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Thomas Heams et l’eugénisme

Thomas Heams et l’eugénisme

Voir article Hérédité dans Les mondes darwiniens (ch. 2, p. 38).

Le lyssenkisme y est qualifié très justement d’« affabulation criminelle à propos de l’hérédité ».

L’auteur concède, dans une phrase entre parenthèses, qu’il y a eu en même temps une « instrumentalisation de la génétique » par « plusieurs généticiens allemands de renom » ayant ainsi apporté une caution scientifique à la politique raciste du nazisme.

A lire cet article, on pourrait ainsi penser que seul les systèmes totalitaires ont instrumentalisé la génétique à des fins idéologiques. Manifestement, pour lui, l’eugénisme développé dans le « monde libre », aux Etats-Unis par exemple, n’est pas une « affabulation criminelle à propos de l’hérédité » qui mérite que l’on s’y attarde.

Peut-être Heams ignore ce qui s’est passé en occident, ou bien est-ce du révisionnisme rampant ? Dans les deux cas, c’est inquiétant.

Heams semble en tous cas plus préoccupé et indigné par la mort des généticiens russes que par la stérilisation forcée et l’extermination de centaines de milliers de simples mortels. Lyssenko et les généticiens allemands semblent être pour lui le type même des scientifiques qui ont succombé aux « forces extérieures à la science », en l’occurrence des pressions politiques. La réalité est un peu plus complexe et moins flatteuse pour nos darwiniens, car le darwinisme social était alors une « forces interne à la science » qui a fait beaucoup pour l’élaboration de l’eugénisme scientifique.

Il est donc plus difficile de trouver un ou plusieurs boucs émissaires pour l’eugénisme occidental qui permettraient de dédouaner « la science » de toute responsabilité dans cette sinistre histoire, car c’est bien toute la communauté scientifique, l’ensemble des biologistes (a quelques rares exceptions prés), aidés de nombreux médecins, qui ont véhiculé, popularisé et cautionné cette idéologie scientifique (comme dirait Georges Canguilhem)…

On ferait bien de s’en souvenir.

Jacques Hardeau

 

Nota bene: Ces critiques ont été communiquées, sous une autre forme, à Thomas Heams qui n’a pas daigné y répondre…

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