Archive

Posts Tagged ‘1965’

Hans Magnus Enzensberger, L’industrie culturelle, 1965

21 juillet 2019 Laisser un commentaire

Chacun, fût-il l’être le moins indépendant, se flatte d’être souverain dans le domaine de sa conscience. Depuis qu’il n’est plus question que de l’âme, qu’on fasse appel au confesseur ou au psychanalyste, la conscience passe pour le dernier refuge que le sujet, devant un monde catastrophique, cherche et croit trouver en lui- même, comme si c’était une citadelle capable de résister à un siège quotidien. Même dans les pires conditions, celles du pouvoir totalitaire, nul ne veut s’avouer à lui-même qu’il y a peut-être longtemps déjà que la citadelle est tombée [1]. Nulle illusion n’est plus tenace, tant est vaste et profonde l’influence de la philosophie, même sur ses détracteurs. Car la fausse croyance que l’individu, faute de l’être ailleurs, peut rester le maître dans sa propre conscience est le produit d’une philosophie qui n’a cessé de dégénérer de Descartes à Husserl, une philosophie essentiellement bourgeoise, un idéalisme en pantoufles, ramené à la mesure du particulier. Lire la suite…

Paul Tibbets, J’ai lancé la bombe atomique sur Hiroshima, 1965

16 juin 2017 Laisser un commentaire

Battu sur terre et sur mer, le Japon poursuit quand même la lutte [c’est faux, le Japon à cherché à capituler plusieurs mois auparavant; NdE]. Le 6 août 1945, un quadrimoteur américain apparaît au-dessus du Japon. Il emporte vers Hiroshima l’arme terrible qui va bouleverser le monde. Le Général Paul Tibbets, commandant de la super-forteresse volante qui bombarda Hiroshima, raconte pour la première fois les détails de sa mission.

Jusqu’en février 1943, je fus stationné en Afrique du Nord où je dirigeais un groupe de bombardiers B-17. C’est là qu’un beau jour je fus convoqué chez le général Doolittle :

« Le général Arnold me demande mon meilleur spécialiste en bombardement. Puisque vous avez terminé votre tour d’opérations, c’est vous que j’enverrai. Préparez-vous à rentrer immédiatement. »

De retour aux États-Unis, je fus affecté aux essais et à la mise au point définitive du nouveau bombardier B-29, celui que nous allions appeler la « super-forteresse volante ». Je pus ainsi étudier à fond ce type d’appareil, d’autant que je possédais, en plus de ma formation strictement militaire, un bagage technique assez considérable. C’est à cette époque, alors que je me trouvais au Nouveau-Mexique, que j’eus une première indication de la mission capitale qui allait bientôt m’échoir. Lire la suite…