Paysans contre les normes, Destruction de l’élevage familial, 2021

« Le Collectif de paysan.ne.s contre les normes s’est créé en réaction au meurtre d’État de Jérome Laronze le 20 Mai 2017 à Sailly (71) à cause de ses positionnements contre les normes et l’administration. Le Collectif se voit comme un outil pour défier l’administration et l’organisation de l’industrialisation de la production agricole, destructrice du modèle paysan. L’objectif est de créer une force qui soit indépendante du piège cogestionnaire du syndicalisme, une force qui permettrait aux petits producteurs d’être enfin entendus. »

Ce que montre clairement les analyses et les actions de ce Collectif, c’est que le monde capitaliste actuel et les sociétés humaines qui en découlent, promeuvent, développent, privilégient certaines technologies, qui s’agrègent entre elles : manipulations génétiques, nanotechnologies, « augmentation » de l’humain (génétique, robotique, informatique), surveillance et numérisation de la société et des vies pour une société de plus en plus automatisée, centralisée et autoritaire, qui est présentée comme « innovante » et « meilleure ».

Les 9 et 10 janvier, dans le Puy de Dôme, ont eu lieu des rencontres du Collectif. Deux grands thèmes étaient abordés : où en sont les luttes contre l’industrialisation de la vie agricole ? quelle opposition formuler à la gestion sanitaire humaine actuelle au regard des expériences d’éleveurs et d’éleveuses ? Nous publions ici un texte qui était destiné à alimenter les débats de ces rencontres et que nous jugeons très intéressant.

 

Deux nouvelles attaques contre de petits éleveurs

En cette deuxième quinzaine de novembre 2020 en Maine et Loire, le monde de l’élevage familial vient de recevoir deux graves attaques dans l’indifférence syndicale générale : 10 mois de prison requis contre un éleveur accusé de maltraitance envers ses bêtes et la vente aux enchères dans le cadre de la liquidation judiciaire d’un jeune agriculteur installé hors cadre familial depuis 4 ans. Certains, peu aux faits des dispositifs bureaucratiques et industriels de mise en coupe réglée d’un secteur encore résiduellement autonome, n’y verront que le hasard du calendrier. Nous non.

Le 17 novembre était jugé un éleveur des Mauges [1] dont les bêtes ont été saisies par la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) et confiées à une association de « protection animale », l’OABA (Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattage [2]) : un taux de mortalité élevé chez l’éleveur aurait déclenché le contrôle de l’administration en charge des questions sanitaires. Il a été découvert quelques animaux maigres et crottés. L’éleveur en question achetait des bêtes de fin de marché à Cholet et Châteaubriant, plutôt maigres et mal en point, afin de les retaper : puisque personne n’en voulait et qu’elles seraient envoyées à l’équarrissage, il a décidé d’en faire son modèle économique.

Sans surprise, l’audience a été surréaliste pour qui connaît le monde de l’élevage : selon les parties civiles (l’OABA et la DDPP – Direction départementale de la protection des populations) et la procureure, l’éleveur aurait dû redoubler de soin et de paille pour ces animaux qu’il venait d’acheter, au risque de compromettre l’équilibre économique de son exploitation. Pourtant, deux ans plus tôt, l’exploitation, qui connaissait déjà des taux de mortalité similaires à ceux qui lui sont reprochés aujourd’hui, avait été jugée conforme lors d’un contrôle de la DDPP. Il semble que le tintamarre médiatique dont ont bénéficié les animalistes et végans sur la question du bien-être animal porte ses fruits et s’impose (s’infiltre ?) jusque dans les tribunaux.

La logique administrative étant ce qu’elle est, 20 % des bovins seront abattus et incinérés pour chauffer les fourneaux d’une cimenterie de Niort. La raison ? Un défaut d’identification (ce que conteste l’éleveur) remettant gravement en cause la sacro-sainte traçabilité. On comprend donc que la traçabilité – dont les effets sur la santé des populations sont plus que douteux étant donné les nombreux scandales ayant émaillé l’industrie agro-alimentaire ces dernières années [3] – est moralement supérieure au bien-être animal tant défendu par ailleurs. Comprenne qui pourra…

Loin d’être isolée, la « maltraitance » est l’argument clef de cette mécanique répressive, administrative et judiciaire : elle est bien documentée dans toute la France. Elle comporte d’ailleurs quelques acteurs récurrents parmi lesquels la DDPP, des associations de protection animale et des maquignons. Cette machine bureaucratico-industrielle permet de mettre l’élevage familial au pas, tout en contribuant à financer associations et négociants. Le pillage des élevages est en voie d’achèvement [4].

Une semaine plus tard, la machine judiciaire enterrait les rêves de vie avec les bêtes d’un jeune, installé depuis 4 ans, hors cadre familial, lors d’une vente aux enchères humiliante. Les 153 bovins de race « Rouge des prés », dont certains sélectionnés et primés à Paris, sont adjugés en un seul lot à la moitié de sa valeur à un acheteur au téléphone, un gros négociant et industriel de l’agroalimentaire bien connu dans la région [5]. Le marché du veau de boucherie étant au plus mal, nul doute que les 50 veaux du troupeau partiront à l’équarrissage : le bien-être animal peut bien attendre. Le commissaire-priseur, petit baron débarqué de son 4×4 rutilant, est venu faire le show [6] et piétiner de sa morgue ce jeune et sa famille. Le symbole est terrible.

Pourtant, de nombreux petits éleveurs avaient fait le déplacement de Normandie, de Mayenne et de Sarthe pour pouvoir acheter chacun quelques bêtes pour leur donner une vie digne. Il faut bien regarder les choses en face : l’État se fout de récupérer le plus d’argent possible, sinon il aurait vendu les animaux en petits lots. Ce que l’État veut, c’est démontrer sa capacité de vie et de mort sur nos exploitations et sur nos vies, nous qui sommes ses administrés [7].

Pendant la vente, l’éleveur et son épouse, têtes hautes, ravalent leur colère : ils n’ont rencontré personne pour les aider dans leurs difficultés. Gageons que le voisinage s’entre-déchire déjà pour se partager les terres. Le dernier espoir de cet éleveur avant de tourner la page ? Qu’une assistante sociale de la MSA (Mutuelle sociale agricole), trop rare bonne volonté au sein d’une administration hostile et inféodée à la politique du chiffre, fasse empêcher la saisie de la maison et de la voiture familiale.

Ces deux exemples ne sont évidemment pas des cas isolés. Pour ce qui est des saisies administratives au nom de la maltraitance, les précédents sont nombreux et ont de troublants points communs, mais le plus terrible est l’absence totale de soutien de la profession pour les agriculteurs mis en cause. Cette accusation est infamante et ne mérite aucune marque de solidarité.

Pourtant, le cas Jérôme Laronze, assassiné par la gendarmerie en 2017, devrait inciter à la prudence, surtout depuis la condamnation de la DDPP dans cette affaire pour procédure abusive [8].

Pour ce qui est des liquidations judiciaires, la FNSEA et les centres de formations agricoles nous répètent ad nauseam qu’un échec dans la gestion de nos fermes est dû à notre faiblesse technique ou à des erreurs dans les choix d’investissements. Comment alors ne pas intérioriser les difficultés, d’autant que le secteur agricole est présenté dans son ensemble comme dynamique et compétitif ? Les décades d’endoctrinement industrialiste ne sont pas sans effets. Du côté de l’ « alternative citoyenne » et « engagée » et de ses analyses systémiques politiquement souvent naïves, l’ « agriculture paysanne » est présentée comme LA solution pour s’en sortir, faisant fi des difficultés structurelles du monde de l’élevage.

L’État veut en finir avec l’élevage familial

L’élevage familial en France subit en effet depuis quelques années une nouvelle salve d’attaques de la part de l’administration, visant cette fois à le faire disparaître. Le but est le même que lors des précédentes phases d’industrialisation du secteur, le vocabulaire, lui, a été actualisé à la sauce environnementaliste  et  larmoyante : trop polluant, trop « émetteur de gaz à effets de serre », trop maltraitant… mais surtout encore trop autonome.

A titre d’exemple, « la Fondation Droit Animal, éthique et science », présidée par Louis Schweitzer (ancien président de Renault) et Laurence Parisot (ancienne présidente du Medef) – sans doute pour se racheter une conscience hors-sol à peu de frais – organisait en début d’année un grand colloque dans le rutilant amphithéâtre de la Sorbonne. La thématique ? Le bien-être animal et l’avenir de l’élevage (comprendre fin de l’élevage dans la novlangue technocratique orwellienne), avec la participation du syndicat majoritaire (la FNSEA), des principaux industriels de l’agroalimentaire et du gratin de la recherche en zootechnie [9].

Pour notre salut, pas sûr qu’il faille compter sur la recherche scientifique socialement responsable, indépendante et pourvoyeuse de progrès… A l’INRA en effet, fleuron scientifique de la modernisation et de la rationalisation de l’agriculture, on murmure lors des réunions de directeurs d’unités de recherche que l’élevage familial n’a pas d’avenir, étant donné les contraintes liées aux zoonoses qui ne manqueront pas de s’étendre dans les prochaines années. Deux solutions sont évidentes pour les grands pontes : favoriser le hors-sol en bâtiments fermés et développer les alternatives à l’élevage familial via la production de protéines in vitro [10].

Ça tombe bien pour cette institution en mal de financements : au vu du réservoir de croissance que représente cette nouvelle révolution industrielle (NBIC, comme nanotechnologie, biotechnologie, informatique et sciences cognitives), les investissements industriels commencent à pisser ! Ne soyons pas défaitistes néanmoins, et comme la Confédération Paysanne, espérons que cette nouvelle étape de la modernisation de l’agriculture nous laisse une toute petite place pour notre niche d’agriculteurs paysans entretenant le paysage et divertissant par nos coutumes « traditionnelles » le touriste bucolique…

Face à ces attaques à mort contre l’élevage familial :

— nous accusons la DDPP et les services de l’État d’organiser la mort de l’élevage familial avec un lien au sol, au nom notamment de l’idéologie, hors-sol et urbaine, du bien-être animal. Par l’imposition de nouvelles normes liées au bien-être animal, ils définissent des standards que seuls les élevages hors-sol, climatisés et robotisés, pourront respecter. Cet écrémage des exploitations par les normes de bien-être animal n’est que le prolongement d’une stratégie commencée bien avant (directives nitrates, chartes de bonnes pratiques d’hygiène, biosécurité, etc.) [11]. Cette inflation normative rend, de fait, impossible la perpétuation de fermes à taille humaine ;

— nous accusons la Chambre d’Agriculture de pousser les jeunes s’installant en élevage à sur-dimensionner leurs projets et à en exagérer les rendements, et donc la rentabilité. La présence des banques lors des présentations de projets, illustre leur connivence avec les acteurs industriels et financiers vampirisant la profession ;

— nous accusons la chambre d’agriculture et les centres de gestion de participer à la survalorisation des outils de production cédés aux jeunes, en ne prenant pas en compte la rentabilité économique de la reprise, et en condamnant par là-même les jeunes à se surendetter pour augmenter leurs capacités  de  remboursements, poursuivant ainsi la fuite en avant industrialiste de l’agriculture ;

— nous accusons les centres de gestion et les banques de pousser les jeunes éleveurs vers des stratégies capitalistiques d’investissements  déraisonnables,  pour l’amélioration d’indicateurs comptables bien dérisoires au vu des sacrifices économiques et familiaux qui leur seront demandés pour le restant de leur vie ;

— nous accusons les banques de soutenir de manière irrationnelle et inconditionnelle les éleveurs  ayant  des  stratégies d’investissements  massifs  et d’abandonner les éleveurs aux ambitions tempérées par le bon sens ;

— nous accusons les syndicats, dans leurs déclinaisons nationales et locales, de maquiller les difficultés du monde de l’élevage. D’un côté, la FNSEA loue le dynamisme des éleveurs industriels, compétitifs vis-à-vis du reste du monde. De l’autre, la Confédération Paysanne idéalise l’agriculture paysanne et le petit élevage, la transformation et la vente directe. La réalité est que 30 % des exploitants agricoles se rémunèrent moins de 350€ par mois [12] ;

— nous accusons l’État et la Politique Agricole Commune de l’Union Européenne de soumettre les agriculteurs  à  des  contrôles systématiques et absurdes, rendant quasiment obligatoire la nécessité de dédier 20 % de notre temps à des tâches administratives absurdes, sous prétexte de nous verser une obole, rendue nécessaire par notre inclusion dans la compétition internationale. Cette « aide aux revenus » organise l’étranglement de ces éleveurs obligés à tout bricoler eux mêmes au risque de leur vie [13].

Nous appelons :

— à organiser des réseaux locaux de solidarité entre petits agriculteurs, bio et non bio, afin de soutenir par des coups de main les éleveurs en difficulté. L’objectif est de ne pas laisser seul un agriculteur isolé et dans la panade ;

— à ce que des éleveurs amis soient systématiquement présents lors des contrôles de l’administration afin de rétablir un équilibre dans le rapport de force entre l’agriculteur isolé et les services de contrôle ;

— à s’opposer physiquement aux saisies de troupeaux organisées par la DDPP ;

— à empêcher la tenue de vente aux enchères et liquidations judiciaires, afin de pouvoir réfléchir avec l’éleveur en difficulté à des solutions de sortie de la crise ;

— les avocats militants à nous aider à contre-attaquer contre les abus de l’administration ;

— à rendre publique chaque spoliation dont sont victimes les éleveurs, de la part des banques ou des services de l’État ;

— à créer des réseaux d’entraide pour prévenir tout risque de spoliation ;

— à ne surtout rien demander à l’État et ses appendices.

Terre et Liberté ! [14]

Collectif Paysans contre les normes, le 9 janvier 2021.

 

Article publié dans le mensuel anarchiste Courant alternatif, n°307, février 2021

 


 

Collectif Paria

Contre l’idéologie animaliste et son système

3 septembre 2020

 

 

Nous sommes des paysannes et paysans, mais pas que. Nous habitons les campagnes, mais pas que. Certains d’entre nous ont fait le choix de vivre parmi les bêtes pour éprouver une autre manière de vivre que celle imposée par la modernité et l’hygiénisme ambiant…

 

Nous sommes des paysannes et paysans, mais pas que.

Nous habitons les campagnes, mais pas que.

Certains d’entre nous ont fait le choix de vivre parmi les bêtes pour éprouver une autre manière de vivre que celle imposée par la modernité et l’hygiénisme ambiant.

Depuis longtemps déjà, nous, nos voisins, nos amis, subissions les lubies et autres démences de l’administration agricole. L’étranglement par les normes et l’injonction à marcher au pas, nous asphyxient au point que, de temps à autres, certains autour de nous s’effondrent.

Jusque là, notre précieux rapport aux animaux, filet d’air vital dans cette ambiance étouffante, n’était pas encore pointé du doigt. Mais aujourd’hui, force est de constater que la vague animaliste a changé la donne. Le dernier fragment de liberté auquel nous étions accrochés est désormais menacé au nom de l’éthique et du « bien-être » animal.

Depuis quelques années, pas une semaine ne se passe sans la liquidation d’un éleveur sous prétexte de « maltraitance animale ».

Les concepts de maltraitance et de bien-être animal, portés par les « défenseurs » des animaux, par les administrations agricoles et désormais par les industriels, fabriquent un système pervers à l’opposé de la connaissance des animaux et du bon sens le plus élémentaire.

Ainsi, on a pu voir des vaches saisies et froidement abattues pour défaut d’identification, pour absence d’abreuvoir alors que les vaches buvaient à la rivière, pour des maigreurs liées à l’âge des bêtes malgré une nourriture abondante, etc.

Les saisies d’animaux, d’une violence inédite, sont généralement suivies de procès tout aussi accablants qui laissent les éleveurs ruinés, financièrement, socialement et moralement. Ces horreurs se banalisent au rythme de l’intérêt croissant que portent les médias sur la condition animale et de l’influence grandissante des associations défendant la Cause animale.

Selon les témoignages que nous récoltons aujourd’hui, toutes les saisies ont lieu dans des élevages où un lien au sol est maintenu, où les bêtes passent la plupart de leur vie dehors, à la vue de tous. Cette visibilité, signe minimal d’une qualité de vie pour les animaux, se retourne paradoxalement contre nous.

Nous voilà donc accusés de « maltraitance » quand nos bêtes se trouvent tachées de boue, paissent sous la pluie, perdent du poids pendant l’hiver. La maigreur, les maladies, sont désormais des signes de pratiques indignes indépendamment de la prise en compte de l’âge de l’animal et des soins qu’apportent les éleveurs pour y remédier. Le choc des images propage le mépris et la haine sur les réseaux sociaux à une vitesse inversement proportionnelle à la patience qu’il nous faut pour soigner nos bêtes.

Au fur et à mesure que la population intègre le mode de vie urbanisé, le lien à la terre et aux animaux se perd et la sensibilité se transforme. Quand le modèle du « bien-être » devient le chat de salon et la vache hors-sol élevée en stabulation chauffée, sur logette matelassée et avec air filtré, massée et traite par des robots, de quelle vie animale est-il donc question ? Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est au développement d’une idéologie basée sur des affects, des sensibleries n’ayant pas de fondements rationnels et se manifestant par un transfert anthropomorphique de nos besoins d’humains vers ceux des animaux.

Nous ne cherchons pas à nier l’existence de bêtes négligées par leurs éleveurs. Une ferme désordonnée où traînent des objets dangereux pour le bétail, une stabulation non paillée, des soins qui ne sont pas apportés, tous ces faits existent et nous ne minimisons pas leur importance. Cependant nous refusons la notion de « maltraitance » en ce qu’elle porte de caractère intentionnel, d’un jugement moral de cruauté qu’auraient des éleveurs sans pitié envers leurs animaux. Cette notion occulte la complexité des situations qui peuvent amener des personnes à négliger leur troupeau et fabrique les nouveaux PARIAS de la société.

Nombre de raisons peuvent amener tout un chacun à perdre pied à un moment de sa vie, à ne plus trouver la motivation de se lever, et à ne plus accorder tout le soin nécessaire aux bêtes. Sans soutien et face à l’extrême solitude dont souffrent les paysans aujourd’hui, les animaux ne peuvent qu’en subir les conséquences. Plutôt que d’asséner un coup de grâce à ces personnes en leur retirant leur troupeau, nous cherchons à reconstruire un réseau de solidarité avec les éleveurs maltraités par la nouvelle idéologie animaliste en vogue.

Ainsi, la notion de maltraitance animale est une simplification grossière d’une réalité agricole complexe qui fabrique du prêt-à-penser et permet de s’acheter une conscience à bon compte. Les jugements moraux des défenseurs des animaux, transcrits par les administrations et les tribunaux en crimes et délits, sont à chaque fois une remise en cause de la légitimité de l’élevage pas encore industrialisé et des attaques contre notre dignité.

La déferlante médiatique et spectaculaire autour de la « cause animale » a cette particularité d’accroître chaque jour son audience alors même qu’elle n’apporte rien de neuf à la remise en cause des pratiques industrielles d’élevage, largement reconnue depuis au moins trente ans ; remise en cause que nous avons fait nôtre depuis des années en décidant de mener notre vie d’éleveurs et d’éleveuses.

P.A.R.I.A.S.
paysan·nes anéanti·es et ruiné·es
par l’idéologie animaliste et son système.

 


[1] “Dix mois de prison requis contre l’éleveur Thierry Hervé”, L’Avenir agricole, le 19 novembre 2020.

[2] Collectif Paria, “L’Imposture de l’OABA : l’affaire Thierry Hervé”, vidéo du 7 avril 2020. Collectif Paria, “L’Imposture de l’OABA : l’affaire Paul Chatellier”, vidéo du 22 mai 2020.

[3] Anne Crignon, “Un monde de ʻsales petits secretsʼ : confessions d’un repenti de l’agroalimentaire”, L’Obs du 9 octobre 2018.

[4] Collectif Paria, “Contre l’idéologie animaliste et son système”, 3 septembre 2020 ; voir ci-dessus.

[5] Les manœuvres de cet industriel multinational illustrent de manière presque caricaturale l’interdépendance entre monde industriel et bureaucratie normative dans le cadre de la « modernisation » de l’agro-industrie. En 2006, la mise aux normes d’un de ses abattoirs a été réalisée à grands frais à coups de subventions européennes, puis il a été aussitôt vendu à la deuxième coopérative agricole française qui l’a définitivement fermé quelques mois plus tard. Sans doute une histoire de gros sous, mais pas assez pour inquiéter la justice.

[6] Sophie Delafontaine, “Cholet. Les drôles de ventes aux enchères de maître Chauviré”, journal Ouest-France, 21 juin 2019.

[7] Xavier Noulhianne, Le Ménage des champs, éd. Du Bout de la Ville, 2016.

[8] Marie-Pierre Laronze, Lettre à Jérôme, mon frère paysan, tué par un gendarme, 2020.

[9] La Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences, “Colloque: Le bien-être animal et l’avenir de l’élevage”, vidéo du 22 octobre 2020.

[10] Pour les scientifiques politiquement niais de l’INRA, les limites de la production de viande in vitro sont à chercher du côté des coûts et de l’acceptabilité. Gageons que si c’est effectivement le cas, les start-up de la Silicon Valley, rejetons des GAFAM, en collaboration avec nos altruistes Etats, devraient pouvoir y remédier sans trop de difficultés. La spécialisation de ces scientifiques dans leur domaine de recherche étant un frein à la compréhension des processus techniques, nous les engageons à se référer aux travaux de Jacques Ellul sur l’autonomie de la technique et de Lewis Mumford sur les liens entre technique et démocratie. Cf. Jean-François Hocquette & all., “La viande du futur sera-t-elle produite in vitro ?”, INRA Productions Animales n°4, 2013.

[11] Collectif Hors-normes, L’État élimine les agriculteurs, 2017

[12] Pascal Cormery (Président de la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole), « Oui, 30 % des chefs d’exploitations agricoles gagnent moins de 350 euros par mois », Tribune dans le journal Le Monde du 16 novembre 2017.

[13] Nous n’avons pas trouvé de statistiques de la MSA à ce sujet. Pourtant, nous connaissons tous un ou plusieurs voisins décédés suite à un accident dans le cadre de leur métier d’agriculteurs…

[14] Mot d’ordre de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon (1873-1922), repris par la FAI lors de la guerre civile espagnole en 1936-37.

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