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Là où tout a été « géré », plus rien ne pousse

Suite à quelques discussions et impressions ressenties lors de rencontres avec les personnes proches et/ou intervenant autour de la sphère agricole et paysanne, nous avons eu envie d’écrire ce texte.

Il s’agit ici de réfléchir autour de plusieurs questions que nous estimons cruciales. Que révèle le fonctionnement gestionnaire de notre société ? Que signifie-t-il en particulier dans le cas de la production agricole et de l’installation à la campagne ? Quels sont les moyens d’agir contre et à distance du monde de l’économie ?
Le but n’est pas de porter un discours qui a tout vu, tout entendu. Toutefois, sans analyse, sans auto-critique, nous nous voyons coincés dans un périmètre circonscrit par un certain nombre de sphères que nous connaissons déjà bien : le monde associatif, le militantisme, le syndicalisme, la citoyenneté, le management … La tentation est forte, lorsque l’on écrit un texte de ce genre, de faire table rase, mais les écrits qui résultent d’une telle ambition se révèlent assez méprisants et leur éventuelle lucidité est rendue peu désirable par le ton de contempteurs qu’adoptent leurs auteurs. Le propos serait plutôt, ici, de forger des mots et des concepts à même de rendre notre position sur le sujet à la fois visible et intelligible.
Nous ne voulons pas être des snipers, réfugiés dans une tour d’ivoire, seulement des paysans dilettantes, révoltés et curieux.

L’économie partout

La langue révèle beaucoup sur l’époque. Ce qu’aujourd’hui nous constatons en premier c’est l’inflation et l’omniprésence des concepts creux et des dénominations prêtes-à-l’emploi. Tous les domaines semblent être frappés par cette évolution. Au delà du vocabulaire managerial, qui en est sa pire expression, la langue d’aujourd’hui a peine à nommer et décrire la situation présente.

La langue contemporaine semble plutôt s’attacher à réagir à cette situation, à l’aide de mots-pansements qui s’adaptent à la réalité plus qu’ils ne la décrivent : avec toute leur mauvaise foi et leur horreur de l’égarement, ils produisent une réalité qui fonctionne, se substituant à une réalité incertaine, cherchant ses mots. Il s’agit d’une forme d’économie de pensée, d’économie de tristesse, d’économie de rébellion : les mots qu’on nous propose conviennent tellement bien. Pour preuve, ce sont des mots déracinés, inventés sur mesure, gagnant sur tous les points (praticité, concision, neutralité).

Il s’agit d’une évolution du capitalisme, qui avait déjà été évoquée depuis longtemps, notamment par le roman alors futuriste de George Orwell, 1984. Elle a été, depuis, de nombreuses fois constatée, décrite et analysée notamment sous le terme de «novlangue» (Orwell avait d’ailleurs une expression, moins connue, pour désigner le mimétisme langagier : la «canelangue» ou le parler-canard des répétiteurs de formules toutes faites et dans l’air du temps). Nous n’en sommes plus au commencement, mais bien plutôt dans une énième phase qui ré-emploie les mêmes ingrédients sans nous faire passer la nausée. Nous sommes nés dedans et n’avons pas connu grand chose de différent.

Les mots servent d’écran de fumée, pour entretenir un brouillard séparant les uns et les autres. Le sentiment de jouer juste à partir d’une gamme restreinte de termes imprécis, pléonasmes ou oxymores est la démonstration de cette séparation. Comment des gens parlant ensemble de «projets de développement solidaires et participatifs sur un territoire durable» peuvent-ils imaginer se comprendre ? L’accumulation toujours grotesque de ces termes sans fond accomplit, de l’aveu même des employés des institutions qui bâtissent et usent de ces conceptions, une fonction de verbiage, de langue de bois, de «remplissage». On parle comme ceci car il faut être à la page ; on ne parle plus de cela, car ce n’est plus de notre temps.

En effet, les termes de «concept», «territoire», «développement», «durabilité», «compétitivité», etc. prennent la place de ce qui ne peut que se raconter, se confier, ou ramènent dans le giron de l’économie ce qui lui échappe. D’une part, ces choses trop humaines : les folles idées qui nous traversent (concept), l’attachement au pays où l’on a grandi et ses frontières au-delà desquelles on n’osait s’aventurer (territoire). D’autre part, ce qui est trop peu humain : la volonté institutionnelle de planifier les temps à venir (développement), le calcul du temps durant lequel l’inconscience entrepreneuriale sera encore supportable (durabilité). Ce sont des mots qui nous évitent à la fois de nous absenter du capitalisme et de nous apercevoir qu’il agit à distance de nous.

Les mots servent donc aussi à nier d’autres mots : lorsque l’on visionne, à la fête de l’AMAP du coin, un document vidéo d’une heure, qui évoque pêle-mêle d’audacieuses cornichonneries comme la «citoyenneté alimentaire», les «écoles de consommateurs» et la nature «solidaire et durable» des dispositifs mis en place par des collectivités, on ne s’attache absolument pas à la vie des pauvres en France, on ne parle pas de la misère du travail, on ne célèbre pas la joie virale de subvertir l’économie et on fait mine d’ignorer les antagonismes de classe. Oh si, on évoquera, au terme de contorsions langagières  «le pouvoir d’achat défavorable» des «personnes en insertion sociale».

Le sentiment d’être cernés de part et d’autre par les concepts molletonnés de la novlangue ne doit pas nous engager dans une attitude cynique qui consisterait à ricaner de ces innovations de communicants. Il est à noter, par ailleurs, que les publicitaires et les conseillers sont les meilleurs détracteurs de leurs propres productions. Or, le monde de la novlangue n’est pas un monde d’abstractions, il est l’outil de la gestion affinée, parfois raffinée, du cheptel humain. Ses effets sont donc bien réels.

Et si nous en venons aujourd’hui à utiliser les métaphores peu élogieuses de l’élevage en batterie, c’est par le dégoût que nous inspire cette existence promise et par nécessité impérieuse de comprendre comment on a pu en arriver là. Le détour que va suivre ce texte est celui de notre expérience propre et de celle de quelques connaissances, autour d’interrogations communes sur une activité vaste et profondément remaniée par les conditions modernes d’existence : l’activité de production agricole.


Déchéance de la paysannerie

Lorsque l’agriculture s’est industrialisée au cours du XXème siècle, elle a acquis progressivement toutes les caractéristiques d’une activité «de pointe» : elle a achevé de mécaniser le plus grand nombre de tâches, s’est isolée, a nécessité des connaissances de laboratoire ; elle est devenue opaque. Aujourd’hui, on finit par n’en parler dans les journaux télévisés que pour en évoquer les multiples fragilités : catastrophes sanitaires, épizooties, dépendance au marché global, sécheresses. De temps en temps, un reportage classé «Insolite» nous montre le kiwi sans poil, obtenu par on ne sait quel croisement. Cette vision de l’agriculture comme une production «high-tech» contraste, du moins en partie, avec les conditions de vie déplorables des agriculteurs qui, dans ce contexte, essaient encore de travailler humainement. Et là où les ouvriers pouvaient éprouver, parfois à tort, un horizon de solidarités, les paysans déchus se retrouvent face à un faisceau d’asservissements : le milieu, le travail, la machine, le marché, la solitude et, enfin, le mépris.

Au cours des dernières décennies, la filière agro-alimentaire a témoigné de tentatives de puissance insensées : supprimer la végétation spontanée, reporter les grandes pluies, dévier les nuages de grêle, jouer avec les prix des matières premières, construire des machines monstrueuses abattant le miracle du travail humain, confier la rédaction de cahiers des charges à des organismes incompétents (ministères, labels), encourager les caprices incessants des consommateurs en quête de petits prix et d’exotisme. Comment a-t-on pu croire à une vision de la production agricole comme machine aux directions inébranlables, à la technicité accomplie, à l’efficacité redoutable ? C’était oublier la singularité de la transmission de techniques et de savoirs, l’humilité forcenée et la grande fatigue qui lui sont liées, le grand-ouvrier-climat qui n’en fait qu’à sa tête, le sens de la mesure…  C’était oublier la nature et nier l’homme.

La réponse historique à cette grande transformation de l’agriculture a résidé dans la multiplicité des organisations paysannes formées au cours du XXème siècle. Organisations révolutionnaires, mouvements de jeunesse,  syndicats.

Des formes plus floues ont également émergé aux marges des révoltes des années 60 et 70 en Europe. C’est à cette époque que naît, dans les pays les plus engagés sur la voie de la toute-puissance économique, un espoir violent en un retour à la terre, sous forme de communautés autogérées. Un retour curieux, audacieux, joyeux, peut-être moins efficace, moins productif que les agrandissements qui déjà s’accéléraient. Refusant le diktat de l’économie, ces communautés expérimentent beaucoup, et ne se cantonnent pas à l’activité agricole. Certaines exploseront, d’autres traverseront le temps.

Les années 80, les «années cons», balayent d’un vent glacial cet horizon. Les communautés ne deviendront pas un mode majeur d’installation paysanne. Il faut se rendre  au réalisme libéral. Il faut construire l’Europe. Il faut retourner au boulot. Le secteur agricole en France, mélange de libéralisme entrepreneurial et de planification par la PAC, enterre ses aspirations à une élaboration autonome.

Rachat symbolique

Accompagnant et achevant cela, il y a la «valorisation», c’est à dire la fabrique d’images d’Epinal par les «communicants», qu’ils soient médiatiques, gouvernementaux et/ou militants. Les valeurs et les fantasmes attachés au monde rural restent, lorsque l’économie a pourtant tout détruit. Aujourd’hui, on invente une nouvelle fonction à l’agriculture, celle de l’«entretien  des paysages». On appuie sur les spécificités régionales. On crée des labels pour assurer que tel ou tel procédé est bien employé. On insiste sur une représentation de la dolce vita campagnarde et du lien social authentique. On nous présente comme inéluctable la disparition des petites fermes sous la pression du marché mondial et de la population grandissante. Il s’agit de la mise en place d’un réel plan de sauvegarde, comme si la part humaine du travail paysan était vraiment ridicule, archaïque. Le travail lui-même n’est plus qu’une aberration sympathique, digne d’être montrée dans les écomusées.

Sans vouloir sonner la charge sur certaines impasses prévisibles de l’agriculture biologique certifiée et des AMAP, nombre de ces institutions font également partie du paysage mensonger qui s’élabore autour de la production agricole et de la vie en milieu rural. Elles ont aussi leur responsabilité dans la vision planifiée de l’agriculture : labels et chartes laissent peu de place à l’invention sous prétexte de coordonner l’engouement pour une «nouvelle agriculture».

Ces institutions tiennent un rôle majeur dans la société de consommation. Si la popularisation et la diffusion du principe de l’agriculture biologique et de proximité sont bien révélatrices d’un intérêt croissant envers le domaine assez flou des «_questions d’alimentation_», il faut noter que cet engouement s’accorde très bien avec les ambitions d’une grande partie des entreprises de cette nouvelle filière agro-alimentaire : constituer une niche à forte valeur ajoutée.

D’une part, le principe de labellisation « AB » sert un régime de contentement, c’est à dire que dans bien des cas, la participation à un tel type d’achat suffit aux gens pour s’estimer auteur_d’un geste salvateur. C’est apporter du crédit à la dernière illusion publicitaire du capital, qui prétend par là se sauver de lui-même : le « consomm’acteur ». Quand bien même les produits bio chasseraient les autres dans les rayons, entraînant hypothétiquement une baisse générale de l’utilisation des produits chimiques dans l’agriculture, cela ne remettrait en cause ni l’hégémonie de la grande distribution, ni les dérives de la production industrialisée, ni les rapports d’exploitation entre l’Occident et le Tiers-Monde, ni les aberrations du libéralisme globalisé.
Autre élément qui réactive les mécanismes de la société de consommation : l’identification au produit, à la marque. L’identification comme « acheteur bio » peut aussi constituer une forme de distinction, de la part d’un groupe de personnes qui affirment leur besoin de consommer des produits de qualité. Une distinction qui n’est pas un marqueur de classe sociale mais de bon goût et de « clairvoyance » politique (« Consommer bio, c’est voir plus loin », lit-on un peu partout).

Le mouvement de création des AMAP a eu le mérite de pointer la question de la ditribution comme centrale, en proposant de relocaliser celle-ci autour d’une association entre des producteurs et des consommateurs. A cela s’ajoutait une pratique sympathique, supposément « avec » le producteur. Au terme d’une dizaine d’années, on peut s’inquiéter de ce qu’une grande part de ces associations, à l’origine en recherche d’un maximum d’autonomie et de liberté à l’égard du système marchand, aient finalement adopté des solutions gestionnaires aux problèmes posés par une telle démarche, c’est-à-dire principalement la conservation de la division du travail.

Là encore, la critique n’est valable que dans la mesure où de nombreuses AMAP se sont montées avec le but affiché de «remettre en cause le rapport producteur-consommateur». Or, dans la majorité des cas, le producteur reste lié à ses clients par un contrat unilatéral. Au « consomm’acteur » se substitue bien souvent le consommateur paternaliste, flattant « son » producteur. Un exemple pour illustrer cela : celui d’un maraîcher breton, ayant pu acquérir des terres en périphérie urbaine, livrant à une AMAP formée par le voisinage cossu d’une banlieue de médecins, architectes, professions supérieures … L’association des consommateurs se permet, conformément à ses statuts, d’intervenir dans ce qui va être le revenu de l’agriculteur, modifiant parfois son acte de production, enquêtant sur ses pratiques («est-ce vraiment bien biologique ? fait-il vraiment ce qu’il faut pour nous procurer le plus de légumes possibles ?»), sans qu’à aucun moment ce rapport de subordination ne puisse s’inverser. Le maraîcher ne peut en aucun cas influer sur le train de vie de ses clients, qui lui demandent d’ailleurs de ne pas trop utiliser le tracteur le week-end : cela fait du bruit. Ce que le «pouvoir d’achat» achète également dans ce cas précis, c’est le silence des producteurs sur l’absence de remise en cause de leur lien aux consommateurs.

Encore une fois, inventer

Mais toutes ces observations ne font que constater les conséquences de la production de biens alimentaires au sein d’une société capitaliste industrielle. Il ne paraît pas judicieux de tourner en rond pour en faire l’inventaire et moquer sans fin l’ensemble des palliatifs que prodigue cette même société. Il est temps de dire que puisque la terre a été brûlée, puisque le paysan a été mis au rebut pour cause de non-rentabilité, puisque l’on a tant rationnalisé le métier, alors la nouvelle génération commencera en amateurs éclairés, en adversaires de l’économie, en dilettantes passionnés. Parallèlement et paradoxalement, il lui faudra solliciter des moyens hors d’un monde agricole qui pouvait déjà à peine, jadis, permettre aux travailleurs de la terre l’acquisition de leurs moyens de production au terme d’une vie de labeur. Il lui faudra découvrir ce qui a manqué aux anciens, ce dont on les a / ils se sont privés : le monde étranger à ce travail curieux.

Lorsqu’aujourd’hui des gens comme nous se disent «Cultivons la terre», lorsqu’ils se mettent à plusieurs pour retourner un terrain, acquérir des fermes, les faire fonctionner avec de la joie, c’est bien qu’ils donnent de l’importance à une curiosité fondamentale. À cela qui fait qu’il n’est pas seulement plaisant (qui a cru que se geler les mains pour récolter les betteraves prises sous la neige était plaisant ?), mais vital, de s’attacher, de découvrir, de connaître. À ce qui rend nécessaire le passage par l’acte de production lorsque l’on défend des idées d’autonomie et d’émancipation. Et tous ces nouveaux paysans savent qu’il n’est pas suffisant d’être là. Que s’ils se lèvent pour aller faire ceci ou cela dans des jardins, des fermes, des squats, des manifestations, ce n’est pas ou plus mus par une conscience cosmique de La Cause. La Cause, cela peut marcher quelques mois, quelques années, on le sait bien. Mais ce qui nous tient là_: les amis, la curiosité, la rage, c’est autre chose.

Et puis, ce ne sera peut-être pas aussi difficile que ça. Là où la figure de l’entrepreneur solitaire figeait la pratique dans une angoisse sans fin (de ne pas trouver de débouchés, de ne pas rembourser l’emprunt, de ne pas assurer de revenu, de ne pas exister au-delà de son travail …), les bandes néo-rurales découvrent qu’un monde existe déjà, peuplé de résistants aux long cours, de petits vieux au moral d’acier, de coups de main à donner et à recevoir. Ne déclarons pas trop vite désertiques ces terres et ces villages qui nous semble pourtant bien revêches.

Ne pas perdre le fil

Ce texte évoquait à son commencement la pénétration dans tous les aspects de la vie humaine du principe de gestion. Ce qui émane de cette génération qui a recours à la terre pour exister, c’est justement la fuite de cette dictature bienveillante. Repli stratégique qui n’est jamais total, qui n’est jamais voulu comme une fin en soi. Il s’agit plutôt de créer des lieux de confiance, des lieux d’amitié. Pour y réfléchir, s’y échanger nos forces, celles qui seront à dégainer dès l’occasion venue. Pour se donner les moyens de produire encore de façon honnête, puisque l’on a vu que la solitude acculait les paysans là où plus personne (ni même eux) ne respectait ce travail.

Puisque le travail agricole ne paye pas suffisamment les premières années, puisque les fermes récupérées sont à retaper, puisqu’il n’est pas désirable de s’enfermer dans un stakhanovisme alternatif, alors il est parfois nécessaire d’être en prise avec les dispositifs gestionnaires : pour travailler, pour voyager, pour récupérer un peu d’argent. Un péril réside en cette attitude, celui de rester indéfiniment à la merci de ces dispositifs. C’est pour cela qu’il ne faut pas perdre le fil, avancer avec d’autres, agir avec stratégie.

Il est toujours bon de rappeler ces évidences, car la large palette des «gens qui s’intéressent à la production agricole» comporte des éléments auxquels nous nous sentons radicalement opposés. Nous n’imaginons pas être en train de vivre dans une société non-violente, où tout est possible pourvu qu’on s’en donne la peine. Nous ne croyons pas que la simple et candide revendication de certains droits suffira à éloigner la pression de la police. Nous agissons au sein d’un paysage barbelé de dominations et de contrôle. Faire de la place à l’espoir, c’est ce qui est nécessaire au démontage des structures de mort, des dispositifs qui nous «gèrent».

Propositions politiques

A ce stade de la réflexion, nous ne pouvons que tracer quelques lignes. Des lignes qui rassemblent et des lignes qui partagent.

Il y a dans notre pays le poids de l’histoire des luttes contre l’exploitation, contre le progrès technologique, en bref contre tous les projets d’asservissement à plus ou moins long terme. Il y a aussi les inventions de notre jeunesse, qui sont parfois des redites de ce passé. En effet, c’est souvent cet héritage qui nous apparaît d’abord comme une incitation à chercher et choisir nos voies.
Ce qu’il faut faire, sans doute, c’est rendre toute mémoire active : rencontrer celles et ceux qui ont pris acte avant nous, rendre disponibles et diffuser les documents liés à ces temps de tension, afin de révéler d’autres volontés d’autonomie.

La question de l’organisation, autour ce que nous avons de plus solide, est également au centre des urgences actuelles. Ainsi, nous partons en recherche des amitiés, solidarités, lieux et pratiques de lutte. Que l’on songe à l’importance de la stratégie du blocage lors des grèves d’octobre 2010, ou à la force de l’opposition à la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes et de la ligne TGV Lyon-Turin.

Nous savons cette question cruciale, et c’est pourquoi nous ne pensons pas pouvoir nous exempter des tentatives, des fausses routes, des erreurs, des succès hasardeux. Les pratiques d’organisation sont sans doute celles qui, le plus, se rapportent aux époques et aux contextes particuliers (politiques, policiers, sociaux, générationnels, etc.) ; c’est pourquoi elles sont sans cesse à ré-inventer et re-définir.

Le jardin des 400 goûts, novembre 2011.

Le  Jardin  des  400 Goûts  est  ce  lieu imaginaire  vers  lequel  ont  convergé  les envies  d’une  poignée  d’ami(e)s  courant 2009.  L’enthousiasme  et  l’expérience  ont dessiné  les  contours de  ce  territoire encore flou  : ouvrir une  ferme maraîchère qui  soit à  la  fois  un  lieu  de  travail,  de  vie  et d’échange, un moyen de réinventer  les  liens entre  habitants  des  villes  et  des campagnes, de se ré-approprier des savoirs-faire  ou  encore  d’accueillir  des  activités collectives.

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