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Posts Tagged ‘1989’

Georges Canguilhem, Article “Vie”, 1989

5 février 2018 Laisser un commentaire

« Qui sait si la première notion de biologie que l’homme a pu se former n’est point celle-ci : il est possible de donner la mort. »

Cette réflexion de Valéry dans son Discours aux chirurgiens (1938) va plus loin que sa destination première. Peut-être n’est-il pas possible, encore aujourd’hui, de dépasser cette première notion : est vivant, est objet de la connaissance biologique, tout donné de l’expérience dont on peut décrire une histoire comprise entre sa naissance et sa mort. Mais qu’est-ce précisément que la vie d’un vivant, au-delà de la collection d’attributs propres à résumer l’histoire de cet être né mortel ? S’il s’agit d’une cause, pourquoi sa causalité est-elle strictement limitée dans le temps ? S’il s’agit d’un effet, pourquoi est-il générateur, chez celui des vivants qui s’interroge sur sa nature, de la conscience illusoire d’une force ou d’un pouvoir ?

Dans La Logique du vivant (1972), François Jacob a écrit : « On n’interroge plus la vie aujourd’hui dans les laboratoires. » S’il est vrai que la vie n’est plus un objet d’interrogation, il est vrai aussi qu’elle ne l’a pas toujours été. Il y a une naissance – ou une apparition – du concept de vie au XIXe siècle, attestée par la multiplication d’articles dans les dictionnaires et les encyclopédies scientifiques et philosophiques. Un bref historique de l’apparition de ce concept n’est pas superflu. Lire la suite…

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Jacques Roger, Lamarck, un marginal déçu par la révolution, 1989

1 août 2014 Laisser un commentaire

Jean-Baptiste de Monet, chevalier de la Marck, est né le 1er août 1744 à Bazentin-le-Petit en Picardie. Sa famille est noble, mais pauvre. Il est le onzième enfant de la famille et, faute d’argent, on le destine à l’Eglise, seule ressource des enfants nobles sans fortune. Elève au collège des Jésuites d’Amiens, Jean-Baptiste y reçoit un enseignement scientifique sérieux pour l’époque, mais il ronge son frein. Il ne veut pas être prêtre, il veut être soldat, comme son père et ses frères aînés. Et tandis qu’il se languit au collège, la France accumule les défaites de la Guerre de Sept Ans. Lire la suite…

Michel Henry, Ce que la science ne sait pas, 1989

20 juillet 2011 Laisser un commentaire

« Dieu est la Science » disait Yvon Belaval, voulant signifier par là que la seconde s’était substitué au premier : c’est elle qui détient désormais le savoir, tout savoir concevable, et le Pouvoir, tout pouvoir dont l’homme est capable en ce monde, pour autant qu’il ne saurait agir sur celui-ci et le transformer qu’à la condition d’en connaître les lois. A cet égard, les progrès foudroyants (dans tous les sens du mots) de la technique qui prolonge le développement scientifique et s’appuie constamment sur lui, sont l’illustration spectaculaire d’une mutation théorique et pratique qui entend désormais confier à la connaissance objective de la nature matérielle le destin de l’homme. Si une croyance subsiste en effet, au milieu de l’effondrement de toutes les croyances et de toutes les valeurs qui caractérise la modernité, c’est bien celle-ci : la croyance que le savoir scientifique constitue l’unique forme de savoir véritable, véridique, objectif et que c’est sur lui par conséquent que l’action humaine doit se fonder et se guider. Lire la suite…

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