Les pamphlets de Joseph Townsend, 1786-1788

Joseph Townsend,

A Dissertation on the Poor Laws,
by a Well-Wisher to Mankind
, 1786.

Observations on Various Plans
offered to the Public
for the Relief of the Poor
, 1788.

 

Dans sa Dissertation sur les lois d’assistance publique, par un ami de l’humanité, ce qui gêne le plus le Révérend Joseph Townsend (1739-1816) n’est pas tant qu’il y ait des pauvres – il y en a toujours eu et il estime que c’est dans l’ordre divin des choses – mais qu’ils soient devenus aussi visibles depuis la Réforme et la dissolution des monastères qui les nourrissaient.

Les plus bruyants et les plus revendicatifs sont « les paresseux et les indigents » qui sont devenus « une nuisance ». Pour « les faire taire et les occuper », la monarchie a édicté des loi sur les pauvres (Poor Laws). Or, il y a un problème avec les lois (surtout celle-ci) : si les lois pouvaient faire le bonheur d’un pays « nous serions comme une ruche prospère ». Celle-ci produit l’effet inverse : elle ne fait guère qu’encourager l’oisiveté et le vice. De plus, elle s’applique aussi à ceux qui « par fierté refuseraient d’être secourus et que l’on soulagerait mieux en laissant libre cours aux grandes lois de la nature humaine, l’attachement filial et la bienveillance générale de l’humanité ». C’est, du reste, dans les régions où il y a le moins de secours que les gens se plaignent le moins et sont le plus travailleurs.

Alors qu’il disqualifie, comme causes de la pauvreté, le prix du blé, du savon, du cuir, des chandelles et autres produits nécessaires à la vie quotidienne, il n’évoque pas – ou à peine, en passant – les législations successives qui ont permis les enclosures et ont dépossédé le menu peuple rural de son arrière base vivrière et ne lui ont laissé que la possibilité de vendre sa force de travail. Il pense même, au contraire, que les propriétaires terriens devraient être libres de réaliser ces enclosures sans que la loi s’en mêle.Lire la suite »