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Recension: Le corps, matière première de la croissance, 2015

Après La Société postmortelle, paru en 2008, qui abordait les transformations de notre rapport à la mort, la sociologue québécoise Céline Lafontaine vient de publier Le Corps-marché (éd. du Seuil). Fruit de ses réflexions sur l’industrie biomédicale et d’un travail de terrain auprès de chercheurs en médecine régénératrice, elle y montre comment le corps (le sang, les tissus, les cellules, les ovules…) est devenu une source de profit, une nouvelle matière première au cœur d’un modèle économique dans lequel la vie en elle-même se réduit à sa seule productivité.

 

Cédric Biagini : Vous parlez tout au long de votre livre de la bioéconomie comme étant une nouvelle phase de la globalisation capitaliste. Que signifie ce terme ?

Céline Lafontaine : La bioéconomie est l’idée que dans un monde où la croissance risque d’être ralentie par l’épuisement des énergies fossiles, le vivant est une nouvelle source de profit. La possibilité de le transformer et de le manipuler permettra de poursuivre la croissance. Dans ce cadre, les processus biologiques dans leur ensemble doivent être exploités. Les organismes vivants sont considérés comme une ressource renouvelable et non polluante grâce à laquelle la croissance infinie peut continuer.

C. B. : La bioéconomie a fait l’objet d’un rapport de l’OCDE (la bioéconomie à l’horizon 2030) qui pose les bases d’un plan d’action visant à favoriser la mise en place d’un modèle de développement dans lequel la manipulation du vivant devient une source de productivité. Pourquoi ?

C. L. : L’OCDE prévoit toujours sur le long terme. S’intéresser au vivant est la poursuite de cette idée que les processus biologiques, grâce au développement des biotechnologies, nous permettront de trouver une nouvelle forme de productivité. C’est très paradoxal car la bioéconomie, à l’heure de la crise écologique, vient encourager l’exploitation des énergies fossiles en entretenant l’idée d’un vivant infini que l’on peut manipuler. Continuons donc à polluer, l’horizon c’est la croissance. C’est tout l’enjeu de la bioéconomie : poursuivre la croissance et penser le vivant comme la nouvelle énergie à exploiter.

Pour lire la suite, procurez vous le numéro du mensuel La Décroissance n°116, février 2015.

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