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Samuel Butler, Le livre des machines, 1870

Introduction

Ce fut pendant mon séjour dans la Cité des Collèges de Déraison – cité dont le nom érewhonien est si cacophonique que j’en fais grâce au lecteur – que j’appris l’histoire de la révolution qui avait eu pour résultat d’anéantir un si grand nombre des inventions mécaniques en usage auparavant.

M. Thims m’emmena faire visite à un monsieur qui avait une grande réputation de savant, et qui était en même temps, à ce que me dit M. Thims, un homme assez dangereux, car il avait tenté d’introduire un adverbe nouveau dans le langage hypothétique. Il avait entendu parler de ma montre et il avait vivement désiré me voir, car il passait pour le plus savant archéologue de tout Erewhon en ce qui concernait l’ancienne mécanique. Notre conversation tomba sur ce sujet, et en partant il me donna un exemplaire d’une réédition du livre qui avait provoqué la révolution.

Elle avait eu lieu environ cinq cents ans avant mon arrivée, et il y avait beau temps que les gens s’étaient faits à ce changement, bien qu’au moment où il se produisit tout le pays se fût trouvé plongé dans la détresse la plus profonde et qu’une réaction qui s’ensuivit faillit presque réussir. La guerre civile fit rage pendant de nombreuses années et on dit qu’elle détruisit la moitié de la population. Les deux partis s’appelaient les Machinistes et les Antimachinistes, et à la fin, comme je l’ai dit, les Antimachinistes eurent le dessus, et traitèrent leurs adversaires avec une dureté tellement inouïe que toute trace d’opposition fut anéantie. Lire la suite…

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Sur les phénomènes, les causes et les conséquences de l’ivresse

2 octobre 2011 Laisser un commentaire

Ce texte est une note issue du “Guide théorique et pratique du fabricant d’alcools et du distillateur” publié à Paris à la Librairie du Dictionnaire des Arts et Manufactures en 1870.

Notre dessein est d’exposer, dans cette note, les principales bases d’une opinion qui semble choquer certaines idées reçues. Recherchant la simplification, même en matière de raisonnement spéculatif, nous croyons très-peu au complexe, lorsqu’il nous semble que ce complexe ne représente qu’un imbroglio intéressé. Combien ne voyons-nous pas, en effet, de docteurs contemporains qui, peu au courant de ce qu’ils pensent ou de ce qu’ils croient penser, s’amusent à embrouiller ce qu’ils appellent leurs idées, afin de les rendre moins accessibles à tous ? C’est là le côté intéressant de leurs élucubrations. Si elles étaient compréhensibles, elles n’inspireraient que de l’indifférence. Et encore est-ce pour ne rien dire de plus sévère et de plus justement mérité que nous employons ce terme anodin, qui ne peut guère offenser de tels génies. Lire la suite…

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