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Archive for the ‘écologie’ Category

Jean-Baptiste Fressoz, Désintellectualiser la critique est fondamental, 2018

22 novembre 2018 2 commentaires

C’est un mot qui a trouvé sa place dans les débats environnementaux : Anthropocène. Les humains seraient ainsi devenus une force géologique à même de modifier le système Terre. Si le concept a un certain mérite, il a toutefois la fâcheuse tendance d’unifier l’humanité de manière indifférenciée : désigner l’espèce humaine comme responsable de la crise environnementale, c’est oublier les rapports économiques, sociaux et coloniaux qui, sous l’effet de la classe dominante, ont conditionné le changement climatique. Co-auteur, avec Christophe Bonneuil, de L’Événement Anthropocène, Jean-Baptiste Fressoz est historien des sciences et des techniques : en interrogeant les catégories et les récits qui nous permettent de penser la crise climatique, il souhaite repolitiser l’histoire longue de l’Anthropocène. Nous rencontrons l’historien dans une librairie toulousaine. Lire la suite…

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Bernard Charbonneau, Écologie, espace géographique, temps historique, 1989

4 octobre 2018 Laisser un commentaire

Résumé

L’originalité de l’écologie est d’être une science synthétique, étudiant les ensembles ou écosystèmes naturels. Elle a inspiré un mouvement « écologique », dénonçant les menaces que le système industriel fait peser sur la nature : id est l’écosystème planétaire où intervient l’homme.

Or deux autres disciplines à vocation synthétique pourraient compléter une écologie limitée à la nature : la Géographie et l’Histoire. La géographie étudie les ensembles naturels et humains dans le cadre de l’espace local et terrestre, comme l’histoire dans celui du temps. Mais l’accumulation des informations contraint la géographie et l’histoire à devenir de plus en plus scientifiques, techniques et spécialisées. Elles risquent ainsi de trahir leur vocation de connaissance synthétique dans le cadre de l’espace-temps. L’écologie, la géographie et l’histoire peuvent-elles s’unir pour une connaissance de l’ensemble vivant, naturel et culturel, fruit de l’action humaine sur terre ? Dans l’état actuel de la recherche scientifique est-ce possible ? Est-ce la seule affaire des sciences ? Lire la suite…

Jean-Baptiste Fressoz & Fabien Locher, L’agir humain sur le climat et la naissance de la climatologie historique, 2015

16 septembre 2018 Laisser un commentaire

Résumé

L’idée d’un changement climatique, causé par l’homme ou par des facteurs naturels, s’est imposée peu à peu, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. La climatologie historique a émergé, dès cette époque, pour l’étudier grâce à un regard rétrospectif sur les registres météorologiques, les sources historiques, les végétations anciennes et l’évolution des fleuves et des glaciers. Dès 1671, Robert Boyle recommande d’observer le temps pour étudier l’action humaine sur le climat. Des enjeux multiples ont contribué à cette historicisation : la colonisation de l’Amérique du Nord et la comparaison transatlantique des climats ; l’essor d’un discours historique mêlant processus de civilisation des peuples et amélioration climatique ; le projet des monarchies éclairées d’améliorer le climat ; la volonté de percer le mystère des cycles météorologiques ; et enfin l’émergence d’une conception historiciste de la nature (la géologie, les théories de la Terre). Les théories influentes de Richard Grove et Dipesh Chakrabarty sur les liens entre histoire, climat et réflexivité environnementale des sociétés sont ici réinterrogées. Lire la suite…

Jean-Baptiste Fressoz, Biopouvoir et désinhibitions modernes, 2013

16 septembre 2018 Laisser un commentaire

La fabrication du consentement technologique au tournant des XVIIIe et XIXe siècles

Résumé

La notion foucaldienne de biopouvoir permet de retourner la question mal posée de la « prise de conscience environnementale » et de ses origines historiques. D’une part elle souligne que la politisation de l’environnement possède une longue histoire puisant certaines de ses racines dans la biopolitique, dans la gestion conjointe des environnements et de la santé des populations ; de l’autre elle focalise le regard historien sur l’imposition technologique et la résorption de sa critique. Trois exemples de désinhibitions modernes au tournant des XVIIIe et XIXe siècles sont étudiés : le basculement des étiologies médicales de l’environnemental au social, l’application de la notion de risque à la gestion de la vie, la définition expertale des caractéristiques du vaccin après 1800. Lire la suite…