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Posts Tagged ‘1986’

Patrick Parrinder, Les démêlés de Wells avec les écrivains de son temps, 1986

En 1984 parurent trois ouvrages d’un immense intérêt pour les lecteurs de Wells. Les deux volumes de sa Tentative d’autobiographie (Experiment in Autobiography, 1934) furent réédités en même temps que H.G. Wells in love (La Vie amoureuse de H.G. Wells) dont l’existence avait été tenue secrète après la mort de l’écrivain en 1946. Un autre roman autobiographique, Héritage, dont l’auteur n’était autre qu’Anthony West, le fils de Wells, fut publié vers la même époque. Il y eut enfin la biographie de son père, très controversée, d’Anthony West également : H.G. Wells : Apects of a Life (H.G. Wells : aspects d’une vie). La publication de ces trois livres, a quelques mois d’intervalle, eut lieu juste après la mort en 1983 de la mère d’Anthony West, la romancière Rebecca West. Lire la suite…

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Patrick Parrinder, Wells et la littérature prophétique, 1986

« L’âme prophétique du vaste monde rêvant de choses à venir… »

En 1922, C.K. Scott Moncrieff s’est inspiré des sonnets de Shakespeare pour donner un titre à sa traduction de La Recherche du temps perdu de Proust (Remembrance of things past). Quelques années plus tard, H.G. Wells fit lui aussi un emprunt à Shakespeare pour son roman Visage des choses à venir (The Shape of Things to come) dont Alexandre Corda tira un film en 1935. Si Wells est, comme Brian Aldiss l’a suggéré « le Shakespeare de la science-fiction » [1], c’est parce qu’il a manifesté la volonté d’apparaître comme le prophète d’un siècle où l’on pressentait que la science était capable non seulement de reconstruire le passé mais aussi d’anticiper l’avenir. Pour Shakespeare, l’immortalité de ses propres vers était l’unique défi à opposer au temps. Wells mit au point dans son laboratoire de l’imaginaire, une machine à explorer le temps et, à son bord, il s’embarqua pour des voyages de découverte. Lire la suite…

Interview de Pierre Guillaumat, le constructeur de la bombe française, 1986

24 septembre 2013 Laisser un commentaire

« L’opinion publique… l’opinion publique, qu’est-ce que c’est l’opinion publique ? », nous demanda-t-il. Le Parlement, l’opinion publique, à quoi bon ? Pierre Guillaumat se sentait sûr de ce qu’il faisait, du service des mines à la recherche pétrolière, du nucléaire civil à la bombe. « Aux enfers, il y a l’opinion publique, ailleurs, je ne l’ai jamais vue », ajouta-t-il sans regret.

Pierre Guillaumat nous a reçu dans son bureau au dernier étage de la tour Elf, le 10 septembre 1986, cinq ans avant sa mort. L’entretien faisait partie d’une grande enquête pour le quotidien allemand Die Tageszeitung (taz) sur le nucléaire en France. La rencontre avec Pierre Guillaumat était cruciale pour l’enquête journalistique en cours. Elle m’a laissé en outre une forte impression de sa personnalité.

Au cours de l’entretien, Pierre Guillaumat me paraissait avant tout d’une franchise certaine et d’une volonté presque étonnante de répondre aux questions les plus diverses. Ses récits de l’histoire de la bombe, du marchandage autour d’Euratom ou du fonctionnement de « son Corps des mines » apportent des éléments politiques et historiques intéressants. Mais ils sont aussi une démonstration rare du mode de fonctionnement d’un haut fonctionnaire de l’État, d’un « corpsard » en sus. Il est dommage – et dommageable – qu’aujourd’hui encore trop souvent l’arrogance des hommes d’État l’emporte sur le débat et l’échange. Les membres du prestigieux Corps des mines apparaissent particulièrement souvent comme au-dessus de toute demande de justification de leurs discours et de leurs actes de la part des représentants de « l’opinion publique »… si demande en est faite. Le cinquantième anniversaire du CEA est une bonne occasion pour rendre publique ce document dans sa quasi totalité, Pierre Guillaumat ayant été l’architecte de son développement.

Georg Blume et Mycle Schneider Lire la suite…

Robert Nadeau, Contre le scientisme, 1986

14 février 2012 Laisser un commentaire

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Je prendrai le parti délibéré de vous faire voir que maintenant, quarante ans après la toute première publication, sous forme d’articles de revue, de Misère de l’historicisme de Karl Popper, vingt-cinq ans après la parution en traduction anglaise de La logique de la découverte scientifique du même auteur, il nous faut encore ouvrir un nouveau front de bataille : et je plaiderai pour que vous tous m’y rejoigniez au premier rang, face à l’adversaire.

S’il est une tâche que Popper s’est librement assignée, c’est bien celle de contribuer non seulement à mettre en lumière l’authentique rationalité de la pensée scientifique, mais aussi à jeter le discrédit sur des conceptions épistémologiques vaines et nuisibles à la croissance du savoir. Et au cours des dernières années, plusieurs ouvrages ont été consacrés soit à interpréter la signification propre du falsificationnisme, soit à présenter de façon systématique le rationalisme critique, soit encore à défendre les conceptions épistémologiques attaquées par Popper, en particulier l’inductivisme confirmationniste. Aucune étude à ce jour n’a été consacrée à ce qui pourrait pourtant être à juste titre considéré comme la plus importante des conceptions inauthentiques de la connaissance scientifique, celle que Popper a baptisée du nom de « scientisme ». Car si, pour Popper et pour nous, le scientisme était effectivement « l’imitation de ce que certains prennent à tort pour la méthode et le langage de la science » 1, une tâche urgente que pourrait se donner l’épistémologie contemporaine serait bien de débusquer cette ridicule façon de faire des antres où elle se cache. Voilà l’identité de l’ennemi.

Mais où donc se terre-t-il ? Non loin de vous : ici même au collège, ou encore à l’école, à l’université, au premier chef dans l’esprit dit « scientifique » des collègues qui pratiquent ou enseignent les sciences, mais encore et surtout, parce qu’il s’y est subrepticement introduit, dans l’esprit de chacun d’entre nous fort probablement. Mais, me direz-vous, comment cela est-il possible ? Lire la suite…

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