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François Jarrige, Contre les ravages des barrages, 2015

Depuis plusieurs mois, la question des barrages a surgi au grand jour à la faveur de l’affaire de Sivens qui a vu la mort tragique d’un manifestant, Rémi Fraisse, tué par la police.

Cette affaire a depuis pris une ampleur considérable, au grand désespoir des notables locaux et des élites productivistes sidérés de voir leur projet d’aménagement ainsi contesté. Tout ou presque a déjà été dit sur les circonstances de cette lutte, sur les lacunes du projet, sur ses aberrations environnementales, sur les impasses de l’irrigation du maïs dans le Sud-Ouest, sur l’absence de démocratie qui accompagne un peu partout les grands chantiers inutiles et imposés. Mais peut-être est-il temps de s’éloigner un instant de la désormais célèbre zone humide du Testet, dans le Tarn, pour interroger de façon plus globale la question des barrages, ce que recouvre ce terme, pour examiner aussi les luttes qui n’ont cessé d’accompagner ces grands édifices de la modernité et du pouvoir.

Un barrage désigne une structure construite en travers d’un cours d’eau afin d’en retenir l’eau, pour la stocker ou pour créer une chute. Les plus anciens barrages connus remontent à plusieurs milliers d’année en Égypte, en Chine ou en Mésopotamie. Jusqu’à la fin du XIXe siècle toutefois, leur taille demeurait limitée par les contraintes de construction en terre et en pierre. Par la suite, l’évolution du génie civil, des techniques, et de la science de l’hydraulique ont levé toute limite pour imposer des constructions toujours plus gigantesques. Au début du XXe siècle, les anciens barrages utilisés principalement pour l’irrigation ont été dépassés par les nouveaux barrages hydroélectriques qui doivent fournir l’énergie. Depuis les années 1930 et la construction des premiers grands barrages géants aux États-Unis et en Russie – notamment sur le Colorado et la Volga – leur nombre et leur démesure n’a cessé de s’étendre. Ils ont accompagné l’industrialisation du monde et son explosion démographique.

Pour lire la suite, procurez vous le numéro du mensuel La Décroissance n°116, février 2015.

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