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Posts Tagged ‘1987’

Georges Canguilhem, La décadence de l’idée de Progrès, 1987

3 avril 2020 Laisser un commentaire

Résumé

Les philosophes du siècle des Lumières ont conçu le Progrès comme manifestation de la perfectibilité naturelle de l’humanité. Le XIXe siècle a vu se ternir cette image d’avenir sous l’effet de ruptures épistémologiques et de surprises techniques. Conséquences imprévisibles de l’invention et de l’emploi de la machine à vapeur, les principes de dégradation énergétique en physique, les analyses révolutionnaires des rapports d’inégalité socio-économique dans les sociétés industrielles ont entraîné la dislocation d’une idée qui avait joué le rôle d’un principe de conservation des valeurs. Chez Freud et chez Lévi-Strauss le principe de Carnot est devenu principe de jugement de l’histoire. Lire la suite…

Maria Mies, Les femmes, la nature et la division internationale du travail, 1987

interview par Ariel Salleh

L’écoféminisme de Maria Mies se situe au carrefour des mouvements de libération féministes, écologistes et coloniaux. Mies tente de confronter la théorie marxienne aux nouvelles crises politiques de la fin du XXe siècle. Elle fait une lecture heuristique du texte de Marx à la lumière de l’anthropologie moderne et de ce qu’elle appelle les « relations-objets ». Mais Mies est tout autant une activiste qu’une sociologue universitaire. Ses préoccupations vont des essais normatifs sur la méthodologie des sciences sociales aux études empiriques sur l’exploitation des dentellières indiennes, en passant par les campagnes contre la pornographie et l’industrie médicale de la reproduction humaine en Allemagne de l’Ouest. Ariel Salleh s’est entretenue avec elle en 1987 et a finalisé cet entretien par correspondance. Lire la suite…

Maria Mies, Woman, Nature and the International Division of Labour, 1987

interview by Ariel Salleh

The eco-feminism of Maria Mies stands at the crossroads of the feminist, ecological and colonial liberation movements. Mies attempts to bring Marxian theory face to face with the newly emerging political crises of the late twentieth century. This has involved a heuristic reading of Marx’s text in the light of modern anthropology and what she calls “object-relations”. But Mies is as much an activist as an academic sociologist. Her concerns range from prescriptive essays on methodology in social science, to empirical studies of exploitation among Indian women lace-makers, campaigns against pornography and the reproductive technology industry in West Germany. Ariel Salleh spoke with her in 1987 and formalized this interview by correspondence. Lire la suite…

Françoise Collin, La fabrication des humains, 1987

22 juillet 2019 Laisser un commentaire

« Les bébés-éprouvette », « les mères porteuses » ; ce sont ces formules qui ont fait et continuent de faire choc, sans que la complexité de ce qu’elles recouvrent soit toujours perçue. Elles répandent dans le grand public l’idée d’un pouvoir quasi magique de la science, mais aussi du caractère exceptionnel de ses applications à des cas de stérilité. Après tout, la vie continue, et les bonnes vieilles « techniques » de reproduction continuent à faire recette.

La nouveauté des « nouvelles techniques de reproduction » ce n’est pas seulement qu’elles séparent sexualité et reproduction, ni qu’elles divisent et répartissent les différents éléments et les différents moments de la reproduction, mais aussi et surtout qu’elles peuvent isoler, hors de toute personne, le moment de la fécondation et celui des premiers stades de l’embryon de telle sorte qu’il s’agit d’une opération technique de laboratoire ayant pour objet un matériau vivant parmi d’autres, susceptible de manipulations et de transformations. La fécondation in vitro, dissimulée sous les pratiques de fécondation assistée, est le point focal qui transforme l’imaginaire de la reproduction. La reproduction devient production du vivant, avec tout ce que la production comporte d’instrumentalisation. Nous avions ou faisions des enfants : nous produisons des gènes et des cellules, de qualité évaluable. Lire la suite…

Plateforme du comité «Irradiés de tous les pays, unissons-nous!», 1987

14 avril 2012 Laisser un commentaire

« Sous prétexte d’ « intérêts économiques » et autres balivernes comme le « progrès », nos gouvernants nous imposent, sous le direction avisée de leurs spécialistes, de produire un monde qui nous détruit. Sur l’autel des « impératifs économiques », nous devons sacrifier notre vie, accepter de mettre en péril notre existence par l’ensemble des nuisances qu’il nous faut produire et consommer à leur service. »

Un cobaye récalcitrant, le 26 mars 1987

Tract diffusé dans la région de Neuvy-Bouin, Deux-Sèvres.

Le temps des hypothèses sur le nucléaire est fini. De Hiroshima à Tchernobyl, de Three Mile Island à Goiania, les faits ont suffisamment parlé. Par ces preuves catastrophiques, mais aussi dans son existence moins déflagrante, le nucléaire s’affirme aujourd’hui comme l’un des instruments privilégiés de l’édification de nouvelles conditions de survie auxquelles les hommes sont contraints de s’adapter alors même qu’elles les tuent à petit feu.

L’industrie nucléaire civile et militaire est l’exemple le plus extrême et le plus significatif des conséquences désastreuses qu’inflige à l’humanité un développement de la production émancipée de toute raison humaine, soumis aux seuls impératifs de l’économie autonome. La mise en route du programme nucléaire a été, dès le début, le type même d’activité productrice excluant le vivant et cela à double titre : biologique et historique. Lire la suite…