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Jean-Marc Jancovici, l’écolocrate nucléariste

Dans la série “pourritures nucléaristes”…

Jean-Marc Jancovici est le modèle de l’écolocrate prêt à tout pour «sauver la planète», c’est-à-dire pour repeindre en vert (virant sur le kaki) les entreprises, l’industrie, le marché… sans oublier, bien sûr, le nucléaire.

Jean-Marc Jancovici (né en 1962) est sorti de Polytechnique et de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) Télécom de Paris. Il s’est fait connaître au cours des années 2000 par ses ouvrages à destination du grand public sur les problèmes de l’énergie et du changement climatique [1]. A ce titre, il est devenu membre du “comité de veille écologique” de la fondation Nicolas Hulot et il a participé à l’élaboration du “Pacte écologique” signé par les candidats à la présidence de la république en 2007.

Un journaliste de Libération nous présente ses idées à partir de son dernier ouvrage intitulé Changer le monde, tout un programme ! [2] :

Vous n’avez pas tout à fait en tête le tableau ? Jancovici se fait un plaisir de vous le rappeler : nos modes de production et de consommation vont inévitablement provoquer l’effondrement de notre système shooté au toujours-plus-d’énergie-pour-tous. Une longue période décroissance et de chaos s’ensuivra dans un monde fragmenté et conflictuel. Diable! L’auteur traîne pourtant derrière lui une solide réputation de sérieux, à cent lieues des talibans verts ou des millénaristes. [3]

Pour un journaliste hyper-progressiste, comprendre que l’on ne peut avoir une croissance économique infinie dans un monde aux ressources limitées, c’est forcément la preuve que l’on est un illuminé, un fanatique, etc. Il lui faut donc l’autorisation d’un expert patenté pour commencer à prendre au sérieux ce simple constat.

Son livre, plutôt que d’agiter les grandes peurs, constitue d’abord une tentative de baliser le chemin d’un sursaut radical. […] Le “plan” Jancovici propose ni plus ni moins “d’organiser tout notre avenir économique et industriel, donc social et politique, autour de la décarbonisation de nos activités”.

On voit que dans le monde de Jancovici l’économie, l’industrie et aussi l’Etat continuent de dominer la société, que les nécessités techniques de la gestion et de la production déterminent la politique. Jancovici est donc bien ce que l’on peut appeler un écolocrate, un technocrate qui a intégré l’écologie dans ses calculs. Il ne veut donc pas « changer le monde », mais seulement le gérer autrement. On va voir comment, avec quelle sorte de “sérieux”…

Ardent promoteur du nucléaire, quelques jours à peine après la déclenchement de la catastrophe de Fukushima, le 15 mars 2011, il se fend d’un “Message à la Presse” pour faire savoir qu’en somme tout va bien, que ce n’est pas si grave, et que quand bien même, cet accident industriel majeur est de toute façon moins pire que le tremblement de terre et le tsunami en termes de nombre de morts. Ses premiers commentaires concernent donc non pas les victimes de l’accident nucléaire, puisque selon lui elles n’ont pas droit à l’existence, mais bien évidemment les anti-nucléaires :

Une remarque sur les sources : que les antinucléaires aient, comme d’habitude, un avis définitif sur la base d’informations partielles et sans aucun recul est leur droit. Mais ils n’ont aucune raison d’avoir des informations primaires meilleures que celles des experts, au contraire : vous voyez un opérateur de centrales nucléaires japonais ou l’autorité de sûreté japonaise privilégier les antinucléaires français dans ses explications techniques 🙂 ?

Jancovici, quant à lui, n’a pas d’avis définitif sur le nucléaire : il est et reste résolument pour, quoi qu’il advienne. A peine 4 jours après le début de la catastrophe, il a déjà bien assez de recul. Il a des informations complètes sur le sujet et rien ne viendra entamer son parti pris fondé sur les seules sources qu’il veut entendre : les sources officielles. Ses sources sont en effet les Etats, les entreprises et les institutions internationales telles que l’AIEA qui tous font la promotion et participent au développement de l’industrie nucléaire.

Il est évident pour Jancovici que les responsables et les experts issus de ces institutions ne se laissent jamais arrêter par ce léger conflit d’intérêts qui consiste d’un côté à promouvoir une industrie et de l’autre côté d’en évaluer les dégâts et la nocivité. Les dirigeants, les experts sont des gens par nature impartiaux, objectifs, désintéressés et responsables et donc jamais ils ne pourraient s’aventurer à nous cacher la vérité et plus encore à mentir pour défendre les intérêts de leurs employeurs… Et puis de toute façon en matière de nucléaire, non seulement l’expertise indépendante n’existe pas, mais de plus elle n’a aucune valeur puisqu’elle n’a pas accès aux données officielles…

Jancovici peut donc tranquillement conclure :

Parler de “troisième catastrophe possible” après le tremblement de terre et le tsunami est donc comparer des choux et des carottes. […] Au risque d’en choquer certains, je ne vois pas en quoi il serait plus abominable de mourir irradié que noyé si un tsunami jette à bas logements et infrastructures, et endommage des centrales nucléaires. En conclusion provisoire, oui c’est un accident industriel majeur, mais non ce n’est pas susceptible de changer significativement le bilan du tsunami.

Tant que notre expert n’a pas sous les yeux des monceaux de cadavres, il ne trouve aucune raison de s’inquiéter. C’est manifestement là la seule pierre de touche qu’il veut admettre pour évaluer la nocivité du nucléaire : il n’a de cesse de marteler que le nucléaire fait bien moins de morts par an que les mines de charbon (curieusement, il ne nous dit rien des mines d’uranium), que la bagnole, que le tabac, que tout ce que vous voulez et que n’importe quoi pris ensemble ou séparément…

C’est bien la preuve irréfutable que le nucléaire est formidable, non ? On se demande même pourquoi, en fin de compte, on prend tant de précautions pour contenir la radioactivité. Cela ne peut qu’inquiéter inutilement les populations ignorantes…

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Jean-Marc Jancovici lutte courageusement

contre le changement climatique

et la dégradation de la biodiversité

avec l’aide généreuse de l’industrie nucléaire…

Il est vrai qu’en s’en tenant aux chiffres officiels, le nucléaire fait finalement peu de morts. Concernant Tchernobyl, Jancovici à gobé et nous recrache sans cesse le bilan établi par l’OMS sous la houlette de l’AIEA qui en bons négationnistes associés négligent l’intervention des quelque 800.000 liquidateurs envoyés pour déblayer le réacteur explosé et que les autorités se sont empressées de renvoyer ensuite chez eux sans suivi d’aucune sorte et des 9 millions de personnes qui vivent dans les zones contaminées et ingèrent quotidiennement les radioéléments sans aucun suivi médical, etc.

AIEA est une organisation internationale créée en 1957 pour « favoriser et encourager l’utili-sation civile de l’énergie atomique dans le monde ». La tutelle qu’elle exerce sur l’OMS concernant tout ce qui touche à l’industrie nucléaire a été officialisée par l’« Accord entre l’Agence Interna-tionale de l’Énergie Atomique et l’Organisation Mondiale de la Santé » entré en vigueur le 28 mai 1959 [4]. Tout cela est bien connu, et pas seulement des quelques anti-nucléaires qui font le piquet devant le siège de l’OMS à Vienne. Mais notre expert donne toute sa confiance aux autorités, quoi qu’il advienne.

Comme il ne veut rien voir à Tchernobyl, il ne verra rien non plus à Fukushima. Dans une interview à Enerpresse du 20 février 2012, au journaliste qui lui demande « L’accident de Fukushima ne vous a pas fait changer d’avis sur le nucléaire ? », Jancovici répond avec un enthousiasme non dissimulé :

Non. Même si tous les 20 ans se produit un accident similaire, le nucléaire évitera toujours plus de risques qu’il n’en crée. Il n’y a plus de raison sanitaire, aujourd’hui, d’empêcher le retour des populations évacuées à Fukushima, qui, au final, n’aura fait aucun mort par irradiation. De son côté, le million d’évacués pour le barrage des Trois Gorges [en Chine], parfaitement “renouvelable”, est assuré de ne jamais retrouver son “chez lui” ! En France – car c’est loin d’être pareil partout – Fukushima aura surtout été un problème médiatique majeur, avant d’être un désastre sanitaire ou environnemental majeur. Cet embrasement médiatique n’est pas du tout en rapport avec l’importance de cette nuisance dans l’ensemble des problèmes connus dans ce vaste monde.

Du point de vue des écosystèmes, et ce n’est pas du tout de l’ironie, un accident de centrale est une excellente nouvelle, car cela crée instantanément une réserve naturelle parfaite! La vie sauvage ne s’est jamais aussi bien portée dans les environs de Tchernobyl que depuis que les hommes ont été évacués (la colonisation soviétique, à l’inverse, a été une vraie catastrophe pour la flore et la faune). Le niveau de radioactivité est désormais sans effet sur les écosystèmes environnants, et le fait d’avoir évacué le prédateur en chef sur cette terre (nous) a permis le retour des castors, loups, faucons, etc. On a même profité de cette création inattendue de réserve naturelle pour réintroduire des bisons et des chevaux de Przewalski, qui vont très bien merci. La hantise de la radioactivité vient de la crainte que nous avons tous quand nous ne comprenons pas ce qui se passe. Mais ce que nous ne comprenons pas n’est pas nécessairement dangereux pour autant.

Morris Rosen, directeur de la sûreté nucléaire de l’AIEA avait déclaré en août 1986, quelques mois après Tchernobyl :

Même s’il y avait un accident de ce type tous les ans, je considérerais le nucléaire comme une énergie intéressante.

On voit donc que les nucléocrates ont fait des progrès en 26 ans : combien encore d’accident de ce type pour qu’ils comprennent enfin les risques du nucléaire ?

L’argument du barrage de Trois Gorges est de ceux qu’affectionne Jancovici. Sur une page de son site [5] on peut lire à sa suite :

Rappelons qu’il existe actuellement plus de 30 000 barrages en service dans le monde dont la hauteur de chute est de supérieure à 15 mètres, contre 440 réacteurs nucléaires, et que ces derniers produisent à peu près la même quantité d’électricité que les premiers. Alors, où est la vérité ?

Demande pour finir ce confusionniste. La vérité est qu’il suffit d’ouvrir une vanne pour vider un barrage et rendre en quelques années les terres à d’autres usages. A Tchernobyl, à Fukushima et ailleurs, aucune vanne n’évacuera la radioactivité ; il faudra attendre plusieurs centaines d’années pour qu’elle disparaisse et que la zone devienne de nouveau habitable. On a peine à croire qu’un Polytechnicien puisse ignorer des faits aussi élémentaires…

Quant à la bonne santé de la vie sauvage autour de Tchernobyl :

Depuis 20 ans, Anders Pape Moller, de l’Université Pierre et Marie Curie de Paris, évalue les effets de la contamination radioactive sur la faune des alentours de la centrale ukrainienne. Et d’après le biologiste danois, pas plus que pour les humains, les rayons bêta et gamma ne sont bons pour les animaux. Ces dernières années, cet ornithologue patenté a publié de nombreux articles sur le déclin des populations d’oiseaux dans la région de Tchernobyl : « Nous avons réalisé de nombreuses campagnes de comptage dans et hors des zones contaminées. Et, à l’intérieur de la zone d’exclusion, les populations d’oiseaux sont, en général, inférieures de moitié à celles que l’on trouve à l’extérieur ».

Jusqu’à présent, ses travaux n’ont porté que sur nos amis à plumes. Avec son habituel compère Timothy Mousseau, de l’université de Caroline du Sud, Anders Pape Moller a voulu en savoir plus. […] Trois années durant, les chercheurs vont observer et baguer des oiseaux, compter bourdons, sauterelles et libellules, traquer les traces des renards. […] « Tous ces animaux sont touchés par les doses de radiations et cela se voit nettement. Dans la zone d’exclusion leurs populations, tant en nombre qu’en diversité, sont moindres qu’à l’extérieur des zones contaminées. Pour certaines espèces d’insectes, la population est 89% moins importante autour de Tchernobyl que dans le reste de l’Ukraine. » [6]

Jancovici voit pourtant dans l’accident nucléaire l’occasion de créer « une réserve naturelle parfaite ». Soumettons donc un petit problème d’arithmétique à notre technocrate : combien faudra-t-il encore d’accidents nucléaires majeurs pour transformer la planète entière en « une réserve naturelle parfaite » enfin débarrassée du « prédateur en chef sur cette terre » ? Pour « sauver la planète », il faudrait se jeter à corps perdu dans la gueule du Moloch nucléaire ? Lorsque se rejoignent dans un même mépris pour l’humanité, la technocratie et la deep ecology

Assurément, face à cette perspective exaltante d’avenir écologique radieux et à « l’ensemble des problèmes connus dans ce vaste monde », la nuisance que constituent les rejets radioactifs ne mérite pas cet « embrasement médiatique » dans le pays qui compte le plus de réacteurs nucléaires par habitant au monde.

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Jean-Marc Jancovici a appris aimer la radioactivité

et à ne plus s’en inquiéter…

Jancovici déplore la « hantise de la radioactivité ». Mais ses propos sont contradictoires. Car s’il semble bien admettre que la radioactivité puisse être dangereuse dans certaines circonstances (qu’il ne précise jamais), il tend en permanence à en minimiser les effets, en réduisant sa dangerosité au seul nombre de morts qu’elle pourrait générer.

C’est le leitmotiv qu’il martèle encore dans une tribune intitulée La main invisible de la radioactivité parue dans le journal Le Figaro du 3 avril 2011 :

Prenez un phénomène invisible, et donc nécessairement mystérieux : la radioactivité. Dotez-le d’une unité de mesure dont personne ne connaît la définition : le becquerel, et d’une unité de « dommage aux êtres vivants », encore moins accessible au commun des lecteurs de journal : le sievert. Annoncez alors que vous avez détecté des becquerels ici, ou que telle population a pris tant de microsieverts là. Résultat assuré : quelle que soit la valeur mesurée, une large partie de vos interlocuteurs va penser qu’il y a du danger. […] Et de fait, la radioactivité est une nuisance parfaitement négligeable dans tous les processus qui font mourir prématurément nos semblables, et cela resterait vrai si la production nucléaire devait être multipliée par 10 sur terre.»

La radioactivité ne produit pas de monceaux de cadavres bien visibles, donc elle n’est pas si dangereuse. Et de nous ressortir l’habituel amalgame entre les risques qui nous sont imposés par l’Etat, l’industrie et leurs technocrates et ceux qui relèvent de la responsabilité individuelle.

Il continue donc dans la même veine :

Personne ne risque rien à subir des expositions à la radioactivité qui restent sous 100 millisieverts par an […]. [Il est donc] peu probable que Fukushima change significativement le bilan humain – bien assez lourd comme cela – du tsunami, même si la situation empire encore sur le site. En quoi cela serait-il indécent d’en prendre acte ?

Pour mémoire, la dose maximale des travailleurs du nucléaire en France est actuellement de 20 millisieverts par an. Au Japon, autour de Fukushima, la dose maximale admissible pour les populations vivant encore alentour est passée de 1 à 20 millisieverts et pour les liquidateurs de 20 à 250 millisieverts.

Jancovici est prêt à multiplier les doses de radiations pour tout le monde. Cet écolocrate est donc en avance sur son temps : encore quelques accidents nucléaires majeurs, et il n’y a pas de doute que l’on y viendra, puisqu’à défaut de pouvoir contenir la radioactivité, il ne reste aux “responsables” qu’à abaisser les normes pour entériner l’évolution que la catastrophe leur impose.

Ce qui est indécent, c’est de se faire le promoteur de la mort à petit feu pour d’autres qui sont loin, lorsque l’on est soi-même bien à l’abri dans sa petite boîte de consulting en greenwashing et dans le petit cercle de son think tank de spéculateurs climatiques. Car Jancovici n’ira bien sûr jamais faire l’intérimaire du nucléaire, n’ira jamais habiter près d’une centrale en fusion : sa vie à lui est trop précieuse ; il travaille à rien de moins que « sauver la planète »…

Celui qui arrive à se faire passer pour un “écologiste” auprès des journalistes complaisants tient à s’en démarquer particulièrement sur la question du nucléaire. Dans L’Expansion du 29 juin 2011, il déclare :

Le nucléaire est l’un des domaines où les militants environnementaux et les scientifiques sont souvent en porte-à-faux. […] La littérature scientifique et médicale a beau avoir produit moult travaux sur les risques liés aux radiations, les militants environnementaux ignorent cette production. Je me demande si le caractère invisible mais détectable des radiations ne rend pas le débat assez irrationnel.

Notre “scientifique”, on l’a vu, préfère quant à lui ignorer le conflit d’intérêt qui domine l’AIEA et les moyens de pression dont cette organisation internationale dispose sur l’OMS et à travers elle sur une grande partie de la production scientifique dans ce domaine [7].

La rationalité selon Jancovici semble donc reposer essentiellement sur le sens de la vue. En effet, il ne semble vouloir croire que ce qu’il voit : la radioactivité ne se voit pas, donc en avoir peur est irrationnel ; les monceaux de cadavres produits par la radioactivité ne se voient pas, donc elle n’est pas dangereuse ; etc.

Je n’ai trouvé qu’une seule citation qui peut laisser penser que Jancovici sait que la radioactivité est tout de même dangereuse pour nous :

L’homme étant l’une des plus évoluées des espèces, elle est de ce fait l’une des plus sensibles aux rayonnements ionisants. [8]

Mais il s’en sert uniquement pour réaffirmer que les accidents nucléaires majeurs créent des « réserves naturelles » du fait de l’évacuation des populations.

Jancovici passe ainsi tranquillement à côté du fait fondamental concernant la radioactivité : de nombreux biologistes s’accordent en effet à dire que les formes de vie les plus évoluées, à l’organisation plus délicate, n’ont pu apparaître sur Terre qu’à mesure que la radioactivité naturelle des roches ayant formé notre planète décroissait. La nocivité des radioéléments disséminés semble donc être une évidence à partir du moment où l’on élargit l’horizon de sa réflexion à la dimension géologique du phénomène de la radioactivité et qu’on le replace dans le contexte de l’ensemble du vivant et de son histoire, qui contient également la nôtre.

Or, depuis un demi-siècle que cette industrie existe, le « bruit de fond radioactif » s’accroît, au contraire, régulièrement : Fukushima, par exemple, vient de le tripler en quelques mois par ses rejets dans l’océan Pacifique [9].

L’inévitable dissémination des radioéléments qu’impliquent les activités nucléaires entraine donc une régression des conditions biologiques propres à l’épanouissement de la vie sur Terre et particulièrement de celle des mammifères que nous sommes. Ce n’est donc pas à la bougie, au Moyen-Âge ni même à l’âge des cavernes que nous ramène le nucléaire, mais bien plus loin en arrière dans l’histoire et l’évolution du vivant : du temps où la Terre n’était peuplée que de bactéries…

Même un militaire américain est capable de comprendre cela :

En 1982, lors d’une audition devant un comité du Congrès américain, l’amiral Hyman Rickover, artisan dans les années 1950 du prototype du réacteur Mark I – qui sera largement diffusé à travers le monde, notamment au Japon –, ingénieur en chef du Nautilus (le premier sous-marin américain à propulsion nucléaire) et de la première centrale nucléaire américaine de Shippingport (Pennsylvanie), promoteur acharné de la prolifération de l’énergie nucléaire “civile”, icône du complexe militaro-industriel américain, dira, en réponse à une question sur le bien-fondé du développement du nucléaire :

« Il y a deux milliards d’années, la vie n’existait pas sur la Terre à cause des radiations. Avec la puissance nucléaire, nous créons quelque chose que la nature a essayé de détruire pour rendre la vie possible… Chaque fois que vous générez de la radioactivité, vous produisez quelque chose qui continue d’agir, dans certains cas pendant des millions d’années. Je crois que l’espèce humaine va provoquer son propre naufrage, et il est essentiel que nous ayons le contrôle de cette force horrible et que nous essayions de l’éliminer… Je ne crois pas que la puissance nucléaire vaille la peine si elle génère du rayonnement. Alors vous allez me demander pourquoi j’ai développé des navires à propulsion nucléaire. C’est un mal nécessaire. S’il ne tenait qu’à moi, je les coulerais tous… Ai-je répondu à votre question ? » [10]

Jancovici n’a même pas cette lucidité et ce cynisme, car il est tellement le nez dans le guidon, pris par l’urgence absolue de « sauver la planète », qu’il ne peut comprendre que la radioactivité distille une mort lente, qu’il ne peut se représenter que l’industrie nucléaire hypothèque l’avenir comme aucune autre activité humaine n’a prétendu le faire jusqu’ici.

C’est là que l’on voit que Jancovici est un vrai expert : il connaît à fond ce qu’il veut bien savoir et le reste, il l’ignore tout aussi complètement, et particulièrement lorsque cela vient contredire les choix qu’il a déjà fais à la place de ceux qui vont en subir les conséquences.

On lit ainsi, dans son ouvrage Le changement climatique expliqué à ma fille :

Si le seul problème que je te lègue, ma fille, c’est de gérer mes déchets nucléaires, je t’assure que je suis un père heureux ! [11]

Déclaration qui rappelle celle de Marcel Boiteux, un des pères du programme électronucléaire français, dirigeant d’EdF dans les années 1970, qui en 1979 répondait ainsi à une question sur les déchets nucléaires :

N’est-il pas une évidente et dangereuse illusion que de vouloir extirper de notre héritage toutes difficultés, toutes responsabilités, que de vouloir transmettre à nos descendants un monde sans problème ?

Les mêmes causes engendrant les mêmes effets, 30 ans plus tard, la même inconscience et le même mépris pour la vie et l’avenir engendrent la même logique de la déraison. Car il n’y a vraiment que des nucléaristes pour croire que les déchets nucléaires seront le seul problème qu’ils légueront à l’humanité future; ce sera bien évidemment un problème supplémentaire, et non des moindres…

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Jean-Marc Jancovici met le vieux monde à la casse

pour y mettre à la place un avenir radieux…

Pour Jancovici, la priorité absolue, qui justifie à ses yeux de minimiser systématiquement les dangers du nucléaire, est la « menace climatique ». On peut lire dans L’Expansion du 29 juin 2011 :

Je reste persuadé qu’une augmentation de la température moyenne de quelques degrés sur un siècle aura des conséquences infiniment plus graves que la destruction d’une centrale nucléaire de temps en temps. Le nucléaire crée moins de risques qu’il n’en évite : moins on recourra au nucléaire civil, plus on sera menacé par des chaos économiques et sociaux, des guerres, des dictatures, et même… une guerre nucléaire ! Le nucléaire civil peut concourir au maintien de la paix dans le monde.

« L’atome pour la paix » ! Voilà qu’il nous ressert maintenant les idées du président américain Eisenhower qui, en pleine guerre froide, proposa dans un discours prononcé à l’assemblée générale de l’ONU en décembre 1953, d’utiliser le savoir-faire acquis pour les armes atomiques afin promouvoir le développement du nucléaire à des fins civiles. Cela devait aboutir à la création de l’AIEA en 1957. Et cela n’empêcha pas la course aux armements, bien au contraire.

Au vu, un demi-siècle après, des tensions internationales que continue de susciter l’industrie nucléaire “civile” comme “militaire” – car les deux sont évidemment indissociables – cette paix par l’atome risque fort de ressembler à la paix des cimetières…

En attendant que cet avenir radieux prenne place, Jancovici surfe sur la vague de la lutte contre le « dérèglement climatique » et les émissions de CO2.

Au passage, remarquons que l’expression « dérèglement climatique » [12] est révélatrice : la société industrielle prétendait mettre en coupe réglée la nature et finalement cette prétention s’effondre. La crise écologique, sous la forme spectaculaire du changement climatique, signant l’échec de cette prétention démiurgique. La nature vient se rappeler à l’organisation sociale qui prétendait la dominer : le prétendu “règlement climatique” qui avait cours jusque-là, les conditions auxquelles elle s’était habituée sont bouleversées; cette société qui se croyait si puissante et si assurée d’elle-même doit finalement se soumettre et s’adapter à ce qui n’est pourtant rien d’autre que le produit de son inconscience, de son irréflexion et de son mépris pour la vie.

Mais loin de tenir compte de ces avertissements, les technocrates comme Jancovici continuent à prôner comme remède ce qui est à l’origine même du mal. Voici ce que l’on peut lire sur son site :

Mais les déchets sont actifs pendant des centaines de milliers d’années.

Cela est parfaitement exact, […] l’essentiel de la dangerosité concernant les 1 000 premières années : au bout de ce laps de temps, les déchets ne sont pas beaucoup plus radioactifs que l’uranium initialement mis dans le réacteur. […] C’est le plutonium qui est responsable essentiel de la caractéristique « longue durée de vie » [demi-vie : 24 000 ans], mais après retraitement il disparait des résidus, et peut servir de combustible dans les filières Mox, ou celles communément appelées « surgénérateurs » (dont Phénix et Superphénix sont des prototypes). […]

Pour finir, posons-nous une question simple: à choisir, ne vaut-il pas mieux échanger un problème qui dure sur 1 000 ans, mais que nous sommes capables de transmettre à nos héritiers immédiats dans des conditions acceptables, contre un morceau d’un problème majeur qu’est le changement climatique, dont les effets catastrophiques peuvent survenir en moins d’un siècle, peuvent subsister pendant des milliers d’années (ou même plus), et que nous ne savons pas, aujourd’hui, transmettre dans des conditions acceptables à nos enfants ? [13]

Tout est tellement simple dans le monde des technocrates, n’est-ce pas ? A tous les problèmes, ils ont la même réponse : la fuite en avant dans la démesure technoscientifique.

Le surgénérateur Superphénix est un des nombreux exemples de la folie des grandeurs de la technocratie française, encore fascinée par le mythe du mouvement perpétuel, cette fois à la sauce nucléaire. Son nom évoquait l’oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres, car il figurait une machine mythique, destinée à régénérer son combustible, le plutonium ou le MOX. Mais pour refroidir le cœur du réacteur, il faut 5 000 tonnes de sodium prêt à prendre feu ou à exploser au moindre contact avec l’eau ou avec l’air. En avril 1976, Sciences et Vie publie une tribune de Jean-Pierre Pharabod, ancien ingénieur d’EdF :

Il n’est pas déraisonnable de penser qu’un grave accident survenant à Superphénix pourrait tuer plus d’un million de personnes.

En effet, le cocktail sodium-plutonium présente des risques considérables du fait d’une machinerie encore plus complexe et délicate que les réacteurs classiques [14]. Mais les technocrates ne semblent décidément jamais pouvoir comprendre qu’en ce bas monde, il est impossible de tout avoir pour rien.

Quoi qu’il en soit, Jancovici ne se satisfait pas d’un « Reich de 1 000 ans », contrairement à d’autres ambitieux d’il y a un demi-siècle – il faut dire que ces derniers ne disposaient pas des moyens technologiques développés entre-temps par les démocraties modernes, ce qui autorise maintenant de plus grandes ambitions encore. Jancovici veut donc légitimement imprimer sa vision écolocratique sur rien de moins que les prochains « milliers d’années (ou même plus) » !

Il est déjà particulièrement mensonger et prétentieux de vouloir faire accroire que le problème des déchets nucléaires est maîtrisé de manière « acceptable » (on a vu le niveau d’exigence de Jancovici) et durera seulement 1 000 ans. Mais surtout il est totalement absurde d’agiter la menace climatique de cette manière. Bien sûr, on ne retrouvera pas le climat tel qu’on le connaissait avant. Bien sûr, il faudra s’adapter à ce changement et cela ne sera pas toujours simple et facile. Bien sûr, il y a et il y aura encore des événements climatiques violents. Mais ce ne sera pas la catastrophe climatique permanente pour des siècles et des siècles. Avec la fin progressive des énergies fossiles, on peut supposer qu’un nouveau régime climatique va s’instaurer au bout d’un moment plus ou moins long et difficile pour nous.

Car jusqu’à preuve du contraire, le changement climatique ne menace pas radicalement les conditions de la vie sur Terre, y compris la vie humaine, comme le fait le nucléaire. Que ce nouveau régime ne convienne pas à la société industrielle telle qu’elle existe aujourd’hui, c’est bien là le cœur du problème. Car c’est bien plutôt la poursuite du développement de cette société industrielle qui menace ces conditions, et qui est aussi à l’origine du changement climatique.

En bonne logique, c’est donc cette société qu’il faudrait remettre quelque peu en question. Mais c’est précisément à ce dernier péril que tous les Jancovici du monde veulent épargner à cette société de se confronter, y compris en lui sacrifiant définitivement les conditions d’une vie humaine libre et autonome.

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Le fond de commerce de Jancovici est la « décarbonisation de l’économie ». C’est lui qui a inventé la taxe carbone et il en fait la promotion à travers deux entreprises qu’il a créés : Carbone 4 est un cabinet de conseil pour la prise en compte de la “contrainte carbone” par les entreprises ; The Shift Project (TSP) est un think thank qui a pour but :

La création d’un référentiel pour la création de scénarios énergétiques, pour en faire une discipline scientifique à part entière. […] L’objectif est que l’on puisse avoir des débats argumentés dans le monde des scientifiques et ingénieurs, pour ensuite présenter aux politiques des objets qu’ils soient capables d’interpréter et de comparer.

Interview à Enerpresse du 20 février 2012 [15].

Il faut noter que The Shift Project compte comme « membres bienfaiteurs » Vinci Autoroutes et Bouygues. A la question qu’il se pose à lui-même sur le site internet de ce think tank « Pourquoi travaillons-nous avec de grosses entreprises, qui sont comme chacun sait d’affreux pollueurs incorrigibles ? » il répond :

C’est tout le pari de TSP : dialoguer avec des grandes entreprises sur les sujets climat et énergie, en espérant les amener à la conclusion que la transition est aussi la meilleure option pour elles, et qu’elles doivent en devenir les prosélytes. […] Il s’agit dès lors de cibler prioritairement (car ainsi va le monde) celles qui pensent pouvoir faire partie des gagnants de l’affaire. […] Nous espérons que la qualité et la transparence de nos travaux seront la marque de notre indépendance.

Jancovici a choisi en connaissance de cause de travailler au greenwashing des entreprises et des gouvernements car il est trop respectueux de toutes les formes d’autorité pour imaginer autre chose que de se faire le conseiller du prince. L’indépendance n’a donc aucun sens dans son cas, puisqu’il s’occupe uniquement des questions scientifiques et techniques : ce n’est pas lui qui irait faire des reproches à Vinci sur la manière très musclée dont un chantier d’autoroute est mené à travers la forêt de Khimki en Russie ; ou sur la tartuferie que constitue la construction d’un aéroport Haute Qualité Environnementale à Notre-Dame des Landes près de Nantes, par exemple…

Think-tank

D’ailleurs, Jancovici n’est pas opposé à un certain autoritarisme pour faire appliquer ses conseils. Au journaliste de L’Expansion du 29 juin 2011 qui lui demande « Si on lit bien votre livre, on a l’impression que vous annoncez qu’il faudra bientôt euthanasier les vieilles personnes qui coûtent trop cher à la société ? », le loup aux dents longues répond sans se démonter :

Jusqu’où la société acceptera-t-elle que les jeunes se privent pour que des gens de 90 ans puissent vivre en mauvais état jusqu’à 95 ans ? Mourir « moins malade » n’est pas un drame, du moins pas un des plus gros auxquels il faut s’attendre. L’oppression politique généralisée, les dictatures, les guerres, les épidémies et autres plaisanteries sont à prévoir si nous ne transformons pas rapidement notre économie. Toutefois, pour que les gens acceptent un univers plus contraint, il faudra focaliser l’attention des citoyens électeurs non sur la contrainte, mais sur des projets concrets qui permettent de se sentir impliqué, et il est possible d’en trouver un paquet !

« Jancovici la menace » nous propose donc plutôt l’oppression écolocratique généralisée sous la houlette bienveillante des grandes entreprises; l’atome pour la paix et la radioactivité pour tout le monde avec son cortège de plaisanteries telles que l’euthanasie et l’eugénisme [16] ; le tout en conservant l’économie capitaliste et industrielle pour le plus grand confort des élites technocratiques. Voilà – traduit en bon français –, l’avenir qu’il nous réserve!

Quant à la démocratie, cela se réduit manifestement pour lui à «impliquer le citoyen» dans l’élaboration de sa propre aliénation. A la lecture de son dernier ouvrage, intitulé Changer le monde, tout un programme! (éd. Fayard, 2011), même un journaliste ultra-progressiste s’en inquiète :

C’est peu dire que l’Etat règne dans le petit monde de Jancovici ! Au final, la toute-puissance de cette machinerie effraie quand même un peu. […] Ce plan dirigiste et quasi martial semble mettre à distance la démocratie. [17]

Il est remarquable que pour éviter « l’oppression politique généralisée et les dictatures », Jancovici soit prêt à enrégimenter toute la société dans son « univers plus contraint ». Traduction en bon français : pour préserver « la liberté du commerce et de l’industrie », notre écolocrate est prêt à sacrifier les libertés politiques.

Pour Jancovici, comme pour n’importe quel technocrate, la vie et la liberté humaine sont bien moins importantes que le fonctionnement du processus technique et économique de la production. La vie elle-même, dans cette optique, semble être réduite à un pur fonctionnement : soit vous êtes vivant et heureux, soit vous êtes mort et pas malheureux. Les souffrances entre ces deux états, impossibles à quantifier et comptabiliser, n’existent pas. La liberté est réduite à celle de survivre en consommant les marchandises.

A Polytechnique, il a étudié la manière de répondre à toutes les nécessités liées au fonctionnement des machines. Il s’est si bien concentré et focalisé sur ces problèmes qu’il en a oublié (s’il les a jamais connues) les raisons pourquoi, en fin de compte, ces machines ont été construites et tournent. Il n’est certes pas le seul, c’est toute la société industrielle qui a dissous et aboli les fins humaines dans la poursuite du développement indéfini de ses moyens économiques et technologiques. Mais cela ne justifie en rien de se faire le relais de cette déraison déguisée en rationalité.

Jancovici se sert donc du prétexte du changement climatique pour promouvoir une reprise en main autoritaire de la société, renforcer les contraintes sur le comportement de chacun. Tous les “responsables” ne savent que promouvoir la fuite en avant dans toujours plus de sciences de technologies, de lois et de règlements, de contrôles et de police afin de conserver l’illusion qu’ils se rendent ainsi « comme maîtres et possesseurs de la nature » et des hommes.

Nous pensons au contraire que la crise globale que traverse notre société démontre que ses fondements sont aberrants, absurdes et mortifères; que la conception de la vie qu’elle promeut est profondément viciée et erronée. Plutôt que de s’enfoncer toujours plus avant dans cette impasse, il faut plutôt considérer, comme le faisait déjà il y a un demi siècle Lewis Mumford, que :

Les avantages authentiques que procure la technique basée sur la science ne peuvent être préservés qu’à condition que nous revenions en arrière, à un point où l’homme pourra avoir le choix, intervenir, faire des projets à des fins entièrement différentes de celles du système. [18]

Bertrand Louart

Chroniqueur à Radio Zinzine.

Série de 5 articles parus dans l’Ire des Chênaies, l’hebdomadaire de Radio Zinzine, en mai 2012.

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Pourritures nucléaristes!

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Notes:

[1] Voir son site internet <www.manicore.com>.

[2] éd. Fayard, 2011.

[3] Vincent Giret dans Libération du 30 avril 2011.

[4] Texte intégral en français disponible sur <fr.wikisource.org/wiki/ Accord_entre_l’Agence_Internationale_de_l’Énergie_Atomique_et_l’Organisation_Mondiale_de_la_Santé>

[5] Page « A propos de quelques objections fréquentes sur le nucléaire civil », sur <www.manicore.com>.

[6] Extraits d’un article du Journal de l’Environnement <www.journaldelenvironnement.net/ article/tchernobyl-destructeur-de-biodiversite>.

[7] En 1995, par exemple, les actes d’un colloque organisé par l’OMS réunissant plus de 700 médecins étudiant les effets de la catastrophe de Tchernobyl, ont tout simplement été censurés. Voir  Alison Katz, « Les dossiers enterrés de Tchernobyl », Le monde diplomatique, mars 2008.

[8] Page « A propos de quelques objections fréquentes sur le nucléaire civil », sur <www.manicore.com>.

[9] Voir Le Figaro du 3 avril 2012.

[10] Nadine et Thierry Ribault, Les sanctuaires de l’abîme, chronique du désastre de Fukushima, éd. de l’Encyclopédie des Nuisances, 2012, p. 65.

[11] éd. du Seuil, 2009, p. 57.

[12] Je n’ai pas vérifié si Jancovici l’emploie plus qu’une autre.

[13] Page « A propos de quelques objections fréquentes sur le nucléaire civil », sur <www.manicore.com>.

[14] Christine Bergé, Superphénix, déconstruction d’un mythe, La Découverte, 2010.

[15] <http://www.carbone4.com/&gt;, <http://theshiftproject.org/&gt;.

[16] Sur l’eugénisme qu’implique à terme la poursuite de la dissémination des radioéléments, voir Roger Belbéoch, La société nucléaire, 1990; texte disponible sur notre blog.

[17] Vincent Giret dans Libération du 30 avril 2011.

[18] Lewis Mumford, Techniques autoritaires et démocratiques, 1963; texte disponible sur notre blog.

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