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Posts Tagged ‘1993’

Maria Mies, Une nouvelle vision : la perspective de subsistance, 1993

18 août 2019 Laisser un commentaire

Le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en juin 1992, a une fois de plus démontré clairement, que la solution des problèmes écologiques, économiques et sociaux mondiaux ne devait pas être attendue des élites dirigeantes du Nord ou du Sud. Comme Vandana Shiva le souligne dans ce livre, une nouvelle vision – une forme de vie nouvelle pour les générations présentes et futures et les autres créatures avec qui nous partageons la Terre – dans laquelle l’articulation entre pratique et théorie soit réalisée, ne peut émerger que dans les luttes de défense des mouvements de base. Les hommes et les femmes qui participent activement à ces mouvements rejettent radicalement le modèle dominant patriarco-capitaliste de développement des « pays industrialisés ». Ils ne veulent pas être développés selon ce modèle, et préfèrent préserver intacte leur base de subsistance et en conserver la maîtrise.

Cependant, cette quête d’une nouvelle vision n’est pas seulement le fait des populations du Sud qui on renoncé à attendre les fruits du « développement » ; on trouve aussi, dans certains groupes du Nord, cette aspiration à une société écologique, non exploiteuse, juste, non patriarcale et autosuffisante. Ici aussi, cette recherche d’une nouvelle perspective concerne non seulement des gens des classes moyennes, désenchantés et ayant perdu espoir dans les promesses de la modernisation, mais également certaines personnes au bas de la pyramide sociale.

Nous appelons cette nouvelle vision la perspective de subsistance. Lire la suite…

Maria Mies, The Need for a New Vision: the Subsistence Perspective, 1993

18 août 2019 Laisser un commentaire

The Earth Summit in Rio de Janeiro (UNCED, June 1992) again made clear that solutions to the present worldwide ecological, economic and social problems cannot be expected from the ruling elites of the North or the South. As Vandana Shiva points out in this book, a new vision – a new life for present and future generations, and for our fellow creatures on earth – in which praxis and theory are respected and preserved can be found only in the survival struggles of grassroots movements. The men and women who actively participate in such movements radically reject the industrialized countries’ prevailing model of capitalist-patriarchal development. They do not want to be developed according to this blueprint, but rather want to preserve their subsistence base intact, under their own control.

This quest for a new vision, however, is to be found not only among people in the South, who cannot ever expect to reap the fruits of ‘development’; the search for an ecologically sound, non-exploitative, just, non-patriarchal, self-sustaining society can also be found among some groups in the North. Here, too, this search for a new perspective involves not only middle-class people, disenchanted and despairing about the end-result of the modernization process, but even by some at the bottom of the social pyramid.

We have called this new vision the subsistence perspective. Lire la suite…

L’envers du décor, 1993

14 avril 2012 Laisser un commentaire

Divertissement en un acte

À l’occasion du colloque sur la “responsabilité scientifique”, en la cité de Carcassonne, nous proposons humblement aux lecteurs le divertissement qui va suivre. Il est entièrement inédit et vous permettra de lire un dialogue des plus inattendus entre trois mystérieux personnages. Avec, par ordre d’entrée en scène : Le spongieux, Monsieur C.N. et La call-girl.

Tout le monde aura reconnu les grands acteurs qui se cachent derrière ces sobriquets et qui nous font l’honneur d’être parmi nous aujourd’hui. Voici donc, le spongieux André Comte-Sponville, professeur de philosophie de son État, le ténébreux Monsieur Centrale Nucléaire (C.N.), alias Monsieur Bourjade, ingénieur pour les dames et anonyme mais efficace Directeur de l’aménagement au CNPE de Golfech, et enfin voici venir la grande, la très grande call-girl du pouvoir et de la pensée, en laquelle nous vous demandons de reconnaître Monsieur Jacques Testard.

Avancez amis lecteurs, n’ayez crainte. Nous allons tenter maintenant de vous faire découvrir, en avant première, l’envers du décor. Pour cela, il vous suffira simplement d’imaginer nos trois personnages, réunis sur les remparts de la Cité de Carcassonne, avant leur entrée sur la scène d’une des plus grande farce des temps modernes : le Colloque.

Et maintenant, place au spectacle… Lire la suite…

André Pichot, La notion de vie aujourd’hui, 1993

3 septembre 2011 Laisser un commentaire

Que peut-on dire de la notion de vie dans la biologie moderne ? Apparemment, elle est ignorée. Aujourd’hui, plus que jamais, la biologie suit la recommandation de Cl. Bernard « la biologie doit être une science expérimentale et n’a donc pas à donner une définition de la vie ; ce serait là une définition a priori » et « la méthode qui consiste à définir et à tout déduire d’une définition peut convenir aux sciences de l’esprit, mais elle est contraire à l’esprit même des sciences expérimentales » ; en conséquence « il suffit que l’on s’entende sur le mot vie, pour l’employer » et « il est illusoire et chimérique, contraire à l’esprit même de la science d’en chercher une définition absolue ».

Suivant cette prescription, la biologie moderne ignore donc la notion de vie et se contente de l’analyse d’objets que le sens commun lui désigne comme vivants, analyse montrant qu’ils possèdent un certain nombre de caractères physico-chimiques identiques. La définition de la vie ‑ si elle est parfois évoquée ‑ est reportée à l’infini, comme but et fin ultimes de la biologie. Cette méthode, exclusivement analytique et expérimentale, a considérablement renforcé l’efficacité et la scientificité du travail du biologiste ; elle a cependant amené une « physicalisation » telle que l’on a parfois l’impression que, pour rendre scientifique la biologie, il a fallu nier toute spécificité à son objet. Lire la suite…

Recension: A. Pichot, Histoire de la notion de vie, 1993

5 juillet 2011 Laisser un commentaire

Couverture de Histoire de la notion de vie

Quatrième de couverture:

De la notion de vie on pourrait dire ce que saint Augustin disait du temps : Si personne ne me demande ce que c’est, je le sais; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus.
L’ouvrage s’efforce de saisir cette notion à travers les écrits des plus grands théoriciens de la vie, de l’Antiquité à l’aube de la biologie moderne. Il s’agit d’un guide de lecture et d’une gigantesque somme de textes – plus de mille extraits d’ouvrages essentiels – commentés et critiqués dans une perspective historique, philosophique et scientifique. C’est aussi la tentative d’éclaircir, par l’histoire d’une notion, la philosophie sous-tendant les sciences biologiques actuelles.

Hippocrate, Platon, Aristote et Galien ouvrent une réflexion systématique sur la vie. Leurs théories subsisteront jusqu’à la Renaissance, où la chimiatrie les conteste, et au XVIIe siècle où le mécanisme les remplace par une conception issue de la nouvelle physique (Von Helmont, Harvey, Descartes, Malebranche). Au siècle des Lumières, médecins et naturalistes (Boerhaave, Stahl, Bonnet, Bichat, entre autres) poursuivent la recherche en des voies diverses et parfois divergentes, mais sans parvenir à des résultats comparables à ceux qu’obtient la physique newtonienne à la même époque.
Ce n’est qu’au XIXe siècle et au début du XXe que la biologie moderne trouve ses véritables pères fondateurs (Lamarck, Claude Bernard, Darwin, Mendel, Weismann, De Vries).
L’ouvrage est composé d’un texte principal illustré par de nombreuses citations. Texte principal et citations sont différenciés typographiquement. Deux niveaux de lecture sont possibles, soit l’ensemble du texte et des citations, soit le seul texte principal qui forme un tout en lui-même. Lire la suite…