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Posts Tagged ‘1909’

Edmond Perrier, Hommage à Jean de Lamarck, 1909

23 avril 2018 Laisser un commentaire

Ce discours a été prononcé, le 13 juin 1909, à la cérémonie d’inauguration du monument de Jean de Lamarck, en présence du Président de la République, de S. A. S. Albert Ier, prince de Monaco, et de nombreuses notabilités.

Pour avoir rendu vraisemblable, à force d’arguments patiemment et habilement rassemblés, l’idée que les ressources de forces et de substances de notre globe ont été suffisantes pour créer l’infinie variété des formes vivantes, et maintenir séparées leurs lignées durant de longues suites de générations, Charles Darwin eut, en Angleterre, des funérailles nationales et fut inhumé à Westminster ; dans quelques jours, l’Université de Cambridge fêtera en grande pompe le centième anniversaire de la naissance de son glorieux élève. Par une remarquable coïncidence, cette même année 1909 est aussi le centième anniversaire de la publication d’une œuvre capitale : la Philosophie zoologique, où Jean de Lamarck proclame que les êtres vivants sont l’œuvre graduelle de la Nature ; qu’après avoir formé les plus simples d’entre eux, elle a su les modifier, les compliquer, suivant les temps et les lieux, et que le corps humain lui-même, en tant que forme matérielle, a été soumis aux lois qui ont dominé cette grandiose évolution. Lire la suite…

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Bernard Brunhes, La dégradation de l’énergie dans l’être vivant, 1909

3 août 2011 Laisser un commentaire

En 1944, Erwin Schrödinger publie son ouvrage Qu’est-ce que la vie ? où il tente d’expliquer les êtres vivants en tant que phénomènes physiques, notamment à l’aide de la thermodynamique. Pour expliquer la présence de « l’ordre » à l’intérieur des êtres vivants, il introduit à cette occasion l’idée que les organismes produisent une entropie négative, ou néguentropie, qui s’opposerait à la tendance naturelle au « désordre » que l’on observe dans d’autres systèmes.

Nous discuterons plus précisément ailleurs en quoi cette approche — toujours utilisée aujourd’hui par certains biologistes — est profondément erronée. En attendant, nous reproduisons ci-dessous le chapitre XIII du livre de Bernard Brunhes, La dégradation de l’énergie, paru en 1909, et qui montre en quoi les êtres vivants ne sont pas des phénomènes surnaturels et sont soumis, tout comme les autres phénomènes, au second principe de la thermodynamique. Ce chapitre constitue donc une réfutation de la notion de néguentropie plus de trente ans avant sont invention !

 

§ 1. — EXISTE-T-IL UNE THERMODYNAMIQUE SPÉCIALE À L’ÊTRE VIVANT ?

 

Robert Mayer avait su deviner que le principe de l’équivalence de la chaleur et du travail s’applique à la machine animale, la plus compliquée de toutes : ce sont ses réflexions sur l’origine du travail fourni par l’être vivant qui lui ont suggéré sa découverte immortelle. Par contre, les physiciens anglais qui ont apporté leur contribution à la thermodynamique, et particulièrement au second principe, se sont posé la question de savoir si l’être vivant obéissait à ce second principe. Thomson, dans le mémoire célèbre où il a, pour la première fois, déduit du principe de Carnot la « tendance universelle à la dissipation de l’énergie mécanique » dans le monde, déclare qu’elle n’est que proba­ble dans les phénomènes qui s’accomplissent dans les animaux et les végétaux. Joule exclut de ses raisonnements les « forces qui opèrent par l’intervention mystérieuse de la vie ». Plus tard, Helmholtz lui-même paraît avoir tout au moins envisagé l’hypothèse d’une restauration possible de l’énergie utilisable dans les êtres vivants. Lire la suite…