre choix que d’opérer une transition vers une économie circulaire régénérative. » 1

Sous des appellations diverses (industrial ecology, industrial symbiosis, circular economy, cradle to cradle, etc.) différentes approches visent à optimiser la circulation de matière dans l’économie afin de minimiser intrants et déchets [pour une présentation d’ensemble, voir Ayres & Ayres 2002, Buclet 2011]. Un présupposé central de l’écologie industrielle, surtout dans sa version néolibérale, est que la perte de matière ou d’énergie dans l’environnement représente également une perte financière pour l’entrepreneur. Ce principe d’équivalence des pertes (matière = argent) présente l’intérêt de relier écologie et profit [Anderson & Donald 2001].

Cet article étudie l’émergence du recyclage industriel et sa fonction politique au début du XIXe siècle 2. Dès cette époque, en effet, le recyclage industriel a joué un rôle fondamental pour désamorcer les contestations environnementales nombreuses qui entouraient les premières usines chimiques. Les entrepreneurs et les économistes insistaient sur la congruence naturelle entre la réduction des pollutions et l’augmentation du profit. L’intérêt d’exhumer l’ancienneté de cette promesse, de souligner sa répétition à deux siècles et une crise environnementale globale d’écart est de questionner le rêve d’une main invisible gérant de manière optimale les flux de matières. Lire la suite…

Aurélien Berlan, Libérer les animaux ou se délivrer d’eux ?, 2016

L’élevage n’a pas bonne presse, de nos jours. Il essuie de nombreuses critiques : sociales en raison de son emprise sur les terres arables, écologiques du fait des pollutions qu’il génère, sanitaires à cause des épidémies qu’il provoque et qui affectent parfois la santé humaine, mais aussi éthiques, liées à la violence qu’il fait subir aux animaux. C’est à cette critique éthique que je voudrais m’intéresser dans la perspective de ses implications pratiques et de ses présupposés politiques. L’« éthique animale » ouvrent sur deux démarches possibles : soit on cherche à minimiser la souffrance des bêtes en se préoccupant de leur « bien-être », de manière plutôt « réformiste » puisqu’il s’agit d’une politique des « petits pas en avant » supposant de collaborer avec les pouvoirs en place : exploitants, politiques, chercheurs ; soit on milite, dans le sillage du mouvement vegan, pour leur « libération » sur un mode apparemment plus « révolutionnaire » puisqu’il s’agit de rompre radicalement avec l’exploitation des animaux. Dans le monde des préoccupations « animalitaires » 1, la première position est celle des « welfaristes » (de l’anglais welfare, « bien-être ») et la seconde celle des « abolitionnistes » 2.

Tout l’intérêt du travail de Jocelyne Porcher, sur lequel je vais largement m’appuyer, est de dynamiter les lignes de front de ce débat. Elle propose une critique radicale de « l’élevage industriel » (en dévoilant la contradiction que cette expression occulte) et, dans le même mouvement, de ses critiques « welfaristes » et « abolitionnistes ». Car pour elle, toutes ces positions apparemment inconciliables vont en réalité dans le même sens : en finir avec l’élevage, rompre le lien multimillénaire qu’il tisse entre humains et animaux. Lire la suite…

Miquel Amorós, Une critique libertaire de la gauche du capitalisme, 2016

18 janvier 2018 Laisser un commentaire

Le capital a prolétarisé le monde et dans le même mouvement a visiblement supprimé les classes. Si les antagonismes ont été intégrés, s’il n’y a plus de lutte des classes, il n’y a plus de classes. Et il n’y a pas de syndicats dans le véritable sens du terme. En effet, si le scandale de la séparation sociale entre riches et pauvres, dirigeants et dirigés, exploiteurs et exploités n’est plus la source principale du conflit et que les rares luttes qui en découlent restent à l’intérieur du système sans jamais le remettre en question, alors il n’y a plus de classe en lutte, mais une société de masse à la dérive.

Les syndicats, la carcasse d’une classe dissoute, poursuivent un autre objectif : maintenir la fiction d’un marché du travail régulé. Aujourd’hui, l’ouvrier est la base du capital, et non sa négation. Le capital s’empare de toute activité, et son principe structure la société entière : il réalise le travail et transforme le monde en un monde de travailleurs. De travailleurs consuméristes. Fin d’une classe ouvrière en marge, extérieure et opposée au capital, avec ses valeurs propres, et en même temps généralisation du salariat et des valeurs marchandes. Lire la suite…