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Henri Mora, Le travail et la marchandise, 2011

Tout est si bien porté par la manière de considérer le monde qu’il paraît impossible de le voir différemment. Vendre et acheter se révèle être la seule occupation de nos contemporains afin de répondre à leur « soucis incessant d’améliorer leur sort ». Mais n’est-ce point le travail, non comme activité humaine, mais parce qu’il se trouve à l’origine des rapports sociaux qu’il crée en tant que producteur de richesse (de « plus-value »), qui détermine l’évolution de l’histoire et des conditions sociales, économiques et humaines, comme il détermine l’évolution des moyens de production ?

Le capitalisme s’est développé au XIXe siècle en Angleterre en même temps qu’il détruisait la classe paysanne qui produisait essentiellement pour sa propre consommation, cette classe paysanne ne satisfaisant aucun besoin marchand et industriel. La plupart des hommes de cette classe paysanne se sont soumis à une agriculture dépendante de la société industrielle. Dans les Grundrisse, Karl Marx écrivait :

« L’artisanat lui-même n’apparaît pas nécessairement à côté de l’agriculture d’autosubsistance qui pratique la filature, le tissage, etc., comme activité domestique annexe. Mais si, par exemple, l’agriculture elle-même repose sur une activité scientifique – si elle a besoin de machines, d’engrais chimiques amenés par le commerce, de semences provenant de pays lointains, etc., et si en même temps – ce qui est déjà contenu dans cette présupposition – la manufacture patriarcale des campagnes a disparu, les fabriques de machines, le commerce extérieur, l’artisanat, etc., apparaissent comme un besoin pour l’agriculture. »

Une fois que l’agriculture a développé certaines industries, beaucoup de paysans alléchés par l’argent (par l’indépendance aux mauvaises récoltes et aux mauvaises saisons par exemple et par la « liberté » qu’il procurerait ; l’argent permettant aussi « de mettre du beurre dans les épinards ») et parce que l’agriculture n’avait pas besoin d’autant de paysans, ont quitté leur terre et travaillé pour ces industries.

Si la paysannerie qui essayait de produire ce qui lui était nécessaire pour survivre, a été totalement balayée durant la première révolution industrielle, il y a un siècle et demi, en Angleterre (excepté dans certaines régions d’Irlande et d’Écosse), elle a plus ou moins survécu ailleurs en Europe et notamment en France jusque dans les années quatre-vingt et quatre-vingt dix, du siècle dernier. Il y a une trentaine d’années, John Berger réunissait dans son ouvrage La Cocadrille quelques récits de fictions, sous forme de nouvelles, sur la vie et l’univers de paysans en montagne ; cette vie et cet univers rudes, dictés par la nécessité d’hommes et de femmes qui produisaient principalement, à l’aide d’équipement rudimentaire, pour leur propre consommation. Dans une de ces nouvelles, intitulée “La valeur de l’argent”, il nous raconte comment Marcel perçoit ses enfants qui ont décidé de ne pas exploiter la ferme :

« Ils veulent être libres les week-ends et avoir des vacances et des horaires fixes. Ils aiment avoir de l’argent en poche pour pouvoir le dépenser. Ils sont partis pour gagner de l’argent et ils en sont devenus fous. »

Beaucoup de villages de montagne se sont depuis vidés de leur paysannerie que l’auteur décrit dans son “Épilogue historique” comme étant une classe à part qui avait :

« maintenu et développé ses propres lois non écrites et ses codes de conduite, ses rituels particuliers et ses croyances, tout un corps de sagesse et de savoir transmis oralement, sa propre médecine, ses propres techniques et, quelquefois, sa propre langue ».

L’agriculture n’ayant pas nécessairement besoin de cette classe paysanne, les paysans et leur petite communauté économique indépendante ont disparu. L’auteur concluait :

« Une paysannerie intacte était la seule classe ayant une résistance fondamentale à la consommation. Quand la paysannerie est éliminée, les marchés s’élargissent. »

Un siècle auparavant, Marx écrivait dans Le Capital :

« Jadis la même famille paysanne façonnait d’abord, puis consommait directement – du moins en grande partie – les vivres et les matières brutes, fruits de son travail. Devenus maintenant marchandises, ils sont vendus en gros par le fermier, auquel les manufactures fournissent le marché. »

Mais l’analyse de John Berger révèle aussi autre chose :

« En dernier lieu, il y a le rôle historique du capitalisme que ni Adam Smith ni Marx n’avaient prévu ; son rôle historique est de détruire l’histoire, de rompre tout lien avec le passé et d’orienter tout effort et toute imagination vers ce qui va se passer. Le capital ne peut exister en tant que tel que s’il se reproduit sans cesse ; sa réalité présente dépend de son accomplissement futur. »

L’idéologie progressiste sur laquelle s’appuie la société industrielle tient, sinon à gommer le passé, tout au moins à le modeler de telle manière que sa fabrication sociale rende ce passé étranger du présent perpétuel, évitant aussi que l’on puisse en tirer une quelconque leçon.

La société actuelle est le résultat d’une aliénation due au travail et par conséquent à la marchandise. Les progrès incessants et les nouvelles technologies qui sont censés améliorer chaque étape de notre évolution et de notre condition, ne parviennent absolument pas à tenir leurs promesses. Et les catastrophes industrielles se succédant témoignent d’un monde maintenant compromis : Kyshtym et Windscale (rebaptisée Sellafield) en 1957, Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986, Fukushima en 2011. Mais aussi le Torrey Canyon en 1967, l’Amoco Cadiz en 1978, l’Exxon Valdez en 1989, l’Erika en 1999, le Prestige en 2002, la plate-forme de forage Deepwater Horizon en 2010. Ou encore Flixborough en 1974, Seveso en 1976, Bhopal en 1984, Channelview en 1990 et Toulouse en 2001.

À cette liste déjà très lourde de conséquences, nous ne devrions pas oublier celle des catastrophes que l’on qualifie encore de naturelles, et qui ont pour origine la modification du climat due aux gaz à effets de serre. Cela se traduit par une augmentation de la fréquence des sécheresses, des inondations, des ouragans, partout dans le monde.

Cet inquiétant inventaire continuellement mis à jour, aurait dû, à lui seul, alarmer nos contemporains et leur faire prendre conscience qu’ils se trouvent assis du mauvais côté de la branche qu’ils se donnent tant de mal à couper. Il n’en est rien ! Paradoxalement la société industrielle et marchande persiste à produire et consommer toujours davantage et laisse donc penser qu’une « économie florissante » est la priorité ; ce dont témoignerait la construction ininterrompue d’édifices, les sempiternelles innovations et le flux incessant de marchandises circulant sur les autoroutes, les rails et les océans. Et lorsque cette question s’inscrit lors de débats publics, on s’attache non pas à examiner les causes du désastreux développement, mais on préfère y répondre de manière très pragmatique en proposant de nouveaux marchés pour prétendument assainir et contrôler les méfaits de l’industrie et fabriquer des produits selon certaines normes de qualité.

L’économique nous a brouillé les cartes. Ce qui pouvait être perçu au départ comme superflu, la société industrielle nous l’a rendu inévitable. La bagnole, l’ordinateur, le téléphone portable et avant tout l’argent sont devenus indispensables à la survie, tout comme ses compensations environnementales, biologiques, naturelles et équitables. La marchandise doit séduire le consommateur et s’impose dans sa variété la plus large par le travail qu’elle occasionne. Sous le vocable de travail, il est question du temps que le travailleur vend à son employeur, à son client ou à son patient, aux usagers etc. : l’occupation rémunérée synonyme d’emploi ; cette rémunération que l’on trouve sous forme de traitement pour les employés des services publics, de salaire pour les employés des entreprises privées, ou encore de revenus pour les artisans, les commerçants, les exploitants agricoles, les journalistes et d’honoraires pour les avocats, les médecins et l’ensemble des professionnels libéraux, pour tous les « indépendants », que nous pouvons qualifier de mercenaires – freelance ne vient-il pas de free lance qui désignait au Moyen Âge le chevalier indépendant de tout seigneur ? Il n’est donc pas question ici de réduire la critique à celle du salariat, mais plutôt de l’appliquer au travail rémunéré en général puisqu’il est (à) l’origine du monde marchand. Il ne s’agit pas non plus de s’en prendre aux conditions de « l’exploitation », mais de dénoncer le travail-marchandise sous toutes ses facettes et ses conséquences aberrantes.

Le travail qu’il soit réalisé par la machinerie industrielle ou par des paysans et des artisans soucieux de ce qu’ils produisent, dépend de l’organisation industrielle de la société qui élargit, réglemente et uniformise sans cesse son champ de production. Bertrand Louart dans La menuiserie et l’ébénisterie à l’époque de la production industrielle, faisait le constat en tant que menuisier qu’il se voyait paradoxalement obligé de réaliser de la menuiserie Ikea sur mesure, puisque c’est ce qu’on lui demandait de faire ; et qu’il lui était difficile de faire autrement :

« Tous ceux qui ont travaillé avec les panneaux restructurés savent, par leur simple expérience sensible, que ces matériaux sont en fin de compte de belles saloperies. Tout le monde connaît la nocivité des poussières qu’ils produisent et des gaz qu’ils dégagent, tout le monde constate la dévalorisation du travail que leur mise en oeuvre engendre ; mais personne ne dit rien. C’est même presque indécent d’en parler.

On peut expliquer cette omerta par l’adhésion inconditionnelle au “Progrès” des artisans, comme de tout le reste de la société après la Seconde Guerre mondiale ; tout le monde a cru que le progrès technique allait résoudre tous les problèmes et on s’est engouffré dans la voie de l’industrialisation sans trop se poser de questions. Mais cette explication n’est plus valable que pour les générations les plus anciennes. La principale explication aujourd’hui est que de toute façon ces matériaux sont moins chers et plus faciles à mettre en oeuvre que le bois massif et qu’à moins d’avoir une clientèle fortunée, on est bien obligé de faire avec… Par conséquent, tout le monde les utilise, tout le monde en croque (et l’auteur de ces lignes comme les autres). La constatation sensible ne peut donc avoir aucune conséquence pratique sinon négative : devant la remarque du caractère nocif des poussières dégagées par le travail sur les matériaux modernes, on s’entend répondre que l’on a qu’à changer de métier. Le sentiment commun ne peut s’élever au raisonnement et à l’analyse critique de la situation parce que cette prise de conscience ne peut se traduire par aucun changement dans la réalité. »

Nous nous voyons ainsi, par le travail rémunéré, enchaînés aux conditions que nous impose la société industrielle. La fonction essentielle du travail est bien sûr de développer toujours plus l’échange entre l’argent et la marchandise et ce quelle que soit la marchandise produite ; le produit et le producteur importent peu. L’important est de produire toujours plus afin de s’enrichir. Antoine Cherbuliez disait en 1841 dans son ouvrage Richesse et pauvreté 1 : « Vente du travail = renoncement à tous les fruits du travail. » Le travail a en effet pour conséquence de rendre le travailleur étranger (totalement ou en partie) au produit de son travail lorsqu’il devient une marchandise ; le travailleur peut négocier le prix de son labeur, mais il perd de son initiative sur le produit.

Les revendications qui consistent à demander une augmentation de salaire, de crédits ou encore des emplois sont « vitales » dans cette société marchande 2. Et si on peut difficilement critiquer ceux qui y recourent, il parait nécessaire de dénoncer certains emplois et certains crédits alloués à des projets contestables. La question de l’usage qui est fait de ces crédits, salaires et emplois renvoie aux problèmes posés par la société marchande et ses aberrations, car si elle espère imposer l’argent comme étant d’un besoin absolu, il en ressort en effet que ce qui est réalisé avec ne l’est presque jamais et va parfois à l’encontre du bon sens et de la raison. L’essentiel étant produit dans le cadre d’une société industrielle parcellaire et de plus en plus automatisée, l’homme se trouve cantonné à réaliser des tâches subalternes ou de service et n’agit par conséquent que comme un instrument dénué de conscience morale, faisant partie d’un appareillage plus important auquel il doit obéir sans état d’âme. Gunther Anders, en s’appuyant sur son axiome : le travail n’a pas d’odeur, nous disait déjà en 1956 comment le travail pouvait s’affranchir de toute morale :

« Le produit et sa fabrication sont, moralement parlant, coupés l’un de l’autre. Le statut moral du produit (le statut des gaz toxiques ou celui de la bombe à hydrogène, par exemple) ne porte aucun ombrage à la moralité du travailleur qui participe à sa fabrication. Peu importe qu’il sache ou non ce qu’il fait, il n’a pas besoin d’une conscience morale pour le faire. […] c’est l’ “absence de conscience morale” qui règne dans l’entreprise. L’entreprise est le lieu où l’on crée le type de l’homme “instrumentalisé et privé de conscience morale”. C’est là que naissent les conformistes. » 3

Le travail n’a pas d’odeur, car lorsque nous sommes dans l’attente d’une rétribution, nous ne vendons pas, en général, notre savoir-faire ni notre conscience morale. Nous nous plions aux besoins du « marché » qui nous écarte de nous-mêmes ; nous faisons un compromis avec celui qui nous rémunère en prenant en compte ce qu’il est prêt à payer ou encore ses exigences, sachant qu’elles sont complètement dépendantes des besoins de la société. L’indépendance affichée par une catégorie de travailleurs qui resteraient maître de leurs décisions concernant leur travail n’est évidemment qu’une abstraction de la réalité. Le travailleur « indépendant » est tributaire de son « donneur d’ordre » et de son client, mais aussi de leurs contraintes, comme le salarié de son supérieur hiérarchique : le « donneur d’ordre » comme le patron, s’intéresse à la bonne marche de son entreprise et se trouve confronté aux problèmes de la concurrence, aux besoins de se moderniser ou d’innover, ce qui lui permettra d’ouvrir de nouveaux marchés. Le client, comme d’ailleurs le patient ou l’usager, est devenu avant tout un consommateur que le système de production marchande a modelé selon ses exigences (par son organisation, par la publicité, par sa réglementation ; la marchandise et le travail nous dépossèdent tellement qu’on se trouve aujourd’hui à les réglementer après avoir essuyé les problèmes – voire les catastrophes – qu’ils ont créés). Le travailleur « indépendant » est, bien sûr, confronté à la réalité économique et par conséquent à la rivalité avec ses pairs sur les prix, les délais, les prestations et les innovations proposées, etc. ; il est totalement dépendant des contraintes professionnelles dues à la concurrence, et des besoins du « marché ».

Du moment où le paysan a cessé de travailler pour lui, les fruits de son travail ne pouvaient plus avoir la même saveur, la même odeur. Mais nous n’en sommes plus là. La marchandise de première nécessité a été produite à moindre coût ailleurs, forçant les anciens producteurs à acheter ce qu’ils cultivaient autrefois et par conséquent dans l’obligation de travailler à d’autres occupations créant ainsi de nouveaux besoins. Jacques Freyssinet, qui fut président du conseil d’administration de l’Agence nationale pour l’emploi et directeur de l’Institut de recherches économiques et sociales, disait ceci :

« Le XXe siècle, sous l’influence de l’urbanisation, du changement des modes de vie, plus récemment de l’augmentation des taux d’activité féminins, a longtemps été marqué par un déplacement massif du travail non rémunéré vers le travail rémunéré. La production agricole d’autoconsommation a quasi disparu en même temps que les “jardins ouvriers” des banlieues. Le travail domestique, c’est-à-dire les prestations de service au sein de la famille, s’est beaucoup réduit avec l’entrée des femmes sur le marché du travail et les nouvelles formes d’habitat : la garde des enfants et la prise en charge des malades et des personnes âgées ont été transférées à l’extérieur, la restauration collective a remplacé le repas familial… De larges secteurs d’activités caritative, sociale, culturelle ou sportive, qui reposaient sur le travail bénévole ou militant, se sont “professionnalisés”. Ces mouvements ont été créateurs d’emplois. » [c’est moi qui souligne]

La marchandisation s’est étendue à des domaines qui lui étaient totalement étrangers auparavant : les nouvelles conditions de vie créées par les besoins de la société, du travail et de la marchandise sont telles que chacun se trouve obligé de vendre et de payer des services que nous échangions avec nos semblables de manière non intéressée ou en tout cas non quantifiée, il n’y a pas si longtemps. Beaucoup de femmes se sont senties libérées, alors qu’elles s’assujettissaient au monde du travail et assujettissaient davantage le monde au travail 4.

Freyssinet ajoutait aussi :

« Depuis deux décennies, d’importantes contre-tendances sont apparues. Pour réduire les coûts ou pour répondre aux préférences des consommateurs, des activités de service riches en emplois sont transformées par recours au travail gratuit des usagers accédant à des équipements automatisés : les distributeurs de billets, de tickets, d’essence ou d’informations remplacent les employés de guichet, pompistes, concierges, et autres préposés ; le self-service et le do-it-yourself sont à la mode.» 5

L’idéologie nanotechnologiste espère même par autoréplications, reproduire la matière inerte et vivante et ainsi nous « libérer » enfin du travail ; mais elle n’admet absolument pas que cela nous assujettirait définitivement à des processus technologiques automatisés. Selon ces scientistes, nous réaliserions ainsi nourriture et objets dont chacun aurait besoin et envie en les manufacturant atome par atome grâce à la construction bottom up. Les nanotechnologies nous fourniraient sans peine ce que nous souhaiterions.

La réalisation absolue du système capitaliste envisageant toujours moins de travail afin de réduire les coûts de production n’impliquerait-elle pas sa perte ? Nous pouvons l’imaginer. Les crises successives que traversent actuellement le monde nous laissent penser que le marché se développe dans ce sens et que le système court effectivement à sa ruine. Pour l’instant nous nous retrouvons à effectuer de nouvelles tâches sans intérêt, alors que nous abandonnons ce qu’autrefois nous faisions par et pour nous-mêmes. Nous nous voyons aujourd’hui sous-traiter les tâches domestiques, et composer quelques codes ou taper sur le clavier de certains appareils pour obtenir ce que nous obtenions hier d’un être humain ; sauf que devant ces équipements automatisés nous ne pouvons pas espérer échapper à leur contrôle systématique et à cette manière de rétablir la hiérarchie sociale indispensable dans une société capitaliste. Et cet ensemble de choses nous éloigne un peu plus de la vie sociale. Le professionnel du travail domestique peut très bien mener son labeur, et il aura, dit-on, l’avantage sur chacun de nous, d’avoir les connaissances, les qualités, la rigueur et l’habileté requises et l’expérience, pour exercer son métier, sa spécialité. Mais nous avons perdu quelque chose d’essentiel dans nos relations avec nos contemporains, lorsque l’entraide et le service rendu ont trouvé leur profession et leur tarif.

L’économie est la religion de la société industrielle. Cette religion dépend du travail, et par conséquent de la valeur qu’il crée, et des nouveaux besoins qui lui sont inhérents. Il est très difficile d’aller, pratiquement, à l’encontre de cette religion qui nous atomise chaque jour davantage. L’organisation économique, technologique, sociale et politique est telle qu’il paraît impossible de penser qu’un simple mouvement contre le travail renverserait le système. Quelques écrits font état de l’importance des sabotages, des vols, de l’absentéisme comme formes de résistance au travail, mais aussi de conflits pour obtenir des congés et de meilleurs horaires de travail dans les fabriques du XIXe siècle et début du XXe. Dans les colonnes du journal L’Anarchie, Libertad dénonçait le travail inutile :

« Les hommes qui consentent à produire ces objets de luxe demandent alors à d’autres hommes encore de produire pour leur consommation de première nécessité. Il arrive donc un moment où une poignée d’hommes satisfont aux besoins véritables de l’humanité. »

Dans un autre article consacré à la diminution de la durée du travail et dans lequel il critique le rôle de la C.G.T., il écrit ceci :

« La C.G.T. doit donc respecter et favoriser les intérêts de certains hommes en tant qu’ouvriers de certain métier.

Or, le problème de la diminution du travail ne peut se résoudre que par la suppression du travail inutile, et par le transport de ces efforts vers le travail utile.

Pour ce faire, un grand nombre de corps de métier devraient disparaître.

Sans entrer dans une nomenclature trop longue des métiers que nous classons utiles, et de ceux que nous classons inutiles, nous pouvons dire que sont utiles tous les métiers qui aident au développement de nos sens, à la satisfaction de nos besoins. Peindre des réclames, des enseignes, fabriquer des compteurs à gaz, estamper des billets de banques, etc., nous paraît être un travail inutile.

Tous ces métiers inutiles sont d’ailleurs les conséquences directes ou indirectes de l’inégalité économique, c’est-à-dire de la propriété individuelle qu’ils ont pour but de sauvegarder ou de légitimer. Ils n’auraient plus de raison d’être dans une société d’hommes libérés.

Par conséquent plus d’armuriers, plus d’ouvriers de compteurs, plus d’estampeurs de billets de banque, plus de monnayeurs (vrais ou faux), plus de contrôleurs de métro.

Beaucoup de ces corporations, au travail inutile, ont place dans la C.G.T. Va-t-elle décider leur disparition ? Elle ne le peut. » 6

Libertad pointait du doigt les limites du syndicalisme et le rôle contre-révolutionnaire qu’il jouait de par le fait qu’il s’employait à défendre les intérêts d’une corporation et par conséquent pouvait difficilement la remettre en question. Un siècle a passé depuis que Libertad faisait cette analyse. Aujourd’hui celle-ci se voit confirmée et même dépassée. Après la défaite de la classe ouvrière, il apparaît – dans le contexte de ce paradoxe du travail et de ses conséquences désastreuses et où il faut à tout prix travailler dans le seul but de pouvoir consommer – que la collectivisation et la réappropriation des moyens de production ne contribueraient en rien au renversement de la société, ni à l’amélioration du sort de l’humanité si elles n’étaient pas associée à la remise en cause de l’aberration de la plupart des activités de notre époque. Des syndicats révolutionnaires conséquents devraient s’attacher à formuler une critique radicale sur les réalités de la production ou du service pour lequel le travailleur, avec ou sans emploi, est rémunéré ; de faire le lien entre l’économie triomphante et notre servitude ou notre passivité, mais aussi leurs conséquences désastreuses du point de vue humain, social et environnemental.

Le syndicalisme révolutionnaire en France se réfère très souvent à la charte d’Amiens de 1906 dans laquelle est définie l’œuvre du syndicalisme par deux tâches que les syndicalistes s’engageaient à effectuer. La première est une œuvre revendicatrice quotidienne pour « l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’amélioration immédiates » (diminution des heures de travail, augmentation des salaires, etc.). Tandis que l’autre « prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ». Il s’agirait de prendre possession des lieux, des machines, des produits et du marché. En dehors du fait qu’il est assez paradoxal de mener ces deux fronts en même temps puisque l’un amène le syndicalisme à s’adapter au capitalisme, alors que l’autre voudrait s’en affranchir, il est devenu impensable d’espérer s’approprier et autogérer les moyens de production actuels. Ils sont en effet tellement liés et soumis, de par leur spécialisation et leur complexité à l’ordre économique et au système de production marchande qu’il serait impossible d’en faire autre chose que ce à quoi ils sont destinés. Que pourrions-nous faire d’autre d’une chaîne de production qui a été conçue pour fabriquer une automobile toutes les quelques secondes ou encore un ordinateur (avec son monde virtuel et de contrôle) ; ou de cette autre qui fabrique des anxiolytiques ou tout autre produit et objet de consommation permettant de supporter l’insupportable et de compenser nos frustrations ? Quels avantages aurions-nous à nous réapproprier telle goudronneuse spécialement conçue pour travailler à la construction d’une autoroute ou tel tunnelier de plus de 8 mètres de diamètre afin de percer le « plus grand et plus profond tunnel d’Europe » entre Saint-Jean-de-Maurienne et Suse et ouvrir ainsi la « liaison grande vitesse Lyon-Turin » ? Quelle satisfaction pourrions-nous avoir à nous réapproprier telle centrale nucléaire ou tel centre d’enfouissement de déchets qu’ils soient radioactifs ou pas ? Comme il est dit en guise de conclusion dans Classe prolo, la revue n°2 d’octobre 2010 consacrée à « lutte de classe et lutte syndicale » :

« L’activité libre n’est pas l’autogestion du travail. En réduisant à néant la propriété privée, il n’est pas question de la reprendre à notre compte. Déposséder la classe dirigeante des moyens de production n’est pas obligatoirement une réappropriation. »

Aujourd’hui les contestations se manifestent toujours de manière à ne pas déranger le Travail, la Marchandise et sa circulation. Jamais il n’est question de ce paradoxe du travail et de ses conséquences désastreuses. Pour les citoyennistes, tels que les indignés par exemple, il suffirait de moraliser la politique, taxer les riches, réglementer un peu plus la production et la consommation que l’on souhaiterait développer dans l’espoir de faire travailler le plus grand nombre – en somme un simple programme économique traditionnel de gauche : redistribuer l’empoisonnement de cette richesse. Mais en définitive, la situation resterait identique sauf que nous nous soumettrions un peu plus aux impératifs de l’administration économique générale de la vie qui, nous le savons déjà, détruit des emplois et nous rend davantage aliéné au (et par le) travail qu’il crée.

Si l’économie florissante est considérée par l’idéologie dominante comme étant une félicité, elle n’en reste pas moins la raison du désastre environnemental et social. C’est pourquoi il parait indispensable de sortir de cette idéologie et de l’économie marchande et de nous emparer des conditions nous permettant de nous réapproprier, non pas les moyens de production, mais l’activité humaine qui devrait naturellement répondre à des nécessités dégagées des obligations de la marchandise. Les besoins créés par la marchandise ne sont pas des nécessités. La nécessité reste dans le sillage de l’indispensable à la survie, du fondamental, de ce qui ne peut pas ne pas être. Les paysans décrits par John Berger consacraient leur vie à cette survie et donc à leur nécessité propre et s’il est souvent dit qu’ils ne pensaient qu’à l’argent, c’est tout simplement qu’ils en avaient une profonde méfiance. Par le travail, la vie se trouve administrée par des rapports sociaux médiatisés par l’emploi et par l’argent qui rendent un peu plus abstraites les notions de liberté et de nécessité. La nécessité de survivre doit certainement être prise en compte directement par chacun et par la collectivité proche pour éviter que l’on ne soit dépossédé par des intérêts supérieurs qui modifient la structure et les rapports sociaux, en transformant cette nécessité en marchandises. La marchandise implique effectivement des besoins d’argents que le travail seul nous permet d’acquérir. Mais ce travail nous éloigne de la nécessité, car il s’efforce de répondre à ses propres besoins, extérieurs et distants au travailleur, imposé par son administration même, son organisation centralisé et son développement technologique : le travail amène la société à s’adapter continuellement à des besoins que le système suscite artificiellement. Et il suppose aussi, pour les mêmes raisons, de nous séparer de certains besoins qui au fur et à mesure apparaissent obsolètes et entraînent soit l’adaptation des travailleurs, soit leur mise au rebut. Le travail produit des marchandises et de l’argent. Et cette ensemble produit des financements, des investissements, des emprunts, des transactions, des spéculations, des intérêts, des actions, des obligations, des fonds publics, des rentes, mais aussi de la compétitivités, du vol, de la corruption, de l’escroquerie, de la fraude et de la dette, des malversations, des crises, des chômeurs, de la misère, des pollutions, des menaces, des catastrophes et des guerres ; il détermine également des rapports sociaux ; en quelques mots, le travail produit une réalité économique. Et celle-ci, sous l’apparence démocratique, constituerait, malgré tout, le meilleur des systèmes, selon la sagesse d’accompagnement qui soutenait en d’autres temps, aujourd’hui désapprouvés, que le travail rendait libre

Face à cette contre-révolution économique, quelques décroissants exposent un point de vue différent : il suffirait de réduire la production, de produire autrement, local et de penser global, pour tirer la société vers un « autre monde possible ». Parmi ces décroissants, certains voudront développer les transports en commun pour éviter les transports individuels. D’autres les « négawatts » pour favoriser un changement de comportement. De prime abord cette volonté de vouloir modifier notre manière de vivre paraît tout à fait honorable, mais le plus souvent ces « alternatives » diversifient les marchandises (et les services rétribués) sans jamais les remettre en question. Elles feront tout au plus apparaître quelques nouveaux rayonnages dans les grands magasins ou encore de nouvelles enseignes qui trouveront plus tard pignon sur rue. Voilà tout ! Je n’ai absolument rien à reprocher au choix ou au pari de vivre comme on l’entend dans le bazar sans nom qu’est notre société moderne. Chacun trouvera et partagera, selon ses goûts et ses passions, les besoins, les plaisirs et les satisfactions qu’il voudra ou plutôt qu’il pourra selon sa conscience et son propre mode de vie, mais il le fera toujours en fonction de certaines obligations que la société marchande lui impose ; les nuages de Tchernobyl et de Fukushima se sont répandus et dilués dans le ciel jusqu’au-dessus des jardins que chacun cultive selon ses convictions. Politiquement une décroissance qui ne mettra pas en question l’ordre établi par le capitalisme et sa régulation par des institutions internationales et les États ne saura sortir le monde de l’impasse.

Comment pourrions nous donc essayer d’ouvrir de nouveaux horizons dans le désenchantement actuel ? À moins d’un grand bouleversement économique qui laisserait tout le monde sur la paille et redonnerait un nouveau sens à la survie, il est difficile de voir comment la société pourrait sortir aujourd’hui de cette frénésie compulsive tellement nous sommes loin d’un mouvement critique qui s’en prendrait à la destruction de notre habitat, au travail et à l’argent. Il nous faut dénoncer toutes les aberrations et mettre en évidence les contradictions de notre société qui se trouvent à la fois dans l’obligation de satisfaire ses besoins immédiats, de produire des marchandises et de travailler pour ne pas s’effondrer, d’une part, et, d’échapper aux conséquences désastreuses que cela implique, d’autre part. Et si nous devions nous réapproprier à présent ce que nous avons perdu, nous devrions nous contenter de revenir sur les pas de tout ce que nous avons concédé à la marchandisation depuis plus d’une cinquantaine d’années. Ne s’agirait-il pas de produire à nouveau pour notre propre consommation comme le faisaient ces paysans et leurs petites communautés économiques indépendantes décrites par John Berger, tout en partageant le surplus qui nous permettrait de jouir de tout ce que l’on peut souhaiter d’utile, de beau, de nécessaire (ou même de superflu) dans un monde où l’activité humaine se serait libérée du système de production marchande ? Un retour au foyer pourrait nous permettre de nous réapproprier en partie l’économie et l’activité humaine débarrassées et soulagées du bourbier capitaliste. Mais il est nécessaire aussi de s’organiser de manière collective contre le développement de la société industrielle.

En 1927, l’anarchiste Juan Montseny, alias Federico Urales, en appelait à une transformation économique et politique du monde :

« Il est nécessaire de commencer dès maintenant l’action libératrice, en donnant des exemples de vie libre et commune.

Ceux qui ont quitté leur village doivent y retourner pour persuader les gens du pays de l’intérêt de s’associer pour travailler.

Ceux qui détiennent la terre doivent commencer par travailler ensemble ; ceux qui ne possèdent aucune parcelle devront s’unir pour l’acquérir, et en dernier ressort, les journaliers devront la louer et y vivre.

La vie en commun est moins chère et le travail en commun produit davantage. Peu importe qu’il y ait une incompatibilité de caractère et qu’au bout de quelques mois, il y ait des séparations dans la communauté. Si une famille la quitte, une autre viendra à sa place. La question est qu’il y ait de bonnes volontés et de l’honnêteté.

La transformation sociale doit se préparer dans les villages, car les produits de la terre sont les seuls qui ont une valeur positive. La production industrielle est artificieuse ; elle obéit, bien des fois, à des calculs inadéquats de la direction qui ne se basent pas sur les nécessités de la collectivité.

Nous n’aurions avancé en rien si les ouvriers des grandes villes s’emparaient des usines ! Alors que si les paysans s’emparaient de la terre de leur territoire communal, nous aurions fait un grand pas en avant ! » 7

Une société libérée serait très certainement rurale, mais le volontarisme de Juan Montseny paraît extrêmement programmatique et ne dénonce pas le travail rémunéré qui obligatoirement donne l’initiative à la marchandise et à ses conséquences désastreuses. Cependant, le retour au village et le travail de la terre peuvent se montrer dans la période d’effondrement latent actuelle comme une possibilité qui s’offrira à celles et ceux qui se retrouveront dans une misère insurmontable, notamment en ville. John Berger disait dans La Cocadrille :

« Si l’on considère le cours probable de l’histoire mondiale à venir, en envisageant soit une plus grande extension et une consolidation du capitalisme monopoliste dans toute sa brutalité, soit une lutte prolongée et inégale contre lui, lutte dont la victoire n’est pas certaine, l’expérience de la survie pourrait bien être mieux adaptée à cette dure perspective que l’espoir progressiste continuellement modifié, déçu, impatient d’une victoire finale. »

Aujourd’hui, il s’agit moins d’en appeler à l’univers rude des paysans de montagne, que d’en finir avec l’apparent confort sans cesse renouvelé et néanmoins dévastateur qui régit notre société, et de penser à élaborer des perspectives communes de libération. Il est fort probable que ce confort, considéré par certains comme non négociable, apparaisse pour ce qu’il est réellement dès lors qu’une volonté sociale aura confirmé son projet et sa détermination à vivre, ou même survivre, autrement. Il paraît nécessaire en tout cas aujourd’hui de continuer à promouvoir l’agitation et de participer à la contestation publique ; les conflits forgent l’esprit de ceux qui s’y engagent et peuvent aggraver l’instabilité du système, ce qui favoriserait son effondrement à partir duquel une autre vie est possible. Mais un effondrement du système économique n’est pas forcément la naissance d’un mouvement de libération. Il est indispensable de proposer et de dégager quelques idées qui redonneraient le goût de l’en commun. Et comme l’être humain est un aussi être social, il nous faut essayer de renouer les liens que l’argent et la professionnalisation de l’ensemble de l’activité humaine ont détruits. Il est nécessaire de combattre cette espèce de fatalité qui nous gagne, nous ronge et nous atomise. Devant l’obstination de cette fuite en avant du monde qui s’emballe, nous pouvons seulement continuer à nous battre en toute conscience contre les géants et à faire ce qu’il convient en attendant que les circonstances concourent à des jours meilleurs.

Henri Mora, le 1er octobre 2011.


Notes:

1 Chapitre XXVIII, p. 58, selon les Grundrisse de Marx.

2 Le besoin de trouver un emploi taraude la plupart des esprits de nos contemporains ; ce qui est une merveilleuse opportunité pour développer des politiques anti-sociales et un « précariat » modelable aux exigences lucratives des employeurs. L’exploitation est telle aujourd’hui que le système conçoit même de travailler à des conditions qui dépassent l’entendement. Il n’est en effet pas rare de voir des entreprises employer gratuitement des stagiaires qui acceptent même de payer ou d’acheter aux enchères leurs stages (jusqu’à 425 00 dollars pour travailler quelques jours à Vogue) afin d’étoffer leur C.V. ou de mettre un pied dans le monde de l’entreprise. Quant aux entreprises qui concèdent à indemniser leurs stagiaires (autour du salaire minimum légal), elles bénéficient d’une main d’oeuvre flexible et ajustable aux fluctuations saisonnières, comme par exemple à Disney World en Floride où elle compose jusqu’à la moitié des effectifs. Les jeunes étudiants et diplômés qui effectuent leur stage à Disney World à plein temps, jusqu’à douze heures d’affilée, n’ont aucun jour de repos, ne bénéficient pas de congés maladie ni d’aucune garantie d’être indemnisés en cas d’accident de travail ou d’être protégés contre le harcèlement. Selon la vidéo promotionnelle destinée aux étudiants, le principal effet du stage serait d’améliorer l’estime de soi ! (Cf. le dossier : Profession stagiaire dans le n°1075 de l’hebdomadaire Courrier international du 9 au 15 juin 2011.)

3 Gunther Anders, L’Obsolescence de l’homme, Tome I, Éditions Ivréa et Encyclopédie des Nuisances, 2002, p.322.

4 En 1927, Juan Montseny, alias Federico Urales, un des fondateurs de la CNT en 1910 et de la FAI en 1927 en Espagne et père de la très controversée Federica Montseny (pour avoir participé au gouvernement républicain durant la révolution), avait déjà remarqué que le travail des femmes devait être considéré non pas comme l’acquisition pour les femmes d’une indépendance économique, mais plutôt comme une exploitation. Nous reproduisons plus loin un extrait de l’article auquel je fais allusion : “Sur l’actuelle crise économique et politique que subit le monde”, La Revista Blanca, n°90, 15 février 1927.

5 Cette citation de Jacques Freyssinet est tirée du Nouveau manuel de Science économique et social (pour les classes de Terminal ES) publié aux éditions de La Découverte, sous la direction de Pascale Combemale et Jean-Paul Piriou, 1995-1996, p.518.

6 Un montage réalisé à partir d’une dizaine de textes parus dans L’Anarchie entre 1905 et 1908 fut publié sous la forme d’une brochure intitulée Le Travail antisocial et les mouvements utiles, Paris, Librairie internationaliste, vers 1910. Nous retrouvons ces textes dans le recueil Le Culte de la Charogne publié aux éditions Galilée, 1976, p.118 et p.132-133.

7 Federico Urales, “Les transformations économique et politique du monde”, La Revista Blanca, n°92, 15 mars 1927, citation traduite par nos soins.

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