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Posts Tagged ‘2002’

Ivan Illich, Critique de la pensée du risque, 2002

30 mars 2019 Laisser un commentaire

Ivan Illich est mort brusquement le 2 décembre 2002. Le matin même, il avait retravaillé ce texte et l’avait pourvu de notes. Au cours des semaines précédentes, nous nous étions rencontrés régulièrement pour méditer ensemble sur la bonne manière d’aborder par écrit la destruction de l’expérience concrète et sensuelle du présent par l’obsession pour le risque statistique. C’est finalement l’essai de Gerd Gigerenzer, Penser le risque. Apprendre à vivre dans l’incertitude [1] qui nous a offert l’occasion de mettre nos ruminations communes par écrit sous forme d’une recension critique. Après m’avoir congédiée plus d’une fois après lecture de mes premiers brouillons, il m’a finalement invitée à m’asseoir à sa table et, durant de longues heures, nous avons discuté des formules les plus aptes à exprimer une position commune et avons patiemment forgé les phrases les exprimant. Je lui suis très reconnaissante de ses dernières corrections, que j’ai introduites seule dans notre texte.

Silja Samerski

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Jocelyne Porcher, L’esprit du don: archaïsme ou modernité de l’élevage? 2002

3 novembre 2016 Laisser un commentaire

Éléments pour une réflexion sur la place des animaux d’élevage dans le lien social

Le contexte actuel de remise en cause, par différents types d’acteurs sociaux, des moyens voire des fins mêmes des activités d’élevage conduit à s’interroger sur la nature des liens qui unissent hommes et animaux en élevage et sur la place de la relation aux animaux dans les sociétés occidentales contemporaines.

La primauté de la raison économique s’impose aujourd’hui dans les filières de production animale, notamment industrielles, aussi bien que dans la recherche ou dans l’encadrement technique des éleveurs 1. Depuis les années cinquante en France, et de façon moins évidente depuis le milieu du XIXe siècle quand a émergé le projet d’industrialisation de l’élevage, c’est-à-dire la volonté de faire de l’élevage un ensemble d’activités rentables inscrites dans l’économie industrielle, l’affirmation de ce primat s’est appuyée sur la construction d’un statut de l’animal d’élevage réifié et sur le déni du lien entre éleveurs et animaux. Les finalités de l’élevage ont été réduites à la seule rationalité économique. Lire la suite…

Alain Clément, Les références animales dans la constitution du savoir économique, 2002

13 octobre 2016 Laisser un commentaire

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Résumé

L’observation du fonctionnement du monde animal a toujours joué un rôle privilégié dans la constitution et la diffusion du savoir économique. À partir de l’étude d’un certain nombre d’œuvres significatives (dont le traité d’économie de Montchrétien, La fable des abeilles de Mandeville, les manuscrits de Boisguilbert, l’Essai sur le principe de population de Malthus ainsi que les œuvres de Spencer) nous constatons que le recours au monde animal sous la forme d’analogies et de métaphores a permis d’éclairer des concepts naissants et de comprendre certains comportements économiques. Des analyses fines, même si elles n’ont pas toujours reposé sur un matériau scientifique des plus solides ont débouché sur le transfert de plusieurs concepts dont celui de la division du travail, ceux de la concurrence et de la coopération ainsi que celui d’équilibre. Le référent animal a enfin ouvert la voie à une théorie évolutionniste en économie dès le début du XVIIIe siècle. Lire la suite…

Paul Tibbets, La bombe atomique et le pilote, 2002

30 avril 2015 Laisser un commentaire

Ci-dessous un entretien avec Paul Warfield Tibbets (23 février 1915 – 1er novembre 2007) en 2002, le pilote de l’Enola Gay, l’avion qui largué la bombe sur Hiroshima, le 6 août 1945, réalisé par Studs Terkell, grand journaliste de gauche américain et auteur de nombreux livres d’histoire orale de son pays. Les réponses de Tibbets sont d’un cynisme absolu ; il ne regrette rien et continue de trouver son acte à la fois valeureux et même « beau ». Face à un tel discours, on ne peut pas voir autre chose dans le nucléaire, qu’il soit civil ou militaire, que la négation de toute humanité.

 

Studs Terkel : Nous voici tous deux assis chez Paul Tibbets à Columbus, dans l’Ohio. C’est ici que ce général à la retraite âgé de 89 ans vit depuis plusieurs années.

Paul Tibbets : Eh, je ne peux pas vous laisser dire une telle chose. Je n’ai que 87 ans, et pas 89.

Studs Terkel : D’accord. J’en ai moi-même 90, et suis donc votre aîné de trois ans. Nous venons de partager un excellent repas, vous, moi et votre compagne. J’ai remarqué que, tandis que nous étions assis au restaurant, les gens passaient et n’avaient aucune idée de qui vous étiez. Vous avez pourtant autrefois piloté un avion, l’Enola Gay qui, dans la matinée du dimanche 6 août 1945, a largué une bombe sur la ville de Hiroshima, au Japon. Il s’agissait d’une bombe atomique, la toute première du genre. Cet événement a changé le monde, et c’était vous qui étiez aux commandes de cet avion.

Paul Tibbets : Oui, tout à fait. Lire la suite…

Barry Commoner, La déliquescence du mythe de l’ADN, 2002

1 février 2015 Laisser un commentaire

Les bases erronées de l’ingénierie génétique

La biologie était autrefois considérée comme une discipline à la traîne, essentiellement descriptive ; une science passive qui s’était satisfaite, pendant une bonne partie de son histoire, d’une simple observation du monde matériel et non de son changement. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui la biologie, armée du pouvoir de la génétique, a remplacé la physique comme Science activiste du Siècle, et elle se tient prête à assurer le pouvoir divin de la création, faisant apparaître des formes artificielles de vie plutôt que des éléments et ses particules atomiques inconnus. Lire la suite…

Barry Commoner, Unraveling the DNA Myth, 2002

1 février 2015 Laisser un commentaire

The Spurious Foundation of Genetic Engineering

Biology once was regarded as a languid, largely descriptive discipline, a passive science that was content, for much of its history, merely to observe the natural world rather than change it. No longer. Today biology, armed with the power of genetics, has replaced physics as the activist Science of the Century, and it stands poised to assume godlike powers of creation, calling forth artificial forms of life rather than undiscovered elements and subatomic particles. Lire la suite…

Théodore Kaczynski, Frapper où ça fait mal, 2002

12 avril 2014 Laisser un commentaire

1. Pourquoi cet article ?

Le propos de cet article est de signaler un principe très simple des conflits humains que les opposants au système techno-industriel paraissent négliger. Ce principe réside en ceci que, quelle que soit la nature du conflit, si vous voulez l’emporter vous devez frapper votre adversaire où ça fait mal.

Je m’explique. Lorsque je parle de « frapper où ça fait mal » je ne fais pas nécessairement allusion à des coups ou à une autre forme de violence physique. Dans un débat, par exemple, « frapper où ça fait mal » ce serait mettre en avant les arguments face auxquels la position de vos contradicteurs est la plus vulnérable. Dans une élection présidentielle « frapper où ça fait mal » reviendrait à l’emporter sur votre rival dans les États où il y a le plus de votants. Je n’utiliserai donc l’analogie avec un combat physique que parce qu’elle est claire et frappante. Lire la suite…

Théodore Kaczynski, Golpear donde duele, 2002

12 avril 2014 Laisser un commentaire

1. El propósito de este artículo.

El propósito de este artículo es discernir un principio muy simple del conflicto humano, un principio que los oponentes del sistema industrial parecen pasar por alto. El principio es que en cualquier forma de conflicto, si quieres ganar, tienes que golpear a tu adversario donde duela.

Tengo que aclarar que cuando hablo de “golpear donde duele” no me tengo porqué referir necesariamente a un golpe físico o a cualquier otra forma de violencia física. Por ejemplo, en el debate oral, “golpear donde duele” significará expresar los argumentos donde la posición de tu rival es la más vulnerable. En las elecciones presidenciales, “golpear donde duele” significaría ganar a tu oponente los estados que más votos electorales tengan. Aún así, en la discusión sobre este principio utilizaré la analogía con el combate físico, porque es más gráfico y claro. Lire la suite…

Theodore Kaczynski, Hit Where It Hurts, 2002

12 avril 2014 Laisser un commentaire

1. The Purpose of this Article.

The purpose of this article is to point out a very simple principle of human conflict, a principle that opponents of the techno-industrial system seem to be overlooking. The principle is that in any form of conflict, if you want to win, you must hit your adversary where it hurts.

I have to explain that when I talk about “hitting where it hurts” I am not necessarily referring to physical blows or to any other form of physical violence. For example, in oral debate, “hitting where it hurts” would mean making the arguments to which your opponents position is most vulnerable. In a presidential election, “hitting where it hurts” would mean winning from your opponent the states that have the most electoral votes. Still, in discussing this principle I will use the analogy of physical combat, because it is vivid and clear. Lire la suite…

Gérard Nissim Amzallag, La raison malmenée, 2002

De l’origine des idées reçues en biologie moderne

CNRS éditions, 2002.

Préface

Voilà un livre qui en agacera plus d’un. Sans doute lui trouvera-t-on quelques défauts ; mais il n’est pas sûr que ce soit ceux-ci qui irriteront ; car il a des qualités bien plus gênantes, dont la principale est d’appeler un chat un chat et de dire que l’empereur est nu, sans trop se soucier de l’étiquette et des usages qui prônent l’admiration là où non seulement il n’y a rien à admirer, mais tout simplement rien à voir.

Pour reprendre une des métaphores botaniques qu’affectionne son auteur, peut-être le buisson des critiques qu’il assène aurait-il mérité d’être un peu élagué et mis en forme. Certes. Mais, après tout, nul n’est tenu d’aimer la topiaire et les jardins à la française ; et, tel quel, ce foisonnement a l’avantage de présenter un large éventail de ce qu’on pourrait reprocher à la science actuelle, et plus spécialement à la biologie. A moins – puisque l’auteur appelle un chat un chat, et que la science ne se construit pas toute seule –, qu’il ne faille le reprocher aux chercheurs et enseignants, particulièrement aux biologistes (à tout seigneur tout honneur, les généticiens sont les plus concernés). Lire la suite…