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Posts Tagged ‘1983’

Henri Lefebvre, Sur les situationnistes, 1983

13 janvier 2019 Laisser un commentaire

La Critique de la vie quotidienne d’Henri Lefebvre a nourri les situationnistes au cours d’une amitié qui a duré « environ quatre à cinq ans » Dans cet entretien inédit réalisé par Kristin Ross en 1983, Henri Lefebvre raconte comment s’est noué ce rapport, autour de quelles thématiques : de nouvelles manières d’arpenter la ville, la nécessité de transformer l’urbain, et la Commune de Paris comme fête. Entre Amsterdam, Strasbourg, Navarrenx et Paris, du groupe CoBrA à Mai 68, Lefebvre retrace la grande fresque du moment « situ », de ses audaces et de ses sectarismes. Entre récit de rupture et témoignage bienveillant, Lefebvre revient sur une séquence d’innovations théoriques, artistiques, militantes qui ont bouleversé la théorie et la pratique révolutionnaires. Lire la suite…

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Gilbert Simondon, Sauver l’objet technique, 1983

9 septembre 2018 Laisser un commentaire

Quand on parle des techniques, c’est en général d’un point de vue qui leur est extérieur, que ce soit celui de l’organisation du groupe social, des conditions de vie ou de travail des individus, de l’équilibre de la nature, etc. Il s’agit alors de discuter de l’efficacité, de l’utilité des outils et des machines. Depuis plus de vingt ans, Gilbert Simondon – par ailleurs titulaire d’une chaire de psychologie générale à l’université de Paris V – propose une approche différente, non utilitaire. A l’image de l’objet esthétique dont la pensée contemporaine, reconnaît l’autonomie et la spécificité, il avance qu’il y a des objets techniques 1. Ceux-ci existent et valent en eux-mêmes, d’une manière singulière, appelant une étude propre.

Anita Kechickian : Vous écriviez, en 1958, qu’existait une aliénation produite par la non-connaissance de l’objet technique. Est-ce toujours dans cette perspective que vous poursuivez vos recherches ?

Gilbert Simondon : Oui, mais je l’amplifie en disant que l’objet technique doit être sauvé. Il doit être sauvé de son statut actuel qui est misérable et injuste. Ce statut d’aliénation se trouve même, en partie, chez des auteurs remarquables comme Ducrocq 2 qui parle « des esclaves techniques ». Il faut donc modifier les conditions dans lesquelles il se trouve, dans lesquelles il est produit et dans lesquelles surtout il est utilisé, car il est utilisé de façon dégradante. L’automobile, objet technique dont tout le monde se sert, est quelque chose qui se fane en quelques années parce que la peinture n’est pas destinée à résister aux intempéries, et parce qu’elle est souvent mise après que les points de soudure électrique aient été faits. En sorte qu’à l’intérieur des assemblages de la carrosserie se niche une rouille féconde qui démolit une voiture en quelques années, alors que le moteur est encore bon. Ce simple fait entraîne la perte de tout l’édifice technique. C’est contre un semblable écrasement que je m’élève. Lire la suite…

Gilbert Simondon, Save the Technical Object, 1983

9 septembre 2018 Laisser un commentaire

The following is an English translation of a 1983 interview that Simondon gave to the French magazine Esprit #76, april 1983.

Anita Kechickian: In 1958 you wrote about alienation produced by non-knowledge of the technical object. Do you always have this in mind as you continue your research?

Gilbert Simondon: Yes, but I amplify it by saying that the technical object must be saved. It must be rescued from its current status, which is miserable and unjust. This status of alienation lies, in part, with notable authors such as Ducrocq, who speaks of “technical slaves”. It is necessary to change the conditions in which it is located, in which it is produced and where it is used primarily because it is used in a degrading manner. The automobile, a technical subject that everyone uses, is something that fades in a few years because the paint is not intended to resist weathering, and because it is often after electric welding points have been made that at the interior of the assembly of the body there develops a rust which demolishes a car in a few years, whereas the engine is still good. This fact leads to the loss of the entire building of technics. It is a similar crushing that I stand against. Lire la suite…

Ivan Illich, L’énergie, un objet social, 1983

5 août 2018 Laisser un commentaire

Il y a peu en commun entre le symbole « E » qu’utilise le physicien et l’« énergie », quand ce mot est utilisé par un économiste, un politicien ou un passionné de moulins à vent. « E » est un algorithme, « énergie », un mot chargé de sens. « E » n’a de sens que dans une formule, le mot « énergie » est lourd d’implications cachées : il renvoie à un subtil « quelque chose » qui a la capacité de mettre la nature au travail. C’est quand il parle à ses clients que l’ingénieur dont la routine consiste à s’occuper de mégawatts prononce le mot « énergie ». Aujourd’hui, l’énergie a détrôné le travail en tant que symbole de ce dont les individus et les sociétés ont besoin. C’est un symbole qui va comme un gant à notre époque : celui de tout ce qui est à la fois abondant et rare. Lire la suite…

Jacques Roger, Biologie du fonctionnement et biologie de l’évolution, 1983

2 septembre 2012 Laisser un commentaire

« Pour expliquer une machine, on ne sçauroit mieux faire que de proposer son but et de montrer comment toutes ses pièces y servent »

Leibniz, Suite de la réponse à Nicaise

 

« Dans l’étude de n’importe quel système biologique, à n’importe quel niveau de complexité, on peut poser deux types de questions : quel en est le fonctionnement ? et quelle en est l’origine ? »

François Jacob, Le jeu des possibles, p. 65.

 

Résumé :

La biologie expérimentale classique est une science relativement jeune. Annoncée par les intuitions de Descartes et le projet théorique de Lamarck, elle ne s’est affirmée que dans la seconde moitié du XIXe siècle grâce aux travaux des grands physiologistes allemands (Dubois Reymond, Karl Ludwig von Helmholtz) et français (Claude Bernard et ses disciples, Paul Bert, etc.). De la physiologie, elle a gagné l’embryologie, puis la bio-chimie. Adoptant la physique classique comme modèle de scientificité, cette biologie s’est voulue expérimentale, opérant sur des objets identiques, réductionniste, déterministe et causale. Par ses succès ininterrompus depuis 1850, elle s’est acquis un statut scientifique bien défini et parfaitement respecté.

Cependant, depuis la renaissance du darwinisme sous la forme de la Théorie synthétique de l’évolution, un nouveau type d’explication biologique s’est développé. Déjà décrite par Julian Huxley (1942), G.G. Simpson et Th. Dobzhansky, cette biologie a été développée par Ernst Mayr sous le nom de « biologie de l’évolution », par opposition à la « biologie du fonctionnement » que constitue la biologie classique. Cette nouvelle biologie cherche à expliquer l’existence des structures morphologiques ou comportementales par l’évaluation de leur « valeur sélective ». Par son caractère de reconstruction historique et son usage de la téléonomie, elle relève d’une épistémologie spécifique, exige une prudence particulière, mais contribue à notre compréhension de la nature et des formes vivantes. Lire la suite…

Pascal Acot, Darwin et l’écologie, 1983

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Au cours des années 1960, le point de vue selon lequel Charles Darwin aurait joué un rôle important, sinon décisif, dans l’histoire de la constitution de l’écologie s’est imposé à la plupart des rares historiens de la biologie qui se sont penchés sur la question. La popularisation croissante de l’idéologie écologiste au cours de cette période a probablement contribué à focaliser sur cette problématique les études darwiniennes, puissamment relancées à l’occasion du centenaire de la publication de L’origine des espèces. Lire la suite…

André Pichot, Explication biochimique et explication biologique, 1983

8 septembre 2011 Laisser un commentaire

Résumé

Cet exposé esquisse une étude de la capacité de la biochimie à expliquer la notion de vie et les processus vitaux, d’abord dans le cadre d’une conception classique, puis dans celui d’une conception où la vie est considérée comme le processus de totalisation de l’être par lui-même en une entité distincte de son milieu extérieur.

Summary

This paper outlines a study of the ability of the biochemistry to explain the notion of life and the vital processes, first by a conventional way, then by regarding the life as the totalizing process of the living that makes itself an individual distinct from its environment.

Définitions

Biochimie : Partie de la chimie qui traite des phénomènes vitaux.

Biologie : Science qui a pour objet l’étude des phénomènes communs à tous les êtres vivants, animaux et végétaux.

(Petit Robert – Edition 1972)

 Quant à nous, nous dirons que la biologie est l’étude de la vie et des êtres vivants en ce qu’ils ont de spécifique comparativement aux objets inanimés, et que la biochimie est l’analyse physico-chimique des dits êtres vivants. Celle-ci n’est donc qu’une méthode parmi d’autres, une façon d’approcher une biologie encore à faire. Lire la suite…

Jacques Merleau-Ponty, Le mécanisme et les avatars du mouvement perpétuel, 1983

1 août 2011 Laisser un commentaire

Le thème de la faiblesse de l’homme, de sa position précaire dans la nature est certainement l’un des plus anciens et des plus exploités dans la pensée judéo-hellénique ; quelles qu’aient été les explications et exhortations des religions et philosophies antérieures, la réponse qui commence à s’élaborer au XVIIe siècle, en même temps que s’établissent les fondements de la science moderne, présente quelques caractères absolument originaux : elle est technologique et trouve son fondement rationnel dans une nouvelle philosophie dont les principes sont supposés s’étendre à tout l’Univers. Lire la suite…