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Posts Tagged ‘1979’

Pierre Souyri, La généralisation de l’automation, 1979

Vraisemblablement, le capitalisme va chercher à combiner les diverses ripostes qu’il peut opposer à la chute du taux de profit, plutôt que de se lancer à fond dans des politiques aux conséquences au demeurant réactionnaires de réduction massive du capital variable par la baisse des salaires et d’organisation du chômage dans les pays avancés, et qui, à terme, mèneraient le système à l’impasse et sans doute à la régression historique. L’utilisation conjointe et combinée des politiques inflationnistes, de stagnation et de baisse du niveau de vie, d’appel à la main-d’œuvre immigrée et d’exportation de certaines industries, se réalise dans les faits depuis 1974 et contribue certainement au rétablissement partiel du taux de profit. Mais de telles politiques risquent d’être très conjoncturelles. Pour exploiter les innovations technologiques que le système a mises en réserve et implanter les nouveaux ensembles productifs fondés sur une technologie de pointe à haute productivité, il faut réaliser un bond en avant dans les techniques mêmes de l’organisation du travail, c’est-à-dire généraliser l’automation dans les usines et les bureaux.

Pierre Souyri, La dynamique du capitalisme au XXe siècle, éd. Payot, 1983, p. 246. Lire la suite…

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Pierre Thuillier, Gentille science et vilaines applications, 1979

20 juillet 2011 Laisser un commentaire

Récemment, à la demande de la commission des Communautés Européennes, une enquête a été effectuée afin de déterminer « les attitudes du public européen face au développement scientifique et technique ». Les résultats sont bien intéressants. Et en particulier ceux qui concernent « la distinction entre la science et ses applications » (1).

Cette fameuse distinction (est-il nécessaire de le rappeler) occupe une place de choix dans le folklore idéologique des sociétés dites avancées. Il y a la Science, qui est intrinsèquement bonne, et puis les utilisations de la Science, qui sont parfois mauvaises. Ces prémisses étant admises, le reste va de soi. Puisque la science est bonne, il faut la promouvoir, l’encourager, la développer. Mais il est bien entendu que les scientifiques, quoi qu’il arrive, ne sont pas responsables surtout des mauvaises applications pratiques. (Car pour les bonnes, c’est autre chose ; mais bref, ne faisons pas de mauvais esprit). Chacun son métier et les vaches seront bien gardées. Les utilisations, ça regarde la société. Les chercheurs, eux, ne s’occupent que du progrès des connaissances pures. Leur aventure est toute spirituelle. Lire la suite…