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Posts Tagged ‘2011’

Henri Mora, Le travail et la marchandise, 2011

19 janvier 2017 Laisser un commentaire

Tout est si bien porté par la manière de considérer le monde qu’il paraît impossible de le voir différemment. Vendre et acheter se révèle être la seule occupation de nos contemporains afin de répondre à leur « soucis incessant d’améliorer leur sort ». Mais n’est-ce point le travail, non comme activité humaine, mais parce qu’il se trouve à l’origine des rapports sociaux qu’il crée en tant que producteur de richesse (de « plus-value »), qui détermine l’évolution de l’histoire et des conditions sociales, économiques et humaines, comme il détermine l’évolution des moyens de production ? Lire la suite…

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Marc Levivier, Bref historique sur la fœtalisation et la néoténie, 2011

23 juillet 2016 Laisser un commentaire

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Biographie de Louis Bolk

Lodewijk – plus couramment Louis – Bolk naît à Overschie, aux Pays-Bas, le 10 décembre 1866. Il se forme en droit puis en 1888, contre la volonté de ses parents qui le voulaient pasteur, s’inscrit à la faculté de médecine d’Amsterdam. Diplômé en octobre 1896, il commence à travailler comme assistant de G. Ruge qui y enseigne l’anatomie humaine, dont il prend la place seize mois plus tard. En 1900, il fonde avec Cornelius Winkler (1822-1897) la revue d’anatomie Petrus Camper 1 dans laquelle il publie une partie de ses études sur le cervelet et son innervation et qui lui valent en 1902 un doctorat honoraire de l’université de Leiden. En 1901, avec Winkler, il rédige le rapport qui permettra la création du International Academic Committee for Brain Research, organisme visant la structuration internationale des recherches sur le système nerveux. La première institution spécialement créée dans cet objectif va loger dans une aile du nouveau département d’anatomie et d’embryologie de l’université d’Amsterdam où travaille Bolk.

À la même époque, l’exhumation de cadavres d’un vieux cimetière à proximité de l’institut d’anatomie l’amène à étudier des crânes humains et aussi des dents. Il va alors travailler sur l’ontogenèse des dents, la latéralisation et les différences de morphologie humaine selon les « races ». En effet, Bolk est, et il l’affirme lourdement à plusieurs reprises, un partisan de la théorie de l’inégalité des races. Bolk est, à la lettre, raciste 2. Il ne s’agit en rien de minimiser ce point, mais il faut indiquer ici qu’il n’est pas un cas isolé et que la consultation des revues scientifiques de cette même période confronte à un niveau de racisme inimaginable aujourd’hui.

En 1918, l’université d’Amsterdam lui décerne le titre de rector magnificus, et c’est lors de la cérémonie qu’il aurait exposé pour la première fois en public sa théorie de la fœtalisation qui fera l’objet de plusieurs communications. Cette théorie est accessible en français dès 1926, année durant laquelle Louis Bolk la présente lors du congrès organisé par l’association des Anatomistes de langue française, dont il est membre à vie. Mais c’est une conférence prononcée la même année lors d’un congrès d’anatomistes à Freiburg et ensuite publiée dans son intégralité qui va devenir le texte de référence : Das Problem der Menschwerdung. Lire la suite…

Recension: T. Leroux, Le laboratoire des pollutions industrielles, 2011

Thomas Le Roux,

Le laboratoire des pollutions industrielles. Paris, 1770-1830,

éd. Albin Michel, 2011, 560 p.

 

Partant de la mise sous tutelle administrative des pollutions industrielles et de celles de leurs intérêts sous-jacents, Thomas Le Roux propose ici une histoire de la grande transformation du rapport des Parisiens à leur environnement qui s’est opérée au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Il désigne ce moment comme celui du « triomphe de l’industrialisme ». Paris voyait en effet s’affirmer, bien que de façon progressive mais non sans brutalité, la réhabilitation de la production industrielle au sein même de la ville. L’industrialisation de la cité s’imposait comme l’une des conditions de réalisation des progrès de la civilisation moderne. Elle s’affirmait comme le fer de lance du soutien à la concurrence avec l’Angleterre. Mais l’obsession de la modernité et la recherche de sa puissance devenaient aussi la justification d’un accroissement de la pollution ; la capitale était le point d’ancrage de sa régulation, et – pour reprendre le titre du livre – le « laboratoire » politique, à la fois modèle, foisonnement de matières pour la jurisprudence, mais aussi l’objet d’un réquisitoire contre une dérégulation de fait des activités les plus polluantes. Lire la suite…

Jean-Claude Guillebaud, La pudibonderie scientiste, 2011

7 janvier 2015 Laisser un commentaire

Nous publions ce texte de Jean-Claude Guillebaud non pas pour appeler avec lui l’Église à se rappeler « de l’incarnation et de l’acceptation joyeuse du corps », mais bien au contraire pour inviter nos lecteur.e.s à ne pas laisser a cette institution surannée ce monopole du corps à l’heure de la procréation médicalement assistée (PMA) et autres délires de désincarnation technoscientistes, complaisamment relayés et promus par certain.e.s féministes, homosexuels, LGBT, etc. – pas tou.te.s, fort heureusement – qui ont en horreur les limites que leur impose leur propre corps et veulent le contraindre à se plier à leurs caprices et à leurs fantasmes (et sont prêts pour cela à se « faire violence », au sens ancien de l’expression).

Nous ne doutons pas qu’ainsi nous allons nous attirer les foudres des escudérophobes. Mais nous dénoncerons les fanatiques de l’aliénation sous quelque déguisement qu’ils se présentent, surtout si en prétendant œuvrer pour l’émancipation, ils ne font en fait que promouvoir la délivrance – au sens religieux de ce terme – à l’aide de la technoscience, ce nouveau culte, laïque et obligatoire, de l’État.

 * – * – *

 Au cœur de la mutation anthropologique, technologique et historique, d’insidieuses logiques sont à l’œuvre, notamment dans la cyberculture. Elles vont dans le sens d’une dématérialisation de notre rapport au monde. Le corps est ainsi présenté comme une vieillerie encombrante. C’est bien une nouvelle pudibonderie scientiste qui s’élabore. Entretien avec Jean-Claude Guillebaud.

Tout se passe aujourd’hui comme si le réel, la matière, la chair du monde (et la chair elle-même) nous filaient entre les doigts. Les éloges convenus du corps, de la santé et du plaisir sont autant de leurres. Ils dissimulent une tendance inverse. Au cœur de la mutation anthropologique, technologique et historique, d’insidieuses logiques sont à l’œuvre. Notamment dans ce qu’on appelle la cyberculture. Elles vont toutes dans le même sens : celui d’une dématérialisation progressive de notre rapport au monde. Le réel est congédié au profit de l’immatériel ; l’épaisseur de la matière devient source de crainte ; la chair elle-même est tenue en suspicion. Un peu partout, le corps est ainsi présenté comme une vieillerie encombrante, symbole de finitude, de fragilité et de mort. A mots couverts, c’est bien une nouvelle pudibonderie scientiste qui s’élabore. Elle renoue très curieusement avec le rigorisme de la Gnose des premiers siècles que les Pères de l’Église avaient combattu. Cette néo-pudibonderie scientiste ajoute ainsi ses effets à la rétractation, elle aussi puritaine, perceptible dans le champ religieux. Lire la suite…

Puçage, identification, traçabilité et contrôle social, 2011

15 avril 2014 Laisser un commentaire

Quand on parle aujourd’hui de traçabilité, et que, comme nous, on la conteste, il est bon de savoir de quoi on parle. D’abord il est important de bien distinguer l’identification de la traçabilité, car si ces deux notions sont maintenant associées dans les discours et les esprits, elles n’impliquent ni les mêmes actions, ni les mêmes conséquences.

L’identification

Depuis toujours les éleveurs ont eu besoin d’identifier leurs bêtes, d’abord pour les reconnaître individuellement dans leur troupeau, mais aussi pour les distinguer des autres troupeaux (perte ou vol). Elle a pris dans l’histoire des formes diverses (fer rouge, marques sur les cornes ou les sabots, collier…). Elle était mise en œuvre par l’éleveur, pour satisfaire aux besoins de l’éleveur. Lors d’épizootie, une identification spécifique était mise en place par l’administration, pour isoler les animaux malades, empêcher la contamination et/ou empêcher qu’ils soient vendus ou consommés. Lire la suite…

Philippe Godard, Fukushima, le nucléocrate et le catastrophiste, 2011

25 janvier 2014 Laisser un commentaire

La « gestion » de la crise nucléaire de Fukushima montre comment l’idéologie catastrophiste sert du mieux qu’il est possible les nucléocrates et tous les technolâtres qui contaminent le monde contemporain. Les écologistes catastrophistes, qui à longueur de textes et de conférences nous prédisent un monde invivable d’ici quelques décennies, au mieux un ou deux siècles, sont pris ici à leur propre piège. Il serait temps pour eux de reconnaître leur erreur et d’abandonner cette tactique politique qui confine à la démagogie, y compris chez les décroissants.

Les informations, les déclarations, les décisions prises au Japon et partout dans le monde dès les premières heures de l’emballement du réacteur n°1 de Fukushima et encore plus dans les jours qui ont suivi permettent de démonter comment fonctionne l’« administration d’un désastre ». En toute lumière, se met en place le mécanisme par lequel les nucléocrates peuvent être certains de récupérer en toute occasion et à tout moment le catastrophisme d’écologistes peu conscients des réalités politiques. Lire la suite…

François Jarrige, L’histoire de la pollution, 2011

9 novembre 2013 Laisser un commentaire

Longtemps invisible dans les travaux des historiens, la pollution et son histoire sont devenues un front pionnier de la recherche, un objet qui permet d’interroger les grands aspects de la modernité industrielle. François Jarrige nous propose ici un tableau de ce champ de recherche nouveau et des questions inédites qu’il permet de soulever.

« Pollutions» Si certains mots expriment plus que d’autres l’air du temps, celui ci appartient bans nul doute aux concepts clés de notre époque La pollution est partout, elle a envahi les médias, sort des robinets, des pots d’échappement et naît de nos actes les plus quotidiens : surfer sur Internet génère par exemple 20 mg de CO2 par seconde. Pour nous, contemporains de la crise écologique globale, la pollution a acquis une évidence immédiate et inexorable Elle est locale et globale, elle concerne l’air, les eaux et les sols, elle peut être sonore, visuelle, paysagère, insidieuse ou massive, invisible ou spectaculaire. L’infinie diversité de ses formes, de ses manifestations et de ses effets donne le vertige. On ne compte plus les tableaux écologiques de la planète tentant d’établir un inventaire des pollutions, ni les rapports, livres et articles d’experts présentant l’ampleur des dégâts. Mais on commence tout juste à s’intéresser a l’histoire de ces rejets polluants. Lire la suite…

Cédric Biagini, Le grand méchant technophobe, 2011

8 octobre 2013 Laisser un commentaire

Le 7 février 2011, l’institut Diderot organisait au Sénat une journée de réflexion sur « l’avenir du progrès ». Des penseurs renommés y déploraient l’influence grandissante dans la société française de la critique de la technoscience et de l’idée de progrès. Signe des temps, un autre think tank, plus à droite, la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique), vient de consacrer deux notes à cette thématique : « Contester les technosciences : leurs réseaux », par Sylvain Boulouque et « Contester les technosciences : leurs raisons » par Eddy Fougier.

Se présentant comme « une fondation libérale, progressiste et européenne » – tout un programme -, la Fondapol, créée en 2004, est considérée comme la boîte à idées de l’UMP. Elle « privilégie quatre enjeux : la croissance économique, l’écologie, les valeurs et le numérique ». Lire la suite…

Là où tout a été « géré », plus rien ne pousse, 2011

5 septembre 2013 Laisser un commentaire

Suite à quelques discussions et impressions ressenties lors de rencontres avec les personnes proches et/ou intervenant autour de la sphère agricole et paysanne, nous avons eu envie d’écrire ce texte.

Il s’agit ici de réfléchir autour de plusieurs questions que nous estimons cruciales. Que révèle le fonctionnement gestionnaire de notre société ? Que signifie-t-il en particulier dans le cas de la production agricole et de l’installation à la campagne ? Quels sont les moyens d’agir contre et à distance du monde de l’économie ?
Le but n’est pas de porter un discours qui a tout vu, tout entendu. Toutefois, sans analyse, sans auto-critique, nous nous voyons coincés dans un périmètre circonscrit par un certain nombre de sphères que nous connaissons déjà bien : le monde associatif, le militantisme, le syndicalisme, la citoyenneté, le management … La tentation est forte, lorsque l’on écrit un texte de ce genre, de faire table rase, mais les écrits qui résultent d’une telle ambition se révèlent assez méprisants et leur éventuelle lucidité est rendue peu désirable par le ton de contempteurs qu’adoptent leurs auteurs. Le propos serait plutôt, ici, de forger des mots et des concepts à même de rendre notre position sur le sujet à la fois visible et intelligible.
Nous ne voulons pas être des snipers, réfugiés dans une tour d’ivoire, seulement des paysans dilettantes, révoltés et curieux. Lire la suite…

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L’enfer vert, Un projet pavé de bonnes intentions

12 août 2013 Laisser un commentaire

Publié une première fois sous forme de brochure en décembre 2011, L’enfer vert, Un projet pavé de bonnes intentions de Tomjo, rédacteur au sein du journal lillois La Brique, vient d’être republié avec des compléments aux éditions L’Echappée. Ci-dessous, quelques extraits.

A Lille, les écolo-technocrates sont au pouvoir. Ils sont élus et techniciens des collectivités locales ou ingénieurs en R&D. Sous couvert de « sauver la planète » et les « générations futures », les Verts enrobent de tout leur savoir faire écologiste l’édification de la « technopôle » de la « ville ubiquitaire », de la « France augmentée ». A parti de leur projet de traçabilité des clients des transports en commun par des cartes à puces RFID, ce livre déroule l’histoire de la plus-value écologiste dans la réquisition du territoire et la mobilisation des populations par l’économie. […]

A la première publication de ce livre, je n’ai constaté aucune réaction publique de la part des premiers visés, élus et militants verts. Certains continuant à me serrer la main après avoir promis, en privé, de me mettre la leur dans la figure. Peut-être leur manque-t-il un « indicateur de pertinence » pour évaluer les critiques émises à leur encontre. Rats gestionnaires confortablement installés dans leur fromage vert, pourquoi se défendraient-ils face à un individu sans importance collective? Ils comprennent trop bien ce qu’on leur reproche pour ne pas feindre l’incompréhension. Pirouettes, balourdises, feintes méprises, toute la panoplie de la mauvaise foi sert leur dérobade. «Regarde, les V’Lille, ça marche, les gens en veulent.» «Je te casse la gueule tout de suite ou plus tard, ha ha?» – tape dans le dos. «Tu vois, on a crypté les données, faut pas faire de parano!» Les arguments ne peuvent se rencontrer, la critique politique émise ici ne peut les atteindre. Aucune controverse n’est possible, la gestion est sourde à la politique. Lire la suite…