Jean-Paul Malrieu, Les temps de la recherche, 2021

Loin de l’image d’Épinal du chercheur méditant dans l’enceinte apaisée de son laboratoire, la recherche scientifique est aujourd’hui soumise à la même accélération frénétique que le reste de la société. Le physicien moléculaire Jean-Paul Malrieu revient dans son témoignage sur la manière dont l’utilitarisme et la valeur instrumentale sont en train de bouleverser le temps de la recherche.

 

Les pratiques de la recherche scientifique sont multiples et très hétérogènes. Quelles similitudes entre la recherche de Philippe Descola, anthropologue passant trois ans immergé chez les Shuars en Amazonie, et celle de Serge Haroche, physicien spécialiste des atomes froids, entre celle d’un mathématicien et celle d’un historien de Sumer ? Les rapports au temps de leurs pratiques spécifiques peuvent-ils avoir quelque similitude ? Ils appartiennent pourtant tous à un même fragment du monde, ils sont passés par des canaux académiques parallèles, ils ont obtenu des positions similaires dans des institutions semblables, organismes de recherche ou universités, et ils sont gouvernés par les mêmes princes et leurs intendants, qui n’ont, ni les uns ni les autres, les compétences pour entrer dans les démarches de la recherche ni l’expérience d’aucune de ces pratiques.

Je travaille au sein d’une discipline somme toute mineure, la chimie quantique, qui applique les principes de la physique quantique à la compréhension des propriétés spécifiques des membres de cette myriade d’objets que produit la chimie. Je relève donc d’une pratique de théoricien, et mon expérience est très partielle. Mais je perçois des éléments, dans notre rapport au temps, qui me semblent assez universels. Un temps en principe lent, où nous appliquons une attention soutenue, mais un temps marqué de loin en loin par des ruptures, nées de logiques internes ou du surgissement de questions nouvelles. Il existe des projets de longue haleine, très ambitieux : individuels, tels ceux de Jules Michelet dont on lit les récits historiques comme des romans bien qu’ils soient appuyés sur une gigantesque documentation ; collectifs, comme celui de refonder les mathématiques sur une axiomatique cohérente, mené par le groupe d’anonymes cachés derrière le nom de Bourbaki [1]. La plupart des recherches ont des ambitions plus modestes.

La clef du problème

Quand adoptons-nous un problème, et d’où nous vient-il ? Dans quelques cas, le problème est déjà posé, repéré, monument énigmatique posé sur la place publique de la connaissance depuis un certain temps, voire des siècles, comme ce fut le cas du théorème de Fermat [2]. En dehors des conjectures en mathématiques, rares sont les problèmes de ce type, identifiés et non résolus. En physique, ils concernent les relations de la physique quantique et de la relativité, les problèmes majeurs de la théorie des particules élémentaires et de la cosmologie. Dans un domaine plus pointu, on pourrait citer le phénomène de supraconductivité à haute température critique, qui demeure sans interprétation théorique.

En général, nous découvrons ou élisons nos problèmes de proche en proche. Nous pensons à une généralisation du problème sur lequel nous travaillions, ou à sa déclinaison dans un domaine connexe auquel nous n’avions pas pensé. Nos trajectoires peuvent ainsi être semblables à celle d’un historien comme Patrick Boucheron, qui n’a cessé de s’intéresser aux représentations politiques sur des moments proches et différents et sur des terrains voisins, entre similitudes et contrastes. Mais nous pouvons aussi rencontrer, par surprise, un problème tout autre que celui que nous nous posions, dont la portée nous paraît plus grande, et qui nous ouvre une autre porte, dans une autre direction, nous invitant à une sorte de bifurcation.

C’est aussi cette dimension de surprise, de non-programmé, qui fait le plaisir de la recherche : nous ignorions cette route orthogonale à celle que nous nous étions tracée et qui désormais nous paraît plus prometteuse. Une fois le problème repéré, la recherche de sa solution devient souvent quasi maniaque ou obsessionnelle. Quand nous avons fait nôtre un problème, ou qu’il s’est en quelque sorte emparé de nous, nous lui appliquons une attention au long cours, jusqu’à ce que nous lui ayons trouvé une certaine « solution ».

La recherche déductive, qui identifie les implications et les chaînes de causalité, suppose de la concentration et une focalisation sur l’objet soutenue dans le temps. Pour l’expérimentateur, c’est le temps de la conception du dispositif censé lui fournir une réponse univoque. Dans certaines phases, le théoricien peut ne penser qu’aux chemins possibles d’une démonstration ou d’une élucidation, dans son bureau, papier et crayon en main. À d’autres moments, on accepte de prendre une certaine distance, on sort du corps-à-corps, on laisse le problème flotter en arrière-plan de sa conscience, on escompte l’arrivée mystérieuse d’une idée décisive. Les brainstormings collectifs sont rares mais jubilatoires.

Don quichotte et coups de dés

La solution vient souvent à l’improviste, car notre construction mentale est obscure à elle-même. Erwin Schrödinger dit que l’idée décisive de l’introduction des nombres i (pour « imaginaire ») dans sa découverte de l’une des équations fondamentales de la mécanique quantique lui est venue par surprise, pendant les vacances, tandis qu’il prenait un bain après une journée d’escalade avec sa maîtresse dans les Dolomites. Mes meilleures propositions (d’un bien moindre niveau !) de solutions approchées de l’équation de Schrödinger me sont venues de façon impromptue, au réveil. Je n’ai jamais compris la relation entre ce déblocage soudain et la pression cognitive à laquelle je m’étais soumis pendant des semaines, à mon bureau, en voiture, voire sur mon tracteur quand j’étais aussi engagé dans une expérience agricole communautaire. Car la pression cognitive fonctionne aussi bien en mode intensif qu’en mode aléatoire.

J’ai beaucoup d’admiration pour l’idée générale et géniale de « groupe de renormalisation ». Cette idée met en évidence et exploite des similarités de structure lorsqu’on change d’échelle, en passant d’unités élémentaires en interaction à des ensembles d’unités elles aussi en interaction, avec des lois semblables, mais des intensités différentes ; ce qui se passe dans un bloc, puis entre blocs dans un bloc de blocs, etc. On doit cet instrument conceptuel, à la fois esthétique et puissant, à Kenneth Wilson, un physicien américain qui aurait passé sept ans à le concevoir, au détriment de publications plus routinières. Son statut et les libertés académiques qu’on accordait à l’époque aux universitaires lui ont permis cette focalisation féconde. Car le métier comptait alors de nombreux Don Quichotte, que la gestion moderne de la recherche traque et expulse désormais de nos institutions.

Pourquoi chercher à comprendre ?

J’ai parlé jusqu’ici des démarches déductives. Et si la technique les rendait obsolètes ? Trois instruments les mettent en cause.

Le premier est la simulation numérique. Ma discipline devient computationnelle : des codes informatiques permettent d’obtenir la solution approchée d’équations fondamentales appliquées à des cas particuliers. La précision de la prédiction devient la valeur suprême. On introduit dans l’algorithme tous les facteurs possibles, mais on ne sait même plus lesquels ont produit le résultat obtenu : cette duplication numérique du réel ne nous aide pas à comprendre. Nul besoin de penser ni de parler : on attend le nombre que donnera l’algorithme.

Ce qui nous mène au deuxième instrument : le machine learning (l’apprentissage automatique des machines), utilisant des analyses de données pour établir des relations complexes, empiriques mais prédictives, entre les caractéristiques d’un système et ses propriétés. On ne s’embarrasse plus de théorie, de principes et de déduction : seules comptent les réponses, si celles-ci sont plus performantes, on abandonnera les approximations logiques que nous construisions jusque-là, à grand-peine, pour approcher des solutions correctes. D’autant que les résultats sont obtenus en moins de temps et à moindre effort.

Vient enfin la révolution suivante, celle des réseaux neuronaux qui fournissent des réponses correctes par des câblages aléatoires dont nous ignorons l’architecture et le pourquoi de leur efficience. Si le critère est l’efficacité, pourquoi, en effet, continuer la recherche déductive, verbalisable ? Pourquoi identifier les chaînes de la causalité, les suivre et les énoncer, si la simulation sur ordinateur, l’intelligence artificielle ou les réseaux neuronaux nous donnent immédiatement une réponse sûre ?

Nos enfants grandissent, tablette en main, dans l’attente d’un retour immédiat, et leur environnement « silicié », cinétique, met peut-être en péril les capacités de concentration qu’exigent les acquisitions abstraites et, par là, la reproduction d’un type de savoir. Nous sommes peut-être arrivés à un moment historique ou anthropologique où la technique, fille de la science, tue sa mère.

La mise au pas de la recherche

Mais pensons de manière structurelle. Je suis entré au CNRS en 1964 ; il recrutait alors ses membres avant leur thèse d’État, et mon directeur de thèse, à qui je demandais sur quel sujet il pensait me voir travailler, m’a répondu : « Je vous fais confiance, choisissez votre sujet de thèse » – ce dont je lui sais gré. L’anecdote dit bien, par contraste, le changement qu’a subi le fonctionnement de la recherche. Quand je la raconte aujourd’hui, mes jeunes interlocuteurs restent incrédules.

L’évaluation était alors pratiquée a posteriori, et par des pairs. Les laboratoires recevaient des crédits récurrents, accordés pour quatre ans au vu des résultats obtenus dans les quatre années précédentes. Les projets affichés tenaient un moindre rôle qu’aujourd’hui, justement parce que la surprise ne se programmant pas, on faisait confiance aux groupes qui avaient prouvé leur créativité. Les dotations en hommes et en matériel étaient basées sur les recommandations de commissions de spécialistes, dont une moitié élue par l’ensemble des chercheurs et techniciens, l’autre désignée pour leur notoriété.

Les temps ont radicalement changé. La vérité est que nous sommes passés de la confiance à la suspicion, au contrôle tatillon et au dirigisme, tandis que les nouvelles règles du jeu modifient le temps des chercheurs et la nature même de la recherche. Comme d’autres pratiques sociales avant elle, la recherche est entrée dans un nouveau régime de temporalité, celui du projet et de l’évaluation permanente. À tous les niveaux, du chercheur à l’institution, en passant par le laboratoire. Les financements se font essentiellement sur la base de projets qui doivent se dérouler sur trois ans. La plupart d’entre eux relèvent de la recherche appliquée, sur des thèmes prédéfinis, et seul un tiers est réservé aux projets dits « blancs », c’est-à-dire formulés librement par les chercheurs. La rédaction même du projet, qui doit obéir à des normes très codifiées et inspirées du monde de l’entreprise, exige des chercheurs un temps considérable – disons trois « mois-chercheur ».

Lorsque, finalement, seuls 10 % des projets seront retenus, cette procédure aura dérobé à la recherche un temps considérable. Sans parler de la règle, surréaliste, à laquelle doit se plier le candidat, qui le contraint à annoncer à l’avance les résultats qu’il fournira (les « délivrables ») tous les six mois, pour les trois ans à venir ! C’est dire la place faite à la surprise. Chaque participant précise le temps qu’il s’engage à consacrer à cette recherche : négation totale de l’esprit même de la recherche. Bien sûr, les candidats mentent de deux façons : ils disent qu’ils vont résoudre une question à laquelle ils ont déjà trouvé une réponse mais qu’ils n’ont pas encore publiée, et ils annoncent par ailleurs qu’ils vont apporter des éléments nouveaux et décisifs à des problèmes majeurs. On leur pardonnera de n’avoir pas atteint des objectifs aussi ambitieux.

Le mensonge devient un savoir-faire crucial dans l’obtention des moyens nécessaires à la quête de vérité. Les chercheurs français, après un mouvement de refus, se sont pliés à cet exercice pervers. Ce faisant, nous avons entériné la fonctionnalisation de la recherche, sa soumission à des objectifs décidés par des responsables imperméables aux motivations de simple connaissance, et obéit à un modèle entrepreneurial.

Le carcan bibliométrique

La vie des chercheurs a profondément changé. Ceux qui disposent d’un statut stable sont de moins en moins nombreux, et l’on n’obtient éventuellement ce statut qu’au terme de plusieurs CDD. La précarité est une forme de fragilisation du temps et des parcours de vie, une école de soumission.

Mais celui qui a obtenu un CDI n’est pas délivré de la pression concurrentielle : il lui faut apporter à chaque instant la preuve de sa productivité. Publier, beaucoup et vite. Jusqu’à l’absurde. Des mandarins signent un nombre tel d’articles (Combien dites-vous, professeur Raoult ?) qu’on se demande s’ils ont seulement été en mesure de tous les lire. Mais toute la communauté, de haut en bas de la hiérarchie, joue ce jeu, car il y va de sa survie, celle des statutaires, mais surtout celle des précaires, doctorants et post-doctorants, qui aiment ce métier et à qui nous souhaitons donner leur chance d’y accéder. Nous savons pourtant les effets macroscopiques pervers de cette injonction à publier : trop d’articles, qu’on renonce à lire, dans trop de revues nouvelles. Dans le même temps, les revues scientifiques, même les plus cotées, peinent à trouver les referees en charge de juger de la qualité des articles soumis.

La bibliométrie gouverne désormais la recherche, à toutes les échelles. Comme les gestionnaires de nos institutions n’ont pas les savoirs qui leur permettraient une évaluation fondée, et comme on ne saurait laisser une communauté gérer son destin, ces décideurs ont construit des indicateurs « objectifs ». Le plus simple est le nombre de publications (ou de brevets). Mais tous les articles ne se valent pas. Comptons donc le nombre de fois où les articles sont cités et tirons-en un indice de reconnaissance individuel, le « h-index ». Mais toutes les revues ne se valent pas non plus et il nous faut inventer un indice qui les classe. Ce sera le « facteur d’impact » de la revue, le nombre moyen de citations que reçoivent les articles de cette revue dans les deux ans qui suivent leur parution. Deux ans ! C’est la prime aux sujets à la mode, qui ont déjà leur public, la prime au mainstream. Les articles vraiment originaux peuvent être difficiles à comprendre et les thèmes nouveaux ne trouver leur public que plus tard. Mais telle est la fébrilité où nous sommes plongés, fébrilité de la guerre, ou du marché, ce qui revient au même quand l’économie est une guerre où chacun est menacé de mort par la performance supérieure de son concurrent. Les grandes institutions elles-mêmes se sont soumises au classement de Shanghai, un indice composite dont le seul effet est de concentrer des instances de recherche en unités de plus en plus grosses, car il faut être gros pour être visible depuis Shanghai.

Le modèle libéral qui gouverne le monde depuis les années 1970-1980 n’a donc pas épargné le domaine de la recherche, qui était censé être non seulement un lieu de production de pouvoirs accrus sur la nature – et sur les hommes, reconnaissons-le –, mais aussi un lieu de mise au point, de recul, de réflexion et de construction d’interprétations à confronter calmement.

Réparer le temps de la recherche

Que le lecteur ne me renvoie pas aux oubliettes de la nostalgie. Je n’ai aucune affection pour les rigidités hiérarchiques du monde académique d’hier, et la compétition scientifique est une chose ancienne – on en sent déjà les aigreurs dans les échanges épistolaires entre Pascal et Fermat. Mais la précipitation concurrentielle en a décuplé les ravages. Il serait pourtant possible de rétablir des rapports plus sains à la production : atténuer les pressions compétitives ou, par exemple, baser l’évaluation sur les seules contributions que l’auteur considère essentielles, pour freiner la prolifération des publications. Si le monde sortait du diktat de la compétitivité, là comme ailleurs, nous pourrions le rendre plus habitable.

Mais une crise sans précédent nous menace, la crise écologique, qui interroge directement la place et les moyens de la recherche. Si, comme il est vraisemblable, nous devrons affronter des chocs sociaux majeurs et des pénuries graves, certaines thématiques de recherche trop coûteuses – celles de la big science [3] – devront être provisoirement abandonnées, ou poursuivies par des moyens plus légers.

Cependant, on entend trop souvent chez les écologistes deux types de discours qui, malheureusement, nient de fait la beauté et la grandeur de l’aventure scientifique. Les uns nous disent que la Terre est en feu et que toute la force réflexive des scientifiques devrait s’appliquer à la recherche des moyens de notre survie collective – à ça et à rien d’autre. Donc : remplacer un utilitarisme pervers par un utilitarisme d’urgence. D’autres développent une critique extrême. Ils disent que ce qui nous arrive est la sanction de l’hybris technologique, ce qui est vrai, et que la science étant mère de la technique, ce qui pour l’essentiel est vrai aussi, c’est la science qui doit être tenue pour responsable de la catastrophe en cours.

Le mouvement Survivre et Vivre, précurseur de la critique écologique dans les années 1970, a été confronté à ce dilemme. Son fondateur, Alexandre Grothendieck, génie des mathématiques, exigeait d’arrêter la recherche, et nous ne le suivions pas tous dans cette voie [4].

On sait ce que la mesure de l’impact du changement climatique et l’identification des mécanismes physico-chimiques enjeu doivent à la science. Mais au-delà d’un utilitarisme d’urgence, que gagnerions nous à nous priver des curiosités infinies qui nous ont fait nous pencher sur les ruines de Ninive, les coléoptères, la tectonique des plaques ou les couleurs des bulles de savon ? À nous priver des émerveillements qu’elles nous ont procurés ? La science est une des formes du verbe, un récit, faut-il abandonner le verbe ?

Il est possible de poursuivre l’aventure de dévoilement du monde, de quête de connaissances sur un mode attentif, respectueux, amical. C’était la posture contemplative des premiers astronomes ou des naturalistes. Le nombre de questions qu’on peut adresser au monde, y compris à ses sociétés, de façon non destructive, est infini. Et je plaide pour cette survie de la quête intellectuelle dans un temps réparé.

Jean-Paul Malrieu est physicien moléculaire,
directeur émérite de recherche au CNRS
et cofondateur du Laboratoire de physique quantique
de l’université Toulouse III.
Ses travaux portent sur les propriétés physiques des systèmes chimiques.
Personnalité engagée, il se montre très critique
envers le fonctionnement actuel de la recherche.

 

Il a notamment publié :
Dans le poing du marché.
Sortir de l’emprise libérale,
éd. Ombres Blanches, Toulouse, 2008.

La science gouvernée.
Essai sur le triangle science/techniques/pouvoir,
éd. Ombres Blanches, Toulouse, 2011.

 

Article publiée dans Socialter
hors-série n°10 “Libérer le temps”, juin 2021.

 


[1] En 1935, un groupe de mathématiciens français a commencé à publier des textes mathématiques sous le pseudonyme de Nicolas Bourbaki. Ils ont eu une influence majeure sur la discipline, et notamment sur le formalisme mathématique, c’est-à-dire la définition de concepts et l’introduction de notations mathématiques, encore utilisés aujourd’hui.

[2] Théorème concernant les entiers, d’énoncé très simple, deviné par Fermat au XVIIe siècle, démontré seulement à la fin du XXe siècle.

[3] La big science est celle qui exige des équipements très coûteux (grands accélérateurs de particules par exemple).

[4] En 1970, un groupe de chercheurs, parmi lesquels Jean-Paul Malrieu, se réunit autour du mathématicien Alexandre Grothendieck pour critiquer la militarisation de la recherche et les dérives technoscientifiques d’alors. Ils se baptisent Survivre et Vivre et fondent une revue du même nom dont l’influence sera majeure dans l’écologie politique, jusqu’à l’arrêt de sa publication en juin 1975. Voir Céline Pessis (dir.), Survivre et Vivre. Critique de la science, naissance de l’écologie (éd. L’échappée, 2014) ; cet ouvrage réunit des textes importants qui y ont été publiés et donne la parole aux anciens membres du groupe.

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