Notes & Morceaux choisis

Bulletin critique des sciences, des technologies et de la société industrielle

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Numéro 1 en 1998

– Numéro 12 en 2016 –

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Déclaration d’intention

Notes & Morceaux Choisis est né en 1998, au moment où le mouvement des chômeurs de Paris (Assemblée de Jussieu) opérait une éphémère liaison avec le mouvement anti-OGM, qui, sous le « parapluie » de la Confédération paysanne, avait réalisé les premières destructions de maïs génétiquement modifié. Les deux premiers numéros – alors simples « feuilles » de quelques pages photocopiées à une centaine d’exemplaires et distribuées gratuitement de la main à la main –, ne prétendaient pas nécessairement avoir de suite ; ils évoquaient un certain nombre de thèmes (la destruction de l’autonomie du vivant par les OGM et le scientisme ambiant, et l’éthique de la peur qui paralyse l’imagination et la critique) portés par l’actualité et auxquels mon parcours m’avait rendu attentif. Ayant fait quelques années auparavant l’expérience du dogmatisme, du conformisme et, pour tout dire, du néant de sa pensée de l’enseignement des sciences à l’université, je venais d’abandonner mes études officielles en la matière pour les poursuivre officieusement à ma manière, si bien que le moment me semblait opportun pour articuler la critique sociale et la critique scientifique.

La fraction radicale du mouvement d’opposition aux OGM s’étant par la suite en partie définie comme « anti-industrielle » [1], avec l’ambition de relancer la critique sociale en mettant au jour le rôle jusque-là trop négligé de la technologie et de la technoscience dans l’aliénation moderne, les numéros trois [2], quatre et cinq – ce dernier prenant le sous-titre de Bulletin critique des sciences, des technologies et de la société industrielle – se sont donné pour but d’alimenter ce débat en l’ouvrant à l’histoire et à l’analyse du rôle des sciences et des techniques.

Parue en 2003, la brochure Quelques éléments d’une critique de la société industrielle a tenté quant à elle de préciser la démarche de réappropriation des arts, des sciences et des métiers dans laquelle des amis et moi-même étions engagés depuis plusieurs années. Nous pensons que la critique de la société industrielle, aussi pertinente soit-elle, ne peut espérer aboutir – voire simplement sortir du cercle des convaincus – si elle ne s’efforce pas de dégager quelques issues hors du système de faux besoins et des mécanismes d’enrôlement du monde actuel. Il fallait nous donner à plus ou moins long terme les moyens de sortir d’une situation d’isolement, où chacun se contentait de bricoler dans son coin des solutions individuelles certes réconfortantes, mais stérilisantes pour la pensée politique. Malgré ses insuffisances et ses défauts, cette brochure nous a permis de rencontrer des personnes partageant plus ou moins explicitement ces idées, et d’autres ouvertement partisanes d’un démantèlement raisonné du système industriel et d’une relocalisation de la production. Les échanges que nous avons eus avec les unes et les autres vaudront à ce texte d’être prochainement clarifié sur certains points et enrichi de nouveaux thèmes et arguments.

Le numéro six, La menuiserie et l’ébénisterie à l’époque de la production industrielle, illustre à partir de mon expérience de menuisier la démarche de réappropriation et les obstacles qu’elle rencontre aujourd’hui. La transformation du métier sous l’effet des nouveaux matériaux (les dérivés industriels du bois) et des machines ad hoc invitait à examiner de plus près les conséquences de la mécanisation du travail et de l’automatisation de la production. Or, en cernant les limites au-delà desquelles ces savoir-faire sont « réduits à n’être plus que des suites d’opérations matérielles des plus vulgaires », il nous est apparu que le problème était non pas que la production soit industrielle – aucun mode de production n’est en soi aliénant ou libérateur, il le devient avec l’évolution sociohistorique –, mais que toute production tend à devenir industrielle au détriment des capacités de production autonome et diversifiée des individus et des communautés. La production concentrée de grandes quantités de biens tend, en raison des contraintes économiques et techniques qui lui sont propres, à se constituer « naturellement » en un système industriel dont la démesure et la complexité rendent difficile toute redéfinition de ses productions et toute réorientation de ses buts. Sans parler du fait qu’une grande partie de cette machinerie détruit des ressources naturelles et les conditions des activités autonomes par le fait même qu’elle produit des « biens » inutiles et nocifs. C’est dire que la désindustrialisation nécessaire au desserrement des contraintes économiques et techniques qui pèsent aujourd’hui sur les conditions de la vie n’a pas grand-chose à voir avec celle qui résulte des délocalisations, celles-ci ne faisant que porter le problème ailleurs en le rendant encore plus insaisissable ici.

Il s’agissait donc de s’opposer, d’abord en les critiquant, à l’envahissement de tous les aspects de la vie sociale et individuelle par les produits industriels, et à la colonisation de toutes les activités par les machines, autrement dit à la transformation de l’organisation sociale en une société industrielle où les rapports sociaux sont régis par l’expansion indéfinie de la production et ses impératifs économiques et techniques. à cet égard, saisir les circonstances sociohistoriques des ruptures qui ont rendu l’appareil industriel de moins en moins maîtrisable et réappropriable, peut aider à dresser « l’inventaire exact de ce qui, dans les immenses moyens accumulés, pourrait servir à une vie plus libre, et de ce qui ne pourra jamais servir qu’à la perpétuation de l’oppression » [3], sachant que la disparition du mouvement ouvrier et de son projet d’émancipation dans la seconde moitié du XXe siècle s’explique en grande partie par de tels changements technico-économiques.

Ce regard critique sur la technique n’a pas manqué de susciter de la part de certains, furieux que soit mis en cause le caractère forcément émancipateur de « l’accroissement des forces productives » et par là leur foi dans le progrès, l’accusation inepte de « technophobie ». Si, dans certains textes, a été mise en avant, de manière volontairement provocatrice, la nécessité d’un retour en arrière au plan technique et économique, ce n’était certes pas pour prôner un retour à la fabrication entièrement à la main ni glorifier l’artisanat comme seul mode de production libérateur – quoique l’utopie imaginée par William Morris dans son roman Nouvelles de nulle part (1890) recueille notre sympathie. Pour être produits de manière efficace, économes en énergie humaine et en ressources naturelles, les métaux dont sont faits les outils, certains outils eux-mêmes et les machines-outils, par exemple, nécessitent assurément une organisation industrielle minimale.

Mais en attendant qu’un mouvement politique conséquent s’attelle à une rappropriation à cette échelle (ce qui n’est, hélas, pas pour demain), il faut bien commencer par ce qui est à notre portée, par ce que nous avons, littéralement, sous la main, c’est-à-dire une activité de type artisanal n’excluant nullement l’usage ni même la production de machines. La maîtrise des activités de base est une condition nécessaire pour la maîtrise collective d’activités élargies, même si, pour l’instant, elle sert avant tout à susciter des rencontres, à développer des formes d’entraide et de coopération, et, autour de ces tâches pratiques, à alimenter nombre de discussions « théoriques » ou « politiques » entre tous ceux qui cherchent à se désengager du cadre social dominant.

C’est l’approche que nous entendons privilégier ici : une réflexion et des analyses enracinées dans la pratique, nourries par l’histoire de l’activité humaine concrète, et soucieuses des conditions dans lesquelles la liberté et l’autonomie peuvent trouver leurs points d’articulation. C’est un fait : bien que la liberté soit encore la principale revendication politique, sous prétexte d’en établir le règne absolu elle a été vidée de son contenu, au point que nous en sommes aujourd’hui réduits à une liberté sans autonomie. La « liberté du commerce et de l’industrie », le « marché libre et autorégulateur » ou, plus récemment, la « concurrence libre et non faussée », dissimulent mal l’assujettissement accru des individus à des organisations économiques et techniques de plus en plus vastes, complexes et puissantes, dont la forme la plus aboutie est l’état en charge d’encadrer, d’aménager et systématiser la dépossession engendrée par l’économie capitaliste. Parallèlement, faute de pouvoir s’ancrer dans des activités et des espaces communs, les antiques solidarités, les diverses formes de coopération, de communautés, bref, tout ce qui différenciait les sociétés d’un simple agrégat d’individus, tend à disparaître ou à être folklorisé.

En se donnant pour but de populariser certaines analyses, réflexions et recherches sur le monde moderne, Notes & Morceaux choisis ne cherche pas à élaborer une idéologie ou une théorie critique nouvelle, moins encore à faire de la vulgarisation, mais plutôt à « comprendre dans quelle sorte de monde nous vivons » (George Orwell). Une telle exploration contraint à varier les points de vue et à formuler à nouveau des idées exprimées ailleurs, en d’autres temps et en d’autres termes. Ce qui permet de les actualiser et de les alléger de la masse des présupposés (des « cela va sans dire ») qui se greffent toujours sur des analyses issues de longues recherches. À une époque où le plus élémentaire devient de moins en moins évident, une telle volonté d’élucidation nous semble être la condition du renouvellement du débat public et des activités politiques.

Bertrand Louart

Extrait de l’éditorial de

Notes & Morceaux choisis n°7, octobre 2006.

Editions La Lenteur


[1] Cf. le manifeste de Théodore John Kaczynski, La société industrielle et son avenir, 1996 (Paris, éditions de L’Encyclopédie des Nuisances, 1998), les livres de René Riesel parus aux éditions de l’Encyclopédie des Nuisances ainsi qu’In extremis, Bulletin de liaison anti-industriel (trois numéros parus entre 2001 et 2002, copies disponibles sur demande).

[2] Ce numéro a fait l’objet d’une réédition revue et augmentée de quelques textes rédigés à la même époque.

[3] Revue Encyclopédie des Nuisances, n°1, novembre 1984.


Liste des numéros parus et leur sommaire


Notes & Morceaux choisis n°1 – février 1998.

Le sommeil de la raison engendre des monstres

Bulletin, 4 pages A4.

Consultez le bulletin


Notes & Morceaux choisis n°2 – septembre 1998

L’éthique de la peur

Bulletin, 8 pages A4.

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Notes & Morceaux choisis n°3 – juin 1999

Technologie contre Civilisation

seconde édition – revue, augmentée et illustrée – 2005

notes :

morceau choisi :

  • Il faut présenter de façon outrancière les objets dont l’importance est minimisée par Günther Anders – 1956

Bulletin, 20 pages A4.

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Text in english: Technology vs. civilization


Notes & Morceaux choisis n°4 – juillet 2001

L’idéologie des “sciences de la vie”

seconde édition – 2005

notes :

  • L’idéologie des “sciences de la vie” Extraits adaptés commentés et illustrés d’exemples tirés des événements récents du chapitre III (Causes and their effects) du livre de Richard C. Lewontin, Biology as Ideology, 1990.
  • Le modèle mécanique de la vie ou de la vision mécaniste du monde à l’autonomie de la technique par Bertrand Louart

morceau choisi :

Bulletin, 24 pages A4.

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Notes & Morceaux choisis n°5 – juillet 2002

James Lovelock et l’hypothèse Gaïa

seconde édition – 2005

notes :

  • James Lovelock et l’hypothèse Gaïa L’hypothèse Gaïa aurait été l’occasion d’un renouvellement de la méthode scientifique et d’une réflexion plus unitaire pour l’écologie politique. Mais James Lovelock, avec sa vision étroitement cybernétique de la vie, l’utilise au contraire pour promouvoir les intérêts du despotisme industriel, par Bertrand Louart
  • À propos du temps qu’il fait… Ne parlez pas de l’effet de serre à l’homme moderne par Guy Bernelas, octobre 1997
  • Silence, on tourne ! Lettre Ouverte à la revue écologiste Silence ! et aux admirateurs des éoliennes industrielles récemment construites en France par Bertrand Louart
  • L’imposture historique de la technoscience illustrée par Les formes modernes de l’ignorance par Bertrand Louart

morceau choisi :

Bulletin, 32 pages A4.

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Brochure Notes & Morceaux choisis – juin 2003

Quelques éléments d’une critique de la société industrielle

suivi d’une

Introduction à la réappropriation, 1999.

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Une réappropriation devrait avoir d’abord cette dimension politique : elle a pour but la maîtrise des hommes sur leurs propres activités et créations, la domination de la société sur sa technique et son économie. Car chacun doit devenir maître des machines et des choses, de l’ensemble des créations humaines afin de les mettre au service du développement de la vie et non en subir l’évolution, courir derrière leur renouvellement incessant, être asservi à leur fonctionnement.

Ce ne sont donc pas toutes les machines et réalisations humaines qui peuvent faire l’objet de cette réappropriation. Il est en effet nécessaire « de séparer, dans la civilisation actuelle, ce qui appartient de droit à l’homme considéré comme individu et ce qui est de nature à fournir des armes contre lui à la collectivité, tout en cherchant les moyens de développer les premiers éléments au détriment des seconds », autrement dit, il est nécessaire d’effectuer un tri, sur la base de « l’inventaire exact de ce qui dans les immenses moyens accumulés, pourrait servir à une vie plus libre, et de ce qui ne pourra jamais servir qu’à la perpétuation de l’oppression. »

Il ne faut donc pas se cacher qu’un tel projet politique signifie la remise en cause radicale des bases de la société actuelle, c’est-à-dire l’arrêt du développement économique et le démantèlement d’une grande partie du système industriel et technologique. Cela seul peut permettre ensuite le retour à des formes techniques et économiques à l’échelle humaine tel que la reprise du développement humain et social à partir de ces bases simplifiées puisse être réalisée par des communautés ou des collectivités, organisées selon le principe de la démocratie directe, qui seront ainsi réellement maîtres de leurs activités et de ce qui détermine les conditions de leur existence.

par Bertrand Louart

Brochure, 48 pages A5, prix libre.

Consultez la brochure


Notes & Morceaux choisis n°6 — octobre 2004

La menuiserie et l’ébénisterie à l’époque de la production industrielle

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notes :

1. le diable est dans les détails, justification d’un point de vue critique

2. remarques d’ordre historique, l’organisation des métiers avant le capitalisme industriel

3. apports de la mécanisation, le travail avec les machines-outils & la production industrielle

4. la menuiserie tombe dans le panneau, la modernisation radicale du métier

5. économie politique de l’industrie du bois, le travail mort dans la société industrielle

6. économie politique de la menuiserie, pourquoi la machine ne devrait pas tout faire

par Bertrand Louart

morceau choisi :

  • Profusion et tapage dans la création contemporaine, par Georges Vriz, artiste marqueteur – 1984

Bulletin, 40 pages A4, prix libre.

Consultez le bulletin

Article dans la revue Cadmos


Notes & Morceaux choisis n°7 — décembre 2006

Les chemins de fer ou la liberté ?

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Editorial par Bertrand Louart

notes :

  • Les États-Unis avant la grande industrie, Remarques sur La main visible des managers d’Alfred Chandler, par Matthieu Amiech
  • Raison et démocratie chez Christopher Lasch, par Julien Mattern
  • La décroissance, l’Économie et l’État, par Catherine Tarral

morceau choisi :

  • Les chemins de fer, par Louis-Gabriel Gauny, 1840.
  • Référendum d’un jour, plébiscite quotidien.
  • Ceci n’est pas une fête.
  • Appel de Raspail.
  • La Décroissance, le journal de l’ordre.
  • A propos du lamellé collé.

Livre, 160 pages, 10 euros.

éditions La Lenteur – 16, rue des Envierges – 75020 Paris.


Notes & Morceaux choisis n°8 — automne 2008

Le travail mort-vivant

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Editorial, par Bertrand Louart

notes :

  • Remarques laborieuses sur la société du travail mort-vivant, par Matthieu Amiech et Julien Mattern
  • ITER ou la fabrique d’Absolu, par Bertrand Louart
  • Liberté privée, intensité collective et autonomie politique, par Rémi Demmi

morceaux choisis :

Livre, 160 pages, 10 euros.

Editions La Lenteur – 16, rue des Envierges – 75020 Paris.


Notes & Morceaux choisis n°9 — automne 2009

La crise sans fin

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Editorial par Bertrand Louart

notes :

  • Que la crise s’aggrave ? par Matthieu Amiech

morceau choisi :

  • La société de masse par Charles Wright Mills

Livre, 80 pages, 7,50 euros.

éditions La Lenteur – 16, rue des Envierges – 75020 Paris.


Notes & Morceaux choisis n°10 — hiver 2011

École, la servitude au programme

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Editorial par Matthieu Amiech, Nicolas Eyguesier et Bertrand Louart

notes :

  • L’école à l’époque de son reconditionnement technologique par Florent Gouget
  • Impuissance de la critique un cas d’école. Commentaires sur La Fabrique de l’impuissance 2. L’école, entre domination et émancipation de Charlotte Nordmann par Florent Gouget

morceau choisi :

  • Les pédagogues par Roland Thévenet
  • Les enjeux de la déscolarisation extrait de la revue L’Homme au foyer

Livre, 144 pages, 8 euros.

éditions La Lenteur – 16, rue des Envierges – 75020 Paris.


Notes & Morceaux choisis n°11 — printemps 2014

Orwell et Mumford, la mesure de l’homme

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Editorial, par Bertrand Louart

notes :

  • Notre communauté viscérale, par Pierre Bourlier

morceau choisi :

Livre, 154 pages, 10 euros.

éditions La Lenteur – 16, rue des Envierges – 75020 Paris.


Notes & Morceaux choisis n°12 — printemps 2016

Retour sur la révolution industrielle

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Editorial, par Bertrand Louart

notes :

  • Notes sur la naissance de l’industrialisme (1815-1830), par Nicolas Eyguesier

morceaux choisis :

  • Notice sur l’application de la machine à vapeur (1818), par Marc-Auguste Pictet
  • Terrible explosion d’une machine à vapeur, par anonyme
  • De l’organisation économique de la société humaine (1837), par Sismondi
  • De l’autorité (1874), par Friedrich Engels
  • La question des machines et la formation de l’économie politique (1980), par Maxine Berg

Livre, 160 pages, 15 euros.

éditions La Lenteur – 16, rue des Envierges – 75020 Paris.


Notes & Morceaux choisis n°13 — automne 2016

Le vivant, la machine et l’homme

volume 1

La critique de l’être vivant comme machine

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Version développée de la brochure Le vivant, la machine et l’homme, 2013.

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