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Adolf Portmann, La biologie et la conduite de notre vie, 1964

Parmi les multiples questions que pose la vie de demain à la biologie, j’ai choisi deux aspects très différents, complémentaires l’un de l’autre : l’un est doué d’un dynamisme révolutionnaire, l’autre se veut conservateur. Le premier concerne la manipulation de l’homme en vue de sa transformation ; le second, par contraste, posera le problème de la protection du type humain, tel que l’évolution naturelle l’a formé. Les deux questions sont liées au développement des sciences modernes, et l’urgence de nos réflexions augmente avec le dynamisme d’une biotechnique chaque jour plus puissante.

Nous nous tournons donc vers la possibilité d’une évolution du type humain, qui est placée entre nos mains.

 

I

 

Jusqu’au début du XIXe siècle, l’œuvre de la création des êtres vivants a été considérée comme achevée. Tant la forme que l’esprit de l’homme paraissent stables dans une civilisation qui, elle, évolue. Mais la victoire de la théorie de l’évolution a changé cette conviction et a placé l’homme parmi tous les êtres vivants capables de transformation. La certitude pour l’homme d’être une forme définitive de la création n’existe plus. Quelle que soit l’influence qu’on veuille reconnaître à l’œuvre de Darwin (1859), elle marque en tout cas la date à partir de laquelle la transformation du genre humain se laisse discuter. Le surhomme cesse d’être une utopie – il devient une possibilité de la biotechnique.

Vers 1890 déjà, le darwinisme a conduit à des dogmes variés, qui ont visé à la création d’une race nouvelle, d’un type idéal d’homme – d’homme blanc, cela va sans dire, la race blanche étant considérée comme la forme la plus évoluée du type humain.

Les principes de cette manipulation de l’homme se fondaient sur l’idée d’un emploi rigoureux de la sélection naturelle. Ces théories découlaient de l’idée que la sélection, qui a produit tant de merveilles, une fois utilisée par l’intelligence occidentale devait produire à coup sûr la race idéale. Les maladies infectieuses, telle la tuberculose, etc. – je cite John Berry Haycraft (1875-1913), physiologiste de l’université de Cardiff en 1893 – seraient nos auxiliaires dans une lutte qui devrait vaincre les faiblesses impardonnables de la religion chrétienne et de notre attitude humanitaire. Les améliorations hygiéniques étaient considérées par lui comme une protection néfaste des faibles.

D’autres projets s’opposaient à cette vision. Acceptant la défense des faibles et des infirmes comme un progrès humanitaire, ils proposaient un emploi très différent de l’instrument tout-puissant de la sélection.

Ainsi, Alfred-Russel Wallace (1823-1913), le co-auteur de la théorie darwinienne, exige-t-il vers 1890 une sélection rigoureuse exercée par les femmes : une fois le choix libre accordé aux femmes – telle était la conviction de Wallace – une amélioration rapide de la race serait assurée. A la même époque, le psychologue Ehrenfels [?], que nous apprécions aujourd’hui comme auteur de la théorie de la forme, la « Gestalt theorie », prêchait le dogme opposé : celui du principe viril. Des hommes choisis, et eux seuls, devaient exercer la sélection parmi les femmes. Nous sommes en 1890, mais les principes du futur État des S.S. prennent déjà un cours néfaste vers un darwinisme social. Les excès de 1933 à 1945 sont si proches de nous que je n’ai pas besoin d’insister sur cette dernière phase des idées visant la production du Surhomme. Ces excès ont été préparés ou mis en train dans un monde nourri d’un darwinisme de la première heure. Depuis, l’évolution d’une science génétique et d’un néo-darwinisme a conduit à une situation toute nouvelle.

Les facteurs que le néo-darwinisme considère comme décisifs pour l’évolution des êtres vivants – soit : la variation héréditaire qu’on appelle mutation, la sélection et l’isolation des nouvelles combinaisons –, et le jeu de ces facteurs, sont maintenant reconnus comme étant largement dépassés dans l’évolution humaine par des agents émanant de notre mode de vie particulier. En effet, la sélection sociale ne choisit pas selon les principes de la sélection naturelle, elle ne procède pas par des mutations, mais modifie des caractères individuels. La transmission des inventions culturelles ne se fait point par hérédité mais par le patrimoine du langage, l’éducation et la tradition du groupe.

A l’époque de Darwin déjà, on a pleinement reconnu que l’évolution humaine est, la plupart du temps, opposée aux résultats de la sélection naturelle : nous luttons contre l’action des facteurs naturels, nous soignons le malade, nous aidons le faible et l’infirme. L’histoire humaine a prouvé que le mode évolutif social est plus rapide, plus efficace que la marche lente de l’évolution naturelle. Le mode de vie historique est une nouvelle voie évolutrice.

Ainsi parle-t-on à l’heure actuelle de deux procédés d’hérédité : celui par patrimoine matériel dont les chromosomes du noyau cellulaire sont le substratum le mieux connu, et celui par tradition sociale. On oppose un mode naturel ou génétique à un mode culturel ou spirituel – et cela en plein milieu des théories actuelles du néo-darwinisme.

Personne ne conteste les effets de la sélection naturelle dans la vie sociale de l’homme, et personne ne nie l’effet des mutations et sélections qui gouvernent l’évolution de la vie. On est cependant forcé de reconnaître que leur efficacité, dans la société humaine, est de plus en plus réduite au profit des facteurs que nous appelons historiques et qui émanent de l’action de notre esprit. Dois-je ajouter que cette constatation ne comporte aucun jugement de valeur quant aux résultats de ce mode évolutif ? Une nouvelle vision est en train de refouler le naturalisme pur de la première période du darwinisme. Cependant, en même temps la science génétique progresse avec une précision qui fournit une base solide pour la compréhension de l’évolution végétale et animale. Il est naturel que ce progrès de la génétique actuelle encourage la tendance à voir l’évolution humaine sous l’aspect de celle des plantes et des animaux – et cela au moment précis où une telle généralisation est reconnue comme une erreur ! Bien entendu, tous les résultats de la génétique sont valables pour notre espèce : les lois qui régissent les mutations, les combinaisons des facteurs héréditaires dans une population, tout cela est conforme aux données établies pour l’ensemble des vivants. Ce qui diffère, quand on franchit le seuil qui sépare l’animal supérieur de l’homme, c’est la portée de ces lois génétiques pour les phénomènes de notre évolution particulière. Du moment où des facteurs sociaux décident du jeu de la sélection, l’influence de l’hérédité génétique se trouve modifiée. Elle ne s’exerce plus comme dans une population soumise à l’action exclusive des facteurs naturels.

Voici une conséquence principale de l’action simultanée des deux voies de transmission : les procédés, si efficaces quand l’homme veut transformer ses animaux domestiques ou ses plantes cultivées, sont difficilement réalisables lorsqu’on songe à les employer pour notre espèce. C’est le grand souci des généticiens qui pensent à l’avenir de notre race et qui voient, avec une population sans cesse croissante, augmenter aussi les tares héréditaires, les constitutions morbides. Les appels se multiplient dans les dernières décades, exigeant des lois, des protections, des interventions de l’Etat, des recherches approfondies pour sauvegarder un patrimoine héréditaire sain et prometteur.

 

*

 

L’importance de cette situation ressortira peut-être plus clairement de l’analyse d’un appel particulièrement insistant : celui d’un de nos meilleurs généticiens, le professeur Hermann Joseph Muller (1890-1967) de l’Université d’Indiana [1]. Je me réfère à lui parce que son autorité est indiscutable. Muller est aux antipodes des utopies du darwinisme de la première heure. Il est conscient et de la particularité et de l’importance du mode culturel de notre évolution. Conscient de la valeur morale de l’attitude chrétienne vis-à-vis de l’infirme, du faible, il la respecte et la soutient pour autant qu’elle s’occupe de sauver et d’aider l’individu. Mais il s’alarme lorsque, au nom de cette même attitude, on reste indifférent devant les dangers qui menacent le groupe, l’humanité dans son ensemble ; lorsque la liberté individuelle exerce une influence néfaste en conservant et augmentant les tares héréditaires.

Muller reconnaît que toute intervention rationnelle pour protéger ou même pour transformer l’être humain se heurte à une première difficulté : l’absence d’une connaissance profonde de nos facteurs héréditaires. Ce que nous connaissons le mieux, ce sont certaines anomalies de caractère nettement pathologique. Nous ignorons par contre le jeu de tous les facteurs qui ne nous fournissent pas des mutations prononcées, faciles à discerner. Mais Muller ne se laisse pas arrêter par cet obstacle. Il nous rassure par un exemple tiré de la pratique de l’éleveur. Il remarque à juste titre que nous ignorons totalement, jusqu’à présent, les facteurs héréditaires qui favorisent par exemple la production du lait chez la vache, mais que cette ignorance n’a pas empêché qu’une sélection sérieuse et séculaire soit arrivée à créer une véritable usine naturelle productrice de lait.

Passons rapidement en revue les possibilités qui sont envisagées par nos scientifiques cultivateurs de l’humain. Muller classe ces interventions en trois groupes : des mesures immédiatement applicables, d’autres procédés qui attendent pour ainsi dire au coin de la rue et enfin des mesures qui appartiennent nettement à l’avenir.

Parmi les moyens accessibles à notre génération pour améliorer l’homme de l’avenir, l’insémination artificielle est évidemment au premier plan, malgré les résistances sociales et les obstacles juridiques qui s’opposent à l’extension des méthodes déjà pratiquées. Muller est convaincu qu’une sélection persévérante, à long terme transformera d’une façon efficace le type humain. Il critique amèrement l’insuffisance du choix des donneurs de sperme à l’époque actuelle.

L’expérience sur l’animal prouve qu’il est possible de conserver un sperme fonctionnel à une température très basse. Puisque cette conservation n’est pas limitée dans le temps, notre généticien américain suggère d’éviter les conflits moraux en n’employant le liquide spermatique qu’après la mort du donneur, même de longues années après sa mort.

Parmi les moyens praticables actuellement, Muller insiste sur les possibilités d’une adoption très largement étendue. Un regard seulement sur les possibilités qui sont proches peut-être d’une réalisation. Les études avancées sur la culture de tissus laissent entrevoir la possibilité de cultiver in vitro les spermatozoïdes. Il est donc permis d’envisager avec Muller la conservation au grand froid des cellules germinales mâles auxquelles on attribue une valeur particulière, et de provoquer, au moment voulu, la maturation de ces cellules primordiales. La biotechnique prévoit le prélèvement des ovules humains par lavage de l’oviducte, la fécondation artificielle de ces œufs par des spermatozoïdes de choix, puis l’implantation d’un tel germe dans la matrice d’une autre femme disposée à accepter le rôle de porteuse d’un patrimoine héréditaire de choix. Des cellules-œufs de femmes jugées de qualité exceptionnelle pourraient, avec le développement de la biotechnique, être isolées, conservées à froid pour être utilisées au moment voulu. Muller insiste sur le fait que de nos jours déjà, le développement technique suggéré serait possible, si on y consacrait une partie seulement des moyens matériels disponibles pour les recherches spatiales. Je rappelle que je ne fais que citer les opinions d’un grand généticien – je ne les juge pas en ce moment.

Enfin, des perspectives plus distantes ! Au moment où la deuxième guerre mondiale a éclaté, on venait de réaliser les premières expériences de développement parthénogénétique de l’œuf des mammifères. Une telle genèse d’individus sans insémination présente la possibilité de multiplier des êtres avec un patrimoine héréditaire jugé exceptionnel, et elle exclut les risques qu’entraîne l’intervention du spermatozoïde. L’expérimentation zoologique permet déjà de prélever le noyau d’un œuf et de le remplacer par celui de cellules somatiques à nombre normal de chromosomes. Il en résulterait une parthénogenèse permettant de produire par répétition des individus particulièrement semblables. Muller envisage évidemment en premier lieu la production en série d’individus de haute valeur – mais il est permis d’entrevoir une évolution sociale qui rendra tout aussi désirables des individus de valeur inférieure – pour favoriser ainsi la création artificielle d’un système de classes sociales somatiques [2]. Je parle de cette éventualité, car les esprits ne sont pas si rares qui voient dans les sociétés d’insectes une solution de choix.

Il me semble qu’il est du devoir du biologiste d’attirer l’attention sur des développements scientifiques en route, de marquer l’avènement de méthodes qui peuvent un jour être à la disposition d’une révolution sans scrupule, d’une évolution politique future. Il m’importe d’autant plus de présenter ces faits qu’ils sont envisagés par un généticien de grande valeur dont les intentions sont pures et qui vise une humanité meilleure.

 

*

 

Passons maintenant à un examen critique des perspectives que je viens d’esquisser.

Nous sommes partis du fait que toute entreprise de métamorphose de l’homme se trouve devant l’enchevêtrement de deux modes très différents de transmission héréditaire. En effet, toutes les propositions de Muller que nous venons de passer en revue, en visant l’hérédité génétique, dépendent, pour être efficaces, d’un mode de sélection qui est du domaine de la vie sociale – du domaine d’une hérédité culturelle.

Le généticien nous assure de l’efficacité de toute sélection conséquente de longue durée. Une telle durée exigerait une stabilité de nos intentions, de nos lois, de nos institutions qui garantiraient une consigne stricte. Or l’évolution politique et sociale, celle de la pensée humaine à l’époque qui est la nôtre, se présente sous un jour tout différent. Nous assistons à un relâchement de plus en plus prononcé des règles sociales séculaires, et nous voyons des institutions – telles les Églises – qui, jusqu’ici, pouvaient y mettre un frein, en train de s’adapter aux nouveaux modes d’existence. Une sélection à long terme – quelle que soit l’utilité qu’on lui accorde – sera de moins en moins possible : les changements dans notre échelle des valeurs se succèdent en un rythme accéléré.

Tout ceci, en effet, repose le problème des valeurs. Dans ce résumé de la pensée du professeur Muller, il a été question de patrimoines héréditaires « de valeur », reconnus « supérieurs », du choix des donneurs de sperme ou d’ovules reconnus « supérieurs », de la constitution d’individus « désirables ». Mais qui est le juge de ces qualités désirées ? Quelle est la liste des caractères auxquels on doit donner la préférence ?

Muller fournit quelques exemples. Il désigne comme souhaitable (je cite ses paroles) « la capacité aux sentiments de fraternité et aux relations amicales avec nos semblables, la possibilité de compréhension pour les expressions de la vie psychique d’autrui ». Il propose de condamner « le penchant à la colère, à la jalousie, à un égoïsme aveugle ». Mais ces attitudes ne se sélectionnent pas par les méthodes de la génétique ; elles sont du domaine de l’éducation, de l’hérédité sociale qui fait ce qu’elle peut, et qui est en tout cas plus efficace que la transmission somatique.

Autre exemple : « Il faut – je cite Muller – prêter une attention plus grande au côté physique : amélioration des bases génétiques de la santé, de la force, de la durée de vie ; il faut diminuer le besoin de sommeil ; contrôler le déclenchement des excitations et du calme ; songer à augmenter les possibilités et les performances physiques. » Je m’arrête sur la remarque concernant le besoin de sommeil pour attirer notre attention sur le problème des normes, des valeurs.

Toute décision dans le domaine qui nous occupe exige une image de l’homme qui nous guide dans le choix des caractères à encourager et à cultiver, et de ceux qui doivent être combattus et éliminés. Cette image directrice, pour le généticien américain, est celle d’un homme éveillé au maximum, ennemi de la somnolence et de ces torpeurs qui, à certains d’entre nous, semblent une partie de la douceur de vivre. La lutte contre le besoin de sommeil émane d’une mentalité qui considère les nuits et leurs rêves comme un gaspillage d’une grande partie de notre existence ! Si le biologiste qui doit connaître la nature humaine dans ses besoins organiques nous propose une telle solution, que pouvons-nous attendre de ceux qui, dans leurs décisions, ont le droit d’ignorer cette nature ?

D’ailleurs, cet homme en éveil constant a été déjà imaginé il y a bien longtemps, par les anciens mystiques qui, rêvant du premier Adam – l’androgyne – l’ont décrit comme ignorant le sommeil et vivant perpétuellement dans la plénitude de la vision de toute la création. Je doute fort, cependant, que le grand généticien américain se soit inspiré à cette source mystique.

Le problème des valeurs se pose sans cesse en face d’une biotechnique de plus en plus puissante. Il ne s’agit pas seulement de la transformation de l’espèce que nous venons d’envisager. Les possibilités d’influencer la vie individuelle sont plus proches et plus immédiates que tous les essais de sélection à long terme.

Les substances capables d’influencer notre vie psychique sont tous les jours plus nombreuses et sont un moyen neutre entre nos mains. L’emploi que nous en faisons dépend de la conception que nous avons de notre existence.

Tous ceux qui connaissent le poids des souffrances psychiques désirent que le psychiatre, le psychothérapeute, emploie les moyens que lui offre la science. Mais notre attitude en face de la drogue neutre doit changer lorsque celle-ci devient le moyen facile pour une évasion devant les difficultés et les peines inévitables de notre vie – moyen d’évasion d’abord et source de déchéance par la suite. La science ne peut fournir que des instruments, jamais elle ne produit les arguments qui peuvent décider de leur usage. Si nous considérons par exemple la douleur comme un mal qu’il faut éviter de toute façon, nous ne voyons qu’un aspect d’un grand problème. L’Occident a vécu de longs siècles dans la contemplation, dans une vraie philosophie de la douleur. Depuis que l’image de l’homme formée par l’Eglise chrétienne est en déclin, notre attitude en face de la douleur a changé. Nous risquons de ne plus voir qu’elle n’est pas seulement un signal important développé par l’évolution naturelle, mais qu’elle peut être aussi une force dans la vie spirituelle, un appel et une mesure de notre caractère. La lutte contre toute douleur a des limites ; elle doit être incorporée dans une image de notre vie qui donne leur valeur aux aspects sombres de l’existence, comme aux autres. Puisque nous avons abordé le thème des valeurs, retournons quelque peu en arrière pour nous rendre compte des changements étonnants de notre attitude vis-à-vis de l’expression de nos émotions. Songeons au rôle si changeant des larmes dans la société – un grand thème qui n’est pas le nôtre ; mais retenons tout de même que l’image qu’une société s’est faite de l’homme décide tour à tour qu’on verse des larmes en revoyant un ami ou qu’on supprime cette possibilité d’expression dans les mêmes circonstances. La domination de nos expressions n’est pas nécessairement un signe de grandeur d’âme – elle peut être aussi bien le symptôme d’une régression attristante, d’une sécheresse de la vie émotive.

 

II

 

Connaître les processus naturels pour les dominer, les utiliser, et pour transformer le monde : cette maîtrise est un aspect important des sciences naturelles. Et en biologie, cet aspect des choses requiert une attention continue ; c’est lui qui mobilise de nos jours les moyens les plus puissants et qui attire la majorité des chercheurs.

Pourtant cette science de la Vie présente un autre aspect. Il s’agit d’une biologie qui ne cherche pas à transformer le type humain, à produire le Surhomme ou à changer la surface du globe. C’est une science de la Vie qui est consciente d’un rôle plus conservateur, complément nécessaire du rôle révolutionnaire de toute science. Cette biologie nous conduira vers le second des deux problèmes que nous avons envisagés.

Un aspect conservateur – cela fait penser immédiatement aux cris d’alarme qui s’élèvent en faveur d’une nature sauvage que la technique actuelle est en train de détruire dans ses derniers refuges. Ces problèmes de la « Protection de la Nature » ont certes leur place dans l’ensemble des questions qui nous préoccupent. Pour l’instant, cependant, je songe plus à une protection de l’Homme, je pense à l’étude de ce qu’on appelle la nature humaine, d’une nature qui est si loin d’être naturelle. Si je devais me concentrer sur un seul fait de la situation unique de l’homme, je choisirais la relation entre un monde social changeant à chaque génération et la stabilité relative du nouveau-né qui entre, identique à chaque génération, dans ce milieu en transformation.

Parler de la constance de notre état de naissance, demande un commentaire : il va sans dire qu’au courant des millénaires de l’évolution historique, de nombreuses mutations ont changé le patrimoine héréditaire de chaque groupe humain. Cependant, ces mutations se sont faites au hasard ; la sélection sociale ne s’est pas exercée dans une direction constante et suffisamment longue pour changer le type fondamental. Comparé aux transformations historiques de nos sociétés et de ses modes de vie, de ses langages et de ses civilisations, il est permis de considérer le type humain comme relativement stable.

Comparons un instant notre existence à celle d’un être très élevé dans l’échelle animale, caractérisé par des relations planétaires : l’oiseau migrateur. Il y a un siècle, une jeune mouette sortie de l’œuf au nord de l’Europe et faisant sa première migration annuelle, se dirigeait vers l’embouchure du Rhône, vers l’Espagne ou les côtes atlantiques du Sud de la France. De nos jours, les mouettes de la même provenance s’arrêtent chez nous, sur le lac Léman, à Zurich, à Bâle en nombre croissant. Ce changement est rendu possible par la vie sociale de ces oiseaux, par la durée de leur vie qui permet à plusieurs générations de vivre ensemble et d’adopter par imitation des habitudes nouvelles. Ces changements sont donc l’effet d’une tradition – et il n’est peut-être pas inutile de constater que la tradition joue un rôle important dans la vie des mammifères et des oiseaux. J’insiste sur ce point parce qu’il nous démontre que la tradition seule ne constitue pas encore le mode historique de l’existence qui est le nôtre. Le mode de vie de nos mouettes n’est pas du tout changé dans son fond, dans son essence, pas plus que celui des martinets de notre ciel d’été qui nichaient avant l’avènement de la civilisation moderne dans les rochers naturels, et qui ont adopté, par la suite, les aqueducs romains, les cathédrales du Moyen Age, les villes modernes – sans transformer de ce fait leur façon de vivre. La tradition n’est pas le privilège de l’homme. Notre mode historique est caractérisé par des traits plus importants, plus proprement humains : par la métamorphose continuelle de notre civilisation, par l’état changeant des biens à transmettre et leur influence sur le développement du nouveau-né humain. Le langage que celui-ci apprend, les gestes qu’il imite, les habitudes qu’il acquiert sont rigoureusement déterminés par le moment historique, par le temps aussi bien que par l’endroit de sa naissance. Les transformations de la vie sociale, l’alimentation, les influences sensorielles de la technique ont créé un milieu changeant qui modifie aussi bien le physique que l’esprit de l’individu : par exemple, le phénomène déjà séculaire de l’augmentation de la taille et de la maturation sexuelle précoce. Cette accélération énigmatique dans l’enchevêtrement des causes et des effets est une réponse complexe de notre constitution à une modification profonde de l’ambiance dans laquelle notre jeunesse se développe. Le phénomène est devenu apparent avec la transformation industrielle de la seconde moitié du siècle dernier. Son évolution surprenante, sinon inquiétante, correspond à la révolution technique des dernières décades. Elle nous frappe particulièrement depuis que la croissance dépasse les normes de beauté établies en Occident depuis quelques siècles. La nécessité, à chaque génération, d’une adaptation du nouveau-né à la vie sociale de l’époque et du groupe crée une situation de plus en plus grave avec l’avènement de notre civilisation scientifique.

L’homme nouveau-né se forme lentement, pendant des années, une première image de son monde, par interaction de ses structures héréditaires de relation et du patrimoine traditionnel qu’il rencontre autour de lui. Ce premier contact s’établit en toute confiance dans nos systèmes sensoriels et dans le jeu de notre imagination. Cette confiance constitue un premier milieu : la terre, base solide, le ciel qui s’étend au-dessus, un soleil qui se lève à l’est et disparaît à l’ouest. Cette vision confiante a déterminé également la première image du monde qui a dominé la vie sociale de l’Occident durant des milliers d’années.

Or, depuis quelques siècles, en Occident, une évolution de la pensée, nourrie d’une nouvelle science, et formée à l’exercice de la raison, transforme sans cesse cette image originale de notre monde. Elle crée une conviction secondaire basée sur la connaissance rationnelle, une image dérivée, qui doit être recréée par l’intellect de chacun pendant les longues années de la jeunesse.

Dans un monde où le potentiel des sciences naturelles prend une importance croissante pour chaque groupe humain qui ne veut pas se laisser réduire à une servitude insupportable, il devient urgent de voir cette exigence aussi bien dans son aspect positif que dans son rôle négatif.

 

*

 

Nous commençons tous notre vie par la formation de l’image originale du monde que je viens de rappeler, une image qui est non seulement colorée par nos sens naturels, mais rehaussée par la vie intense des significations que notre imagination confère aux choses et aux événements. Le rouge n’est pas seulement une nuance de couleur, il est actif, vif, chaud et proche, tandis qu’un bleu peut être apaisant ou froid et distant. Sombre ou gai : ces mots ne désignent pas seulement des effets de couleur locale, mais aussi le caractère de tout un paysage, et plus encore la valeur expressive d’un visage humain ! L’image originale du monde vit sur des analogies : le sang et le vin rouge ont une parenté secrète ; l’or et le soleil en ont une autre ; la pluie, comme agent de fécondité, a une qualité spermatique que toutes les croyances primitives ont profondément imaginée. Mais la pensée par analogie va plus loin. Le grain qu’on enterre pour que le blé puisse surgir, la chenille qui meurt dans son cercueil de nymphe et qui ressuscite plus belle, plus parfaite pour une vie aérienne : autant d’images pleines de signification profonde pour l’homme de la première heure et pour l’imagination poétique de tous les temps. Les années de l’enfance reçoivent leur couleur, leur sens, leur contenu spirituel de cette transformation du monde sensible en valeurs imaginatives.

Le monde original est cyclique : par cela encore, il vit les rythmes de la nature – le rythme du jour, comme celui de l’année, est aussi celui de la vie humaine ; il nous berce dès notre première heure. C’est ainsi que l’image du monde de tous les peuples qui restent fidèles au mode de vie primordial, conserve son rythme cyclique ; les mythes de leurs religions tendent tous vers une recréation rythmique de l’existence, une recréation du commencement des choses, dont nos fêtes du jour de l’An sont un faible écho.

L’image primordiale a trouvé son expression dans le langage. Le langage est avant tout la création de cette imagination originale, et reste son œuvre le plus étonnant. L’art de tous les temps et de tous les groupes humains est essentiellement le résultat et l’expression de cette vision originale du monde. Des millénaires de vie ont été dominés et façonnés par elle ; de longs siècles de l’Occident l’ont enrichie de motifs sans lesquels aucun de nous ne pourrait s’imaginer notre vie actuelle. Si par une force démoniaque nous pouvions effacer de notre univers spirituel ne serait-ce que la seule contribution des peuples celtiques, leurs contes, leurs elfes, leur légende du roi Arthur et de ses paladins, les grandes figures de Parsifal et de Gavin, de Lancelot, de Merlin l’Enchanteur, les légendes sublimes du Graal – elles-mêmes le philtre de tant de siècles d’art, de croyances et de pensées –, quelle dévastation de notre monde imaginaire !

A cette image primordiale du monde s’oppose avec une force qui augmente chaque jour un monde secondaire, rationnel, qui tend à surmonter la vision primitive et à la refouler dans notre éducation. Celle-ci est de plus en plus déterminée par l’exigence du monde secondaire. Ici, une explication me semble nécessaire pour éviter un malentendu. Je ne prétends pas que le mode original de notre vision du monde soit menacé, mais qu’il est dégradé et réduit à une servitude indigne.

En effet, personne ne peut prétendre que, de notre temps, nos sensations primitives soient supprimées. Au contraire, les sons, rythmes ou bruits, les couleurs et les lignes, la force brute et suggestive des paroles, tout cela est présent et exploité comme jamais auparavant. Images et sons sont partout et tout-puissants, mais dans une exploitation massive de la confiance innocente que la mature humaine fera toujours à sa première vision du monde.

Une des noblesses de notre vie originale, le don des richesses sensorielles, est abaissée à un instrument de la persuasion, de la consommation, et cela à un point qui, depuis un certain temps déjà, inquiète les sociologues, les médecins, les psychologues et tous ceux qui sont responsables de l’éducation des générations à venir.

Mais revenons au problème du mode secondaire de la pensée. Je ne songe ni à vanter un bon vieux temps ni à revenir en arrière. J’ai moi-même choisi le travail scientifique, la recherche et l’enseignement biologique. Vous pouvez donc être plus ou moins assurés que je ne parle pas en ennemi de la science et que je ne plaide pas un retour à l’irrationalisme. Nous sommes tous conscients que nous devons continuer de pénétrer dans le secret des structures de la nature, de la vie ; nous faisons tous appel à la science quand il faut guérir un désordre de notre corps ou de notre esprit, et organiser notre avenir. Il faut des hommes qui possèdent les connaissances qu’exige notre vie, il en faut de plus en plus, aussi bien pour approfondir notre savoir que pour le transmettre d’une génération à l’autre.

Mais il faut en même temps qu’on reconnaisse la nécessité de cultiver ce qu’il y a de précieux et d’incomparable dans notre vision originale du monde. La psychologie, par l’étude du comportement, a démontré l’importance de l’imagination pour un être qui mène une vie prospective, qui vit par anticipation. C’est elle qui a tenu à faire ressortir le rôle fondamental de notre vie religieuse en classant comme « instinct religieux » notre besoin profond d’une vision totale de la place de l’Homme dans ce monde. Je parle de Constantin von Monakow (1853-1930), neurologue de premier ordre à qui nous devons cette vision et qui l’a formulée autour de 1930. Le terme d’instinct religieux est discutable à un moment où certains psychologues préfèreraient éliminer le terme si vague d’instinct — mais la tentative de von Monakow émane d’une vision large de la vie humaine et de l’originalité de notre espèce.

Nous avons beaucoup de raisons pour songer très sérieusement à approfondir notre vie imaginative, à cultiver un mode de vie si souvent négligé ou dégradé, et à conserver ainsi une source de joies intarissables, une des sources de la création artistique, une source de création en général ! Car sans le rêve, sans l’anticipation audacieuse et imprévisible de notre imagination, la science elle-même perd un de ses moyens puissants, un de ses ressorts cachés. Mais nous avons d’autres raisons, également impérieuses, de nous préoccuper d’un équilibre sain entre le monde primordial et éternel de nos origines et le puissant monde secondaire du raisonnement scientifique.

La marche de la science occidentale vers une domination des forces naturelles a forgé des instruments dont aujourd’hui les peuples du globe entier réclament l’usage et les avantages. De ce fait, la tension de coexistence des deux modes de vie en chacun de nous prend un aspect planétaire. Des peuples qui ont vécu jusqu’ici dans une civilisation basée entièrement sur le mode original de nos rapports avec le monde, sont mis brusquement, sans transition, au contact des résultats d’une vision tout autre, d’une vision du monde qui, en Occident, a eu le temps d’évoluer pendant quatre siècles. Les résultats de cette transformation subite se montreront plus clairement à une époque ultérieure lorsqu’une éducation rationaliste aura pénétré l’existence de ces nations nouvelles d’une façon plus sérieuse et dans une proportion qui influencera l’ensemble de la vie du groupe humain.

Nous autres Occidentaux, nous devons à l’heure actuelle céder des résultats scientifiques et techniques ; mais avons-nous réussi à créer chez nous une civilisation qui présenterait une harmonie exemplaire des deux modes d’être humain dans ce monde ? Ni sur le plan politique, ni dans l’ordre moral, ni dans l’art, ni dans la vie religieuse nous ne pouvons prétendre que la vision primordiale et la pensée scientifique aient atteint une synthèse spirituelle à la hauteur de nos possibilités techniques. Et voici que nous sommes forcés de céder les résultats de notre science supérieure à toutes les nations naissantes sans pouvoir en même temps offrir, comme également supérieur, un ensemble de civilisation spirituelle.

 

*

 

Si j’insiste sur l’importance d’un mode original, primordial, de notre conduite de vie, c’est parce que l’heure est venue où le développement scientifique nous oblige tous de vivre dans plusieurs mondes qui n’ont plus le même ordre, plus la même mesure. L’unité naïve de notre image primordiale du monde, et avec cela la simplicité de notre orientation, a été perdue à cause de l’extension croissante de l’univers de la raison. Dans deux directions l’esprit occidental a rompu les limites de l’image naïve, de la vision de tous les jours, et s’est mis en route vers deux régions inconnues opposées.

La percée vers l’espace cosmique qui restera liée, pour le profane, au nom de Copernic, aboutit maintenant à l’exploration spatiale et nous mène en dehors de notre espace vital original. Nous vivons à présent déjà à un stade où l’homme est reconnu comme une construction physiquement insuffisante pour des projets qui prennent une des premières places dans le budget des grandes puissances.

L’autre percée, moins spectaculaire et pourtant d’une importance immédiate plus grande, s’est effectuée vers l’infiniment petit, dans les espaces invisibles à l’œil. L’invention du microscope électronique a centuplé l’agrandissement linéaire, comparé à l’effet des systèmes optiques connus jusqu’ici. La biochimie s’est attaquée aux molécules géantes qui caractérisent le vivant. La collaboration intense des biologistes, des généticiens et bactériologues avec les physiciens et les chimistes a fait naître une nouvelle branche de la science de la vie : une biologie moléculaire qui travaille bien loin du règne de la vision naïve de notre monde.

Ces percées vers l’infiniment petit et l’infiniment grand ont été possibles grâce à une pensée qui a abandonné le cercle étroit de la réflexion naïve pour atteindre des régions où le raisonnement de notre vie banale est remplacé par des méthodes opératoires dépassant la logique de tous les jours. Ces méthodes ont fait la preuve de leur efficacité, et un nombre croissant de jeunes se préparent à cette activité nouvelle qui est centrée dans le mode secondaire de notre pensée.

La vie de demain, pour l’homme qui veut la vivre dans sa plénitude, se passera de plus en plus dans trois visions différentes du monde : elle aura un aspect immédiat, dans un médiocosme, mais elle s’évadera au-delà, dans le microcosme des forces moléculaires et submoléculaires aussi bien que dans le macrocosme des espaces extra-terrestres. Chacune de ces évasions exigera de la pensée rationnelle un effort qui va dominer de plus en plus les années de formation de notre esprit. Si nous voulons être à la mesure d’une telle existence, la vie dans notre médiocosme, pour lequel nous sommes faits, doit être riche ; elle doit offrir une compensation très puissante en face de l’exigence des deux mondes de la pensée scientifique !

Cette nécessité de nous ancrer solidement dans notre monde original pose déjà et posera de plus en plus des problèmes d’éducation. Et ces problèmes concerneront chacun qui sera appelé à prendre une responsabilité dans le monde de demain. Seul d’une image directrice, qui connaît la haute signification des forces de l’imagination et leur rôle complémentaire à celles de la raison pure, émaneront des forces salutaires.

Le respect du mode original de notre vie, de la vie du médiocosme comprend un respect profond de ce que nous n’avons jamais pu créer, de ce que nous ne pourrons jamais produire. Et j’entends par là non seulement la vie merveilleuse qui nous entoure et que nous détruisons à l’heure actuelle. Parmi les existences que nous sommes incapables de créer et de recréer si nous les avons détruites, je vois au premier lieu l’être humain original, l’homme tel qu’il est devenu pendant la phase de l’évolution où il n’a pas pu songer à se modifier lui-même. On parle déjà des problèmes de droit que peuvent soulever un jour les aventures de l’espace extra-terrestre. On parle aussi avec un souci justifié des germes que l’homme pourrait transporter loin de notre planète, semant ainsi des sources de désastres qui dépassent notre imagination. Qu’on soulève ces questions, soit ; mais il me semble plus nécessaire de songer au droit à l’existence de toute vie menacée sur notre terre, ici-bas ; au droit à l’existence, encore une fois, de tout ce que nous serons incapables de créer.

En face des perspectives d’une intervention biotechnique, je vois les bienfaits d’une biologie qui nous aide à protéger l’être humain que nous sommes, cet être que nous n’avons pas fait et qu’à mon avis nous ne saurons pas perfectionner.

Adolf Portmann.

Conférence du 7 septembre 1964.

Textes des conférences et des entretiens organisés par les Rencontres Internationales de Genève, tome XIX, éditions de la Baconnière, Neuchâtel, 1964.


 

Adolf Portmann est né à Bâle le 27 mai 1897. Il étudia d’abord dans sa ville natale où il obtint, en 1921, le grade de docteur en zoologie. Il fréquenta ensuite l’Université de Genève – où il fut assistant du regretté professeur Guyénot – puis celles de Munich, de Paris et de Berlin.

Après des séjours prolongés dans des laboratoires maritimes (Helgoland, Roscoff, Villefranche-sur-Mer, Banyuls-sur-Mer) il devint, en 1926, privat-docent à l’université de Bâle, où il fut nommé en 1931 professeur ordinaire et directeur du laboratoire de zoologie. Ses travaux d’une exceptionnelle valeur lui ont valu maintes distinctions dans plusieurs pays.

Grand savant dont les recherches font autorité, particulièrement dans le domaine de l’embryogénèse et du développement post-embryonnaire de l’homme, le professeur Portmann possède à un rare degré l’art d’éclairer pour un public non spécialisé les problèmes essentiels de la biologie. Ses causeries à Radio-Bâle eurent un grand retentissement et furent groupées ensuite en volumes : Natur und Kultur im Sozialleben, Vom Ursprung des Lebens, Grenzen des Lebens.

Il est mort le 28 juin 1982. [NdE]


 

Notes:

[1] Généticien américain, qui a posé les bases de l’étude des effets des rayonnements ionisant sur le patrimoine génétique. Il reçoit le Prix Nobel de médecine en 1946. Communiste, il proposera un programme eugéniste à Staline, mais Trofim D. Lyssenko, opposé à la génétique occidentale, l’en empêchera. Portmann fait peut-être ici référence à son ouvrage publié en français en 1938, Hors de la nuit, vues d’un biologiste sur l’avenir, où il expose son programme eugéniste. [NdE]

[2] Référence à l’ouvrage de science-fiction eugéniste d’Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, 1935. [NdE]

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